Propositions dans le cadre du doublement du budget ministériel - La Fédération Nationale des Arts de la Rue

Propositions dans le cadre du doublement du budget ministériel

consacré aux arts de la rue en 2002
mardi 22 mai 2001
par  lafede

Les éléments développés ci-dessous rappellent les priorités débattues et validées par la profession dans le cadre de la Fédération des Arts de la Rue. Ces priorités sont à situer par rapport à la demande exprimée lors du rendez-vous avec Catherine Tasca, Ministre de la Culture, qui s’est tenu le 7 mai. Il ne s’agit en aucun cas de définir une politique des Arts de la Rue que seul le Ministère est habilité à déterminer mais d’indiquer les lacunes qu’il est urgent de pallier afin que l’ensemble du secteur professionnel puisse franchir une étape nécessaire à son développement.

1) Nécessité d’un soutien substantiel de la création, soit :

Conventionnement des compagnies :
- accompagner décemment les compagnies professionnelles conventionnées par le biais d’une régularisation des conventionnements actuels qui respecte la règle du plancher minimal d’un million de francs attribué pour une durée de trois ans,
- augmenter le soutien (au-delà de ce plancher) des compagnies déjà conventionnées ayant une reconnaissance nationale et internationale,
- doubler le nombre de compagnies conventionnées à hauteur du plancher réglementaire (soit 40 compagnies au lieu des 22 actuellement répertoriées) prenant en compte les jeunes compagnies,

Aides à la création et à la production :
- au moins doubler les aides à la création, à la production… aussi bien au niveau central du Ministère (commission nationale d’aide à la résidence et à la résidence de production) que dans les Directions régionales des Affaires Culturelles.
- Par ailleurs, nous notons que les critères d’éligibilité concernant les dossiers retenus par la Commission nationale demandent à être redéfinis, l’interprétation des critères actuels pouvant prêter à confusion.
- Enfin, il est important de noter que le secteur des arts de la rue ne bénéficie ni de moyens permettant l’expérimentation, ni de laboratoires, ni d’aides aux dispositifs scénographiques propres à l’espace public. Ces absences nuisent au développement et à l’innovation des formes artistiques spécifiques aux Arts de la Rue.

2) Nécessité de consolider la structuration du secteur par des lieux fixes, soit :

- favoriser la constitution d’un réseau de lieux de fabrique de dimension nationale, soutenus financièrement par l’Etat à la hauteur des financements attribués par les collectivités locales et territoriales.
La première partie de l’étude sur les lieux de fabrique qui a été transmise au Ministère de la Culture début 2001 peut alimenter la réflexion de l’État sur la spécificité de ces lieux (cf. "Radioscopie 2000 de 9 pôles aidés par l’État au titre de l’accueil en résidence et de l’aide à la production"). Elle sera complétée d’un second document sur les lieux de création partagés qui sera délivré à l’automne 2001,
- financer des lieux d’implantation de compagnies reconnues et d’acteurs du secteur des Arts de la Rue dont les projets sont en cours à la hauteur de ceux des financements envisagés par les pouvoirs publics locaux.

3) Nécessité d’un accompagnement de la diffusion des œuvres, soit :

- participer au financement des festivals des Arts de la Rue de qualité, ce qui signifie la non-application de la directive du Ministère concernant le désengagement de l’État dans les festivals locaux. A ce sujet, il est important de rappeler que les festivals des Arts de la Rue correspondent au seul mode significatif de circulation des œuvres existant actuellement,
- augmenter, de manière significative, l’enveloppe budgétaire attribuée à l’Office national de la diffusion artistique pour les arts de la rue, seule mesure existante qui permet d’inciter les réseaux de diffusion du spectacle vivant généralistes (théâtres missionnés, scènes conventionnées, scènes nationales) à développer la programmation des Arts de la Rue.

4) Nécessité de la mise en place d’un dispositif de formation initiale et professionnelle spécifique, soit :

- dégager un budget au Ministère afin de soutenir des actions de formation professionnelle dans la lignée de celles qui ont été accompagnées en 2000 au titre des actions-pilotes,
- donner les moyens nécessaires à la création d’un dispositif de formation global identifié comme spécifique aux Arts de la Rue, dispositif en cours d’étude de préfiguration confiée à Michel Crespin.

A ces quatre axes de développement qui, de fait, visent à permettre au secteur des Arts de la Rue de disposer des outils dont disposent déjà les secteurs du spectacle vivant tels que la musique, la danse et le théâtre, s’ajoutent des outils dont la profession a besoin ou qu’il est nécessaire de conforter, à savoir :
- le centre de ressources pour les Arts de la Rue, Hors les Murs, qui se doit d’être conventionné sur des missions correspondant aux besoins de la profession (notamment la ré-introduction d’une mission de promotion) et dont le financement doit s’accroître afin de permettre en priorité la mise en place d’une politique éditoriale pérenne répondant aux besoins de la profession (publications conçues comme des outils de sensibilisation aux Arts de la Rue destinés aux professionnels du spectacle et aux médiateurs, ou comme des traces durables de formes artistiques éphémères),
- la commande d’une étude sur le public des arts de la rue au Département études et prospective,
- l’augmentation de la subvention attribuée à la Fédération des Arts de la rue dont les activités se développent conjointement à la structuration des arts de la rue et à la croissance du secteur professionnel (augmentation de 100 000 francs en 2001 et subventions de 400 000 francs les années suivantes).

L’accompagnement de l’ensemble de ces propositions nécessite un doublement de la somme actuellement consacrée aux Arts de la Rue soit une augmentation de 30 MF en 2001 à 60 MF en 2002.

La Fédération
Association professionnelle des Arts de la Rue,
mai 2001


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