Rapport d'activités de la Fédération en 2007 - La Fédération Nationale des Arts de la Rue

Rapport d’activités de la Fédération en 2007

vendredi 21 mars 2008
par  lafede

2007, année d’actions communes de la profession concentrées sur la journée du 27 octobre a permis de faire le point sur les forces vives de la profession et d’établir une cartographie du dynamisme des arts de la rue sur le territoire français.

La fin de l’année est enfin l’occasion de relancer les chantiers peu explorés les trois dernières années en raison de la concentration des travaux liés au temps des arts de la rue, et de révéler ceux qui restent à explorer. Ils feront partie du projet de la Fédération pour les années à venir.

Le Temps des arts de la rue en 2007 : la phase visible du projet

Dès la demande du lancement du temps des arts de la rue, la Fédération insiste sur le fait qu’un effet de visibilité doit se produire au cours du processus. Cette idée d’abord reprise et réfléchie par la cellule de communication du temps des arts de la rue prend du temps à trouver une forme qui soit efficace, peu coûteuse et représentative de la profession.

C’est lors de l’Assemblée générale de la Fédération en décembre 2006 qu’émerge et qu’est votée la décision de monter une série d’événements mêlant diverses formes : la manifestation, la fête, et le spectacle représentatifs des savoir-faire, de la diversité des formes et des esthétiques, et de la présence de la profession dans les régions françaises.

Cette opération se déroule le 27 octobre 2007 - 300 manifestations soutenues par 122 collectivités- sous l’intitulé de Rue libre ! journée nationale des arts de la rue. Plus d’un millier d’artistes, de techniciens et d’administratifs se mobilisent afin de promouvoir leur métier en s’adressant directement au public.

Les événements « manifestifs » sont largement relayés par la presse, et notamment la presse quotidienne régionale.

La campagne de communication, première campagne de communication réalisée pour le secteur, est l’occasion de sensibiliser la presse non-spécialisée à la spécificité du secteur. Elle est préparée et mise en œuvre de juin à octobre avec l’appui d’une agence de communication « Belleville », en collaboration avec le centre de ressources HorsLesMurs.

Par ailleurs, une promotion de la journée est entreprise par la Fédération,-au-delà de celle menée conjointement avec le secrétariat du temps des arts de la rue- auprès des professionnels comme des collectivités locales et territoriales de façon globale, en utilisant ses outils propres comme ceux de la profession et d’organisations telles que la FNCC : listes internet, articles dans bulletins professionnels, organisations de rencontres, rendez-vous rassemblant les partenaires locaux, rencontres organisées sur les temps de festivals d’été...

Afin d’entraîner la profession dans le mouvement collectif, il a été nécessaire d’embaucher une chargée de mission à temps partiel pendant 5 mois. Cette personne avait pour mission, d’une part, de transmettre les éléments utiles à chacun des porteurs de projets et de mettre en forme les informations recueillies et rassemblées afin de constituer un programme destiné au public, et d’autre part de les mettre à disposition en temps réel sur un site « grand public » créé pour l’occasion. Ce site a été mis en œuvre par le Fourneau de Brest.

Le Temps des arts de la rue en 2007 : le temps du bilan

Une première estimation des résultats obtenus grâce au temps des arts de la rue est ébauchée fin 2007. Elle se base sur le « Carnet de route pour le temps des arts de la rue » rédigé par la Fédération fin 2004 et sur les tableaux détaillant les mesures nouvelles délivrées en 2005 et 2006 par l’État puis les collectivités territoriales, ainsi que sur les comptes-rendus des groupes de travail mis en œuvre principalement en 2005.

Des avancées certaines se sont produites notamment sur la connaissance du secteur, la création de dispositifs spécifiques (bourse « Écrire pour la rue », par exemple), et les moyens de production. Les résultats sont pourtant minorés par le contexte de crise de l’intermittence qui limite le développement attendu par ce temps fort.

Le constat fait apparaître que les mesures nouvelles dégagées par l’État ont permis essentiellement de consolider des structures existantes et « reconnues » par les services en centrale ou en DRACs. Les apports des collectivités ont favorisé l’émergence de structures plus fragiles ou plus récentes, notamment en Poitou-Charentes où une politique de soutien aux arts de la rue se développe de façon conséquente avec des moyens également conséquents.

Les premières étapes de bilan permettent de poser les bases d’un bilan plutôt positif à la fin 2007. Cependant, la politique culturelle de l’État énoncée pour 2008, et notamment son désengagement partiel des structures n’appartenant pas à son réseau national labellisé, ne permettent pas d’affirmer que les résultats obtenus constituent le point de départ de la prochaine étape de développement du secteur.

Par ailleurs, certaines propositions n’ayant pas pu se mettre en œuvre dans le cadre du temps des arts de la rue, la Fédération décide de prendre le relais en mettant en place des chantiers de travail au sein de son association. Les chantiers de cet ordre retenus pour 2008 sont les lieux de fabrique (en relation avec le réseau de lieux constitué par les CNARs dans le cadre du temps des arts de la rue), la diversification de la diffusion (hors temps des festivals et dans les espaces de diffusion pluridisciplinaires). L’emploi et la formation, ébauchés dans le groupe de travail constitué sur cette problématique, sont repris sous un autre angle dans le chantier « Questions sociales » mené conjointement avec l’UFISC.

Le développement de la structuration de la profession en région et l’ouverture des fédérations en région : l’extension du réseau

Tout au long de l’année 2007, la Fédération a sollicité fortement l’ensemble de ses adhérents à l’occasion de la conception et de la mise en œuvre de la journée « Rue libre ! ». Cette mobilisation, au-delà de permettre une augmentation de la lisibilité du secteur au niveau national, a encouragé la profession à s’organiser plus formellement. Vingt-deux regroupements ont mené des projets à terme le 27 octobre. Parmi ceux-ci, certains perdurent sous la forme de Fédérations en région (Alsace-Lorraine et Pays-de-la-Loire) et d’autres continuent restent en lien, au minimum par le biais de circulation d’informations ou de mobilisation sectorielle (comme le collectif Midi-Pyrénées ou la Fée des Baies).
L’ensemble de la dynamique lancée en 2007 permet d’établir une cartographie de la profession et une lecture de ses forces vives sensiblement différente de celle qui était connue jusqu’ici.

Cette nouvelle lecture de la présence des arts de la rue sur le territoire français permet de percevoir d’une part la richesse et la diversité du secteur mais aussi de mesurer la force des alliances profession/élus et profession/autres secteurs du spectacle. Elle constitue un point d’appui pour la stratégie de développement de la profession à mener dans les années qui viennent.

Enfin, fin 2007, il est possible de constater le succès des fédérations en région qui s’avèrent être des sources de mobilisation et de réflexion conséquentes sur leurs territoires respectifs -en Rhône-Alpes comme en Ile de France ou en Languedoc-Roussillon. Une interaction constante entre la Fédération des arts de la rue et les fédérations en région se poursuit en 2007. Des tableaux d’adhésions communs sont mis en place ainsi que des modalités de diffusion de l’information qui permettent une information en temps réel. Le projet d’intégrer les régions encore davantage au sein de la Fédération aboutit à la proposition de l’inscription d’administrateurs régionaux élus par leurs adhérents en région au sein du Conseil d’Administration de la Fédération. Cette mesure devrait être mise en application en 2008.

Les questions sociales et l’adhésion à l’UFISC

Le contrat de la chargée de mission sur les questions sociales s’achève fin 2006. En 2007, ces questions sont prises en charge par la coordinatrice générale afin d’être encore davantage au coeur des préoccupations de l’association.

Elles sont principalement traitées en collaboration avec l’UFISC dans une démarche de réflexion et de production collectives. Celles-ci sont concentrées autour des notions d’économie sociale et solidaire , de tiers secteur culturel, et de l’emploi et de l’entreprise.

Des travaux conjoints ont permis l’élaboration d’un manifeste « pour une autre économie de l’art et de la culture » qui est diffusé et commenté sous sa première forme début 2007. Ce document est destiné à évoluer et fait l’objet d’un chantier de travail permanent au sein de l’UFISC.

Deux autres chantiers sont suivis par la Fédération : celui sur l’économie plurielle et solidaire et celui sur l’évaluation.

Par ailleurs, une réflexion sur les pratiques d’observation est menée conjointement avec le CNAR/Culture.

L’Ufisc est également un outil de représentation pour la profession qui permet à la Fédération de faire mieux connaître son secteur et de le défendre au sein d’instances tels que le collège employeur de la commission mixte paritaire (conventions collectives du spectacle vivant public et privé), ou l’AFDAS, ou le Conseil national de la vie associative...

Une plus vaste mutualisation des moyens des diverses organisations membres de l’UFISC se développe en fin d’année avec l’installation prévue dans une maison des réseaux commune qui abritera notamment la Fédération en Ile de France et la fusion des fichiers en vue d’imaginer un maillage du territoire plus étendu.

L’adhésion à la fédération en 2007 : élargissement du noyau historique

Le montant global des cotisations versées à la Fédération par ses membres reste stagnant —
16 132 euros en 2007- malgré une augmentation du nombre des adhérents.

En effet, la cotisation initiale est divisée en deux lorsqu’il y a présence d’une fédération en région afin de mettre en place le principe de double adhésion, en fédération nationale comme en fédération régionale, sans qu’il y ait augmentation de coût pour l’adhérent.

Cela a le désavantage, en un premier temps, de ne pas amplifier le montant des recettes représentées par les cotisations.

En 2007, la Fédération avait 202 adhérents dont 77 qu’elle gère seule, 61 qui font également partie de la Fédération en Ile de France, 50 qui sont aussi à la Fédération Rhône-Alpes et 14 inscrits à la Fédération Languedoc-Roussillon.

Trente-trois d’entre eux sont des structures adhérentes.

Il est important de noter que les équipes arts de la rue les plus nombreuses sont situées en Ile de France, en, Rhône-Alpes, en Provence/Alpes/Côte d’Azur et en Bretagne. Les fédérations en Ile de France et en Rhône-Alpes ont puisé dans le vivier de la Fédération à l’origine de leur constitution. Tel n’est pas le cas de la Fédération en Alsace-Lorraine et de celle en Pays-de-la-Loire créées au cours du dernier trimestre 2007 qui vont ainsi faire appel à des professionnels jusqu’ici peu impliqués dans la Fédération.

Ces professionnels ont pu voir les effets de la solidarité de la profession à travers la mise en place de Rue libre !. Ils représentent le potentiel de développement de la Fédération ainsi que l’extension du noyau historique qui est à l’origine de la création de la Fédération en 1998.