Rendez-vous avec Catherine Tasca (07/05/01)

rue de Valois
lundi 7 mai 2001
par  lafede

Représentants pour le Ministère : Catherine Tasca, Michel Orier (cabinet de la Ministre), Sylvie Hubac (directrice de la DMDTS)

Représentants pour la Fédération : Bruno Schnebelin, Maud le Floc’h, Pierre Sauvageot, Jean-Marie Songy, Pascale Canivet

Panorama des Arts de la Rue développé par les représentants de la Fédé

- formes contemporaines de spectacle vivant qui s’adresse au public dans l’espace public,
- 90 % de l’économie du secteur liés aux festivals,
- demandes croissantes des artistes et équipes de plus en plus performantes,
- poids des situations politiques locales et des tentatives d’influence des municipalités.

État des lieux des relations avec le Ministère

Sentiment que l’État ne nous suit plus. Dérapage depuis 2000. Attente d’une politique de l’État nous concernant et d’un réel engagement qui nous permettent de travailler sur l’excellence.

Paroles de Catherine Tasca (citations au kilomètre)

"La situation n’est pas dramatique au fond. Les arts de la rue : forme de travail artistique relativement récente par rapport aux autres disciplines d’où prise en compte récente par les pouvoirs publics. Il est important de réfléchir sur une prochaine étape (étape précédente : coup de pouce en 1998)

Regardons ensemble comment et jusqu’où le Ministère accompagne la croissance. Il est clair que les arts de la rue représentent une grande force d’invention, qu’ils expriment l’air du temps et correspondent aux attentes du public.

Ce qui est propre aux arts de la rue est l’inscription dans l’espace et notamment dans l’espace urbain, ce qui est un moyen de rejoindre des publics. Là-dessus, on peut fonder une réflexion durable. Les croisements artistiques sont intéressants. La question est à poser à partir d’une expression artistique.

Pourquoi les moyens ne suivent-ils pas ? Parce que le budget du Ministère est investi dans les lieux fixes et les centres de création existants. Le problème est celui de la répartition des moyens. Comme dans une famille, le dernier né ne porte que des trucs usés par les aînés. Les arts de la rue sont en fin de liste. Pour le moment, il n’existe pas d’espace au Ministère en rapport avec l’importance du secteur.

Par ailleurs, il y a un débat à avoir sur le rapport entre public et gratuité. La gratuité est un moteur puissant, mais pas le seul et pas le seul réalisable. La politique culturelle doit faire place à des espaces de gratuité (exemple des musées).

Une autre question est celle de la place de l’Art dans le festif.
Autre question : celle de l’espace public, du collectif et de l’art.
Autre question : celle de la frontière entre la création et le loisir divertissant."

Catherine Tasca est d’accord pour que nous travaillons ensemble sur ces questions. "Par ailleurs, le budget 2002 doit marquer un palier. Comment doit-il être utilisé ? Il doit être complété par les collectivités."

Catherine Tasca exprime le désir de travailler avec nous sur les objectifs prioritaires. "Par exemple, la question des lieux de fabrique est un point central sur lequel l’État peut mettre ses efforts en priorité. Il faut se donner les moyens de repérer les lieux qui sont exemplaires et apporter l’aide de l’État sur la création artistique."

Pour elle, s’organiser en fédération est une bonne façon de travailler. "Par ailleurs, le budget de l’État n’est pas susceptible d’exploser. Il faut trouver des marges pour ce qui émerge et avoir une stratégie sur 3 ans (2002, 2003, 2004). Il faut se donner les moyens de hiérarchiser et décider où mettre le fer dans un premier temps. Une réflexion est également à mener sur le rôle du Ministère dans la perspective de la décentralisation et sur la répartition du travail entre les différentes collectivités et l’État. Qu’est ce que l’État garde sous sa responsabilité et qu’est ce qui n’en est plus ? Pour 2001, il faut voir ce qui peut être amélioré et répartir les choses autrement. Des choix sont à faire, il est important de repérer les situations en péril."

Compléments d’interventions de la Fédé

- directive ministérielle concernant l’arrêt des financements des festivals qui fragilise le secteur. Réponse de Tasca : " cette directive ne doit pas s’appliquer aux festivals arts de la rue tant qu’il n’y a pas d’autre modalités de diffusion" (consigne passée à Sylvie Hubac).
- ne pas oublier la force de l’itinérance dans notre secteur,
- besoin de laboratoires et d’expérimentation.

Conclusion de Catherine Tasca : faire en sorte qu’il n’y ait pas de détérioration de la situation en 2001. Avancer et se donner des critères pour ne pas aller vers un saupoudrage. Marquer un palier avec le budget 2002. Personnes référentes au Ministère : Sylvie Hubac et Michel Orier.

Conclusion de la Fédération : nous demandons un premier geste significatif pour 2002 du doublement du budget attribué aux Arts de la Rue sur la base actuelle de 30 MF.

Nota Bene : le 9 mai, Michel Orier recevait le Fourneau et évoquait le principe du doublement du budget pour les arts de la rue (à suivre !)


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