Réunion entre la DMDTS et la Fédération - La Fédération Nationale des Arts de la Rue

Réunion entre la DMDTS et la Fédération

Compte-rendu de la réunion sur la Formation&Transmission entre la DMDTS et la Fédération
jeudi 30 mars 2000
par  lafede

Une réunion constructive, d’une réelle qualité d’écoute et de dialogue, débouchant sur un calendrier d’actions mais posant également de façon explicite le problème des moyens et de la répartition des rôles.

Présents :

François Brouat, Anne-Sophie Destribats, Rémy Paul, Bernadette Rousseau pour la DMDTS
Franceline Spielmann Daniel Andrieu, Philippe Chaudoir, Maud Le Floc’h, José Rubio et Anne Guiot pour La Fédération

Cette réunion avait pour objectif de débattre des suites à donner au rapport Spielmann sur la Formation/Transmission remis à la DMDTS en janvier 2000. Ayant eu accès à ce rapport, La Fédération en a effectué une synthèse sous la forme d’un document d’analyse et de préconisations lui-même remis en amont à la DMDTS. Ce document a servi de trame à l’ensemble de la discussion. Scindé en deux parties, il en a même structuré le débat : analyses et préconisations.

Analyses

La DMDTS salue le travail de réappropriation et d’analyse du rapport Spielmann effectué par La Fédération.
Franceline Spielmann souligne combien intéressants et significatifs sont les "éléments de valorisation et de hiérarchisation" qui sous-tendent la grille de lecture proposée par La Fédération.

Au-delà de l’analyse, ce travail fait émerger une grille de lecture qui constitue un nouveau palier entre le rapport remis par Franceline Spielmann (analyse du panorama de la formation) et celui à venir de mise en perspective de ce panorama par une définition de programme.

La grille de lecture proposée par La Fédération repose sur le croisement de trois dimensions essentielles à l’examen des projets :

1 - les sujets de formation

- artistique
- technique
- administrative

La demande instante de La Fédération de donner priorité à l’artistique relève d’une évidence constitutive (il s’agit de transmission en matière d’arts de la rue) mais aussi d’un objectif stratégique (la lisibilité des arts de la rue comme arts à part entière même si pluriels). La réalisation technique dans les arts de la rue est très étroitement imbriquée à la création artistique ; elle doit y tenir une place essentielle, structurante sans cependant en assurer l’accès premier. Quant à l’accompagnement administratif des arts de la rue, il est relativement peu spécifique si ce n’est en matière juridique, voire fiscale, notamment à cause de l’intervention sur l’espace public.

2 - les modes d’organisation

- réseau
- pôle structurant
- itinérance
- mobilisation
La Fédération soutient que ces modes d’organisation, notamment réseau et pôle structurant, ne doivent pas être contradictoires mais bien complémentaires : les sujets de formation (cf. supra) pouvant induire des réponses spécifiques plus ou moins infléchies vers l’un ou l’autre des modes.

3 - les publics

- formation initiale
- spécialisation
- formation continue
- transmission spontanée

La DMDTS interroge La Fédération sur son analyse en terme de besoins et donc de publics. La réponse de La Fédération tient en deux points :

- les besoins sont partiellement identifiés dans les projets (cf. rapport Spielmann)
- le chantier actuel, aussi bien pour la DMDTS que pour La Fédération, donne la priorité à la structuration de la profession. Dans ce cadre, pour parvenir à un panorama structuré, il paraît nécessaire d’intervenir à tous les niveaux (spécialisation, formation initiale...).

Les préconisations

La Fédération, consciente que la structuration de dispositif(s) de formation au sein de la profession équivaut à une structuration de la profession à part entière, réaffirme sa volonté d’être associée à la réflexion très en amont.

Ses préconisations tiennent en 3 points :

- la poursuite du travail effectué par F. Spielmann en une étude de définition de programme
- l’engagement d’actions significatives de préfiguration dès l’exercice 2000
- la création d’une "structure de référence" indépendante (cf. rapport Spielmann), instance d’évaluation et de régulation des choix en matière de formation/transmission, indépendante du ministère, de la profession et autres instances déjà existantes.

1 - La finalisation du rapport Spielmann

Le rapport Spielmann possède l’avantage de présenter un panorama ouvert de la formation/transmission au sein des Arts de la Rue. Ce parti pris possède ses propres limites : l’absence de principes structurants, éléments de compréhension et de hiérarchisation des enjeux, permettant la mise en perspective de ce panorama et la définition d’actions.
La Fédération souhaite donc que le rapport Spielmann soit rapidement finalisé par une proposition de programme d’actions.

2 - L’engagement d’actions significatives

Le rapport Spielmann trace un catalogue, recensé en 99, des initiatives existantes et des projets en cours. Parmi ceux-ci, certaines propositions sont opérationnelles ou en passe de l’être.
La DMDTS suggère que quelques actions, tant dans le domaine artistique que technique et administratif, soient initiées dès l’exercice 2000 en avant-propos de ce que pourrait être l’ensemble du dispositif.

La Fédération reconnaît le bien-fondé de cette suggestion en rappelant que priorité doit être donnée à l’artistique.
Or, outre des actions opérationnelles et emblématiques, la formation/transmission de l’ensemble des formes d’expression artistiques mises en oeuvre dans les Arts de la Rue nécessite un temps de réflexion et d’étude pour la préfiguration du ou des cursus. Semblable proposition est référencée dans le rapport Spielmann. Restant à faire, il est urgent de l’initier puisqu’elle demandera un certain temps avant de participer à la structuration à venir de l’ensemble du panorama.

Un débat s’engage sur le projet d’ateliers de recherche sur l’écriture et la dramaturgie pour l’art de la rue, l’art de la scène urbaine, en collaboration avec la Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon et Hors Les Murs. La Fédération regrette que ce projet ait été initié en partenariat avec Hors Les Murs plutôt qu’avec le Centre National de Création des Arts de la Rue, Lieux Publics. En effet, si la création ne fait absolument pas partie des missions d’Hors Les Murs, elle est en revanche le coeur d’activités de Lieux Publics. La Fédération, qui a comme objectif principal la structuration de l’ensemble du paysage professionnel, souhaiterait que progressivement soient de plus en plus identifiés les champs de compétence respectifs. Cela étant dit, La Fédération salue le projet de la Chartreuse et souhaite avant tout que ce projet puisse avoir lieu et être valorisé notamment par un possible témoignage de l’expérience. Il serait bien évidemment idéal que ce projet puisse, de surcroît, être mis en perspective dans l’ensemble du schéma général en cours d’élaboration mais priorité essentielle est donnée à sa seule réalisation.

Par ailleurs, La Fédération souligne son intérêt pour que soit activés les projets de formation des personnels des collectivités locales qui reçoivent des spectacles de rue.

3 - La création d’une "structure de référence"indépendante

Reprenant à son compte les préconisations du rapport Spielmann, La Fédération souhaite que soit créée une "structure de référence" indépendante qui ait à la fois une mission de référence et d’expertise mais également d’évaluation et de régulation.
A l’image des C.N.U. (Conseil National des Universités), cette instance professionnelle et consultative serait garante de la légitimité et de la qualité des projets retenus ; elle oeuvrerait par ailleurs à la lisibilité de l’ensemble du dispositif de formation.

Cet instance aurait, entre autre, pour mission de réaliser un catalogue raisonné et actualisé des dispositifs de formation existants pour les Arts de la Rue. A l’inverse du Goliath, il s’agirait bien d’un catalogue raisonné et non d’un annuaire, induisant donc une évaluation par une instance indépendante.

La DMDTS, si elle ne remet pas en cause l’opportunité de création de pareille instance souligne la confusion des rôles entre référence et évaluation, entre souhait de lisibilité ou de vigilance dans le projet tel que appréhendé à l’heure actuelle par La Fédération. Le chantier de réflexion est ouvert.

La DMDTS évoque l’éventualité de la création d’un "collège", identification qui permettrait notamment une inscription dans un cadre plus général et déjà préexistant.

La DMDTS critique la proposition de composition de ce collège telle que suggérée par La Fédération la trouvant trop proche d’une photographie du fonctionnement même de La Fédération. La Fédération en convient et soutient la nécessité d’une composition tripartite alliant des représentants de l’Etat, de la formation et bien sûr de la profession.
La DMDTS suggère son élargissement à un directeur régional des affaires culturelles, un représentant d’une collectivité territoriale et un représentant d’une commission paritaire du spectacle vivant, la CPNFV.

Calendrier

La DMDTS fait remarquer que, de façon pragmatique, les 3 points de préconisation présentés par La Fédération (finalisation du rapport Spielmann, engagement d’actions spécifiques, création d’un collège) devraient être programmés dans l’ordre chronologique inverse. La Fédération propose, sachant qu’on est déjà au mois d’avril, de mener en parallèle les deux logiques d’action et de réflexion.

La DMDTS et La Fédération s’accordent sur un calendrier qui date au mois de juin 2000 la finalisation du rapport Spielmann en un programme d’actions et les premières démarches de création du collège avec une réunion d’étape à la mi-mai.

L’objectif serait qu’à la rentrée scolaire 2000 puissent être officiellement annoncées la création du collège, les hypothèses de structuration du panorama de la formation dans les arts de la rue développées dans le programme remis en juin par F. Spielmann, le détail des actions engagées dès l’exercice 2000 et celles prévues pour 2001.

Franceline Spielmann fait part de sa disponibilité toute relative jusqu’en mai mais accepte d’entrer en contact avec La Fédération pour envisager ce qui est rapidement faisable. La Fédération de son côté confirme, vu l’importance du sujet, sa capacité de mobilisation mais pose très nettement la question à la fois des moyens et des rôles : quel budget pour permettre à Franceline Spielmann de finaliser son rapport d’une part, pour permettre à La Fédération d’autre part d’instruire le travail de F. Spielmann ? Quel est le rôle du ministère dans ce processus ?...

Fait à Arles, le 03/04/2000 par Anne Guiot,
coordinatrice générale de La Fédération
et soumis aux différents intervenants pour modifications éventuelles.


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