Projet de Manifeste Professionnel pour le développement des Arts de la Rue - La Fédération Nationale des Arts de la Rue

Projet de Manifeste Professionnel pour le développement des Arts de la Rue

Orientations 1999-2005
 juin 1999
par  lafede

La Fédération décide de se donner un cadre de travail avec des axes clairs permettant aux adhérents de s’inscrire dans un projet, et aux institutions de situer l’action de l’association. La Fédération se situe comme un réseau de compétences actives et plurielles. Elle recherche les moyens de mettre en œuvre ses orientations.

La Fédération se tourne résolument vers l’avenir en œuvrant pour la consolidation du réseau des arts de la rue, le développement de ses équipes artistiques, l’ouverture et le dialogue avec les autres acteurs de la culture et des villes. Elle vise à faire (re)connaître l’originalité du travail des arts de la rue à l’extérieur et à l’intérieur du réseau culturel.

La Fédération mobilise les divers courants des arts de la rue et fonde sa légitimité sur sa capacité à mettre ensemble les différentes générations des arts de la rue, ainsi que les acteurs de son réseau dans leur diversité : équipes artistiques, compagnies et diffuseurs, professionnels et amateurs passionnés,...

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Préambule

En France, depuis 30 ans, de nombreux artistes ont choisi de s’exprimer hors des lieux consacrés, dans l’espace public, directement au contact de leurs concitoyens. Ils y rencontrent de nouveaux publics, ils en puisent de nouvelles sources d’inspiration, ils y explorent les formes innovantes de l’art contemporain.

Aujourd’hui, cette mouvance atteint une maturité évidente. Elle peut être considérée comme une singularité artistique française. Les artistes et compagnies qui la composent revendiquent un authentique travail de création. Au-delà des formes artistiques traditionnelles de la rue (carnavals, saltimbanques, fanfares...), ils inventent un langage artistique d’aujourd’hui en direction de publics souvent exclus de la vie culturelle.

Venus pour la plupart du théâtre, ils sont également compositeurs, circassiens, marionnettistes, chorégraphes, artificiers, cinéastes ou plasticiens... Ils explorent plus qu’ailleurs les complexités et la puissance d’un art pluriel. C’est à leur initiative et à celle des professionnels de ce domaine que s’est créée en 1997, La Fédération.

La Fédération est un mouvement qui s’inscrit dans son temps. Elle défend le principe d’autonomie de l’acte artistique par rapport aux pouvoirs publics, la nécessité de la recherche et l’expérimentation dans le domaine de l’art et de l’intervention artistique dans la société.

Elle reconnaît les nouvelles donnes de la politique culturelle et urbaine à venir. Bien qu’elle souscrive dans l’esprit :

- à la charte de service public mise en œuvre par le Ministère de la Culture en 1999 :
- à l’aide au renouvellement des écritures du spectacle vivant et aux nouvelles formes artistiques
- à la reconnaissance de l’action artistique comme constitutive et nécessaire au développement culturel, à l’inscription des moyens correspondant dans le cadre des contrats de Ville, d’agglomération, et des contrats de plan Etat-Régions 2000-2006.

La Fédération reste vigilante sur les conditions et les moyens accordés aux acteurs culturels et aux équipes artistiques, en particulier dans les domaines social et économique, de la fiscalité et du juridique.

I - SOUTIEN À UN RÉSEAU NATIONAL DE RESSOURCES ARTISTIQUES ET DE COMPÉTENCES PROFESSIONNELLES

1 ) Le soutien et l’accompagnement des équipes artistiques

Aujourd’hui, en France, coexistent des équipes, de statut, d’expérience, et d’ambition artistique variable. La Fédération défend pour chaque compagnie la possibilité de revendiquer des façons de faire et des options qui n’induiraient pas nécessairement le même type d’appui de la part du Ministère de la culture et de ses DRAC, ou bien de la part d’autres commanditaires comme les collectivités territoriales ou autres ministères.

La Fédération approuve et revendique le conventionnement de nombreuses compagnies de rue et les aides ponctuelles aux projets de création. Elle est attachée à l’idée de l’octroi de moyens durables de fonctionnement pour les équipes stables. Elle juge indispensable une phase intermédiaire structurante pour les jeunes compagnies, en préfiguration d’un futur conventionnement.

La Fédération défend complètement la matérialisation sur le territoire d’un réseau de lieux d’appui à la création, la fabrication, la coproduction et la diffusion, celui-ci ayant en partie pour finalité de soutenir et d’accompagner les projets nouveaux et des équipes qui ne sont pas encore connues. Ce maillage est une des originalités fortes dans l’organisation et l’esprit des Arts de la Rue. Il doit être reconnu et conforté par la politique des pouvoirs publics en matière de développement culturel et artistique.

D’autre part, de nombreuses compagnies de rue se caractérisent par un réel nomadisme qui les conduit à travailler en dehors d’un seul lieu d’implantation, et à diffuser leurs spectacles et créations nationalement, en Europe et à l’étranger. Cette particularité de vie et de travail doit être reconnue par les pouvoirs publics, facilitée par les institutions (AFAA en particulier), et inscrite dans les conventions avec les DRAC.

2 ) Politique nationale d’aide à la création et aux écritures

Constatant la faiblesse des moyens accordés toutes ces dernières années aux compagnies de rue pour soutenir la part de création artistique de leurs projets, La Fédération défend la nécessité d’un fonds national d’aide aux écritures et à la création, pour améliorer les conditions d’éclosion des projets artistiques. De ce point de vue, elle souhaite le maintien et la consolidation de la dotation nationale existant au ministère de la Culture. Cette dotation doit être augmentée sur plusieurs années et concerner les projets de création pluridisciplinaires prenant avant tout en considération l’espace public.

Il paraît très important que l’animation et le suivi de ce fonds soient confiés à un comité de pilotage et d’évaluation mixte (artistes et institutions).

L’attribution des aides doit se faire sur projet et être totalement compatible et complémentaire avec des crédits accordés par les DRAC et les collectivités territoriales.

L’évolution récente de ce fonds national en un "fonds d’aide aux résidences d’écriture et de création", soulève un certain nombre de questions qu’il serait bon de revoir dans les semaines à venir.

Par ailleurs, La Fédération n’est pas hostile à la création d’un fonds interministériel d’aide à la commande publique, à la condition essentielle et sine qua non qu’elle ne remette pas en cause le fonds national d’aide à la création et aux écritures précédemment décrit.

II - EVOLUTION DU RÉSEAU STRUCTURANT DES ARTS DE LA RUE

Ce réseau est composé en 1999, de lieux pluriels répartis inégalement sur le territoire. Il comprend un seul centre national de création des arts de la rue, à Marseille et une douzaine de lieux portés par des compagnies. Plusieurs lieux de fabrication liés à des centres de diffusion importants, à dimension de création et de production variable, existent désormais. Leur sont rattachés des festivals spécifiques et repérés, tels Aurillac, Chalon-Sur-Saône , Sotteville-lès-Rouen, Saint-Gaudens, Brest, Chalon-en-Champagne, etc.

Ce réseau pluriel constitue un maillage original aux Arts de la Rue. Il a permis à de nombreuses équipes de développer un travail et de durer artistiquement, à d’autres d’émerger. Mais ce maillage n’est pas soutenu financièrement, ni reconnu artistiquement, à la hauteur des enjeux qu’il porte.
La Fédération, même si elle salue la nouvelle politique mise en place, ne peut se contenter des annonces du Ministère. Celles-ci laissent espérer beaucoup, mais sur le terrain ne permettent pas d’envisager un réel développement.

La Fédération revendique une inscription des Arts de la Rue dans un réseau de lieux nouveaux d’art contemporain vivant, pluridisciplinaires, diversifiés du point de vue du statut, du rapport au public, combinant plusieurs dimensions du travail de production (création, fabrication, résidence de qualité, chantier de formation, diffusion, émergence de nouvelles formes d’interventions urbaines), générant des métiers et des emplois nouveaux, utilisant l’espace et la communication multimédia.

A ce jour, le panorama culturel français n’offre que l’alternative suivante : labellisation des structures en tant que centre dramatique national ou régional d’un côté, ou en scène nationale de l’autre.
La Fédération défend pour les années qui viennent la double perspective :

- Reconnaissance artistique et dotation financière pour le réseau des arts de la rue. Ceci passe par la transformation du statut de plusieurs lieux de fabrication des Arts de la Rue, en structures de création, de production, de diffusion, avec les moyens et la convention correspondants. Plusieurs centres nationaux de création et plusieurs scènes nationales devraient être ainsi établis à l’horizon 2005, selon un schéma qui tienne compte des réalités régionales.
Ce schéma doit s’inscrire dans un plan d’aménagement culturel, intégré aux moyens des contrats de plan État-Régions. La participation des collectivités locales et territoriales est indispensable.
- Ouverture du réseau des arts de la rue aux coopérations inter-régionales, européennes et internationales. Ces ouvertures permettraient d’assurer contacts et relations avec les autres pays européens, favoriseraient réflexion et concertation avec d’autres artistes et professionnels à travers des projets concrets. La défense des interventions artistiques dans l’espace public, les conditions d’exercice du métier, les conditions de diffusion (dans les festivals et hors ceux-ci) et de financement des projets, constituent de vrais enjeux que La Fédération souhaite défendre et promouvoir.

La Fédération souhaite donc ouvrir dès à présent une discussion avec la Ministre de la Culture sur ces revendications, afin de déterminer, au delà des mesures nouvelles 1999, un plan de développement précis dans le temps, pensé dans chaque région, et qui tienne compte du partenariat avec les collectivités territoriales.
Parallèlement , par la mobilisation de ses membres dans les régions, La Fédération agit auprès des DRAC et des Conseils régionaux pour faire reconnaître les lieux et les équipes des arts de la rue qui font partie intégrante du tissu culturel et artistique présent, et des 5 prochaines années.

III - LA DIFFUSION

Aujourd’hui, les principaux espaces de diffusion des arts de la rue sont les festivals. Ces derniers combinent un certain nombre de caractéristiques plus ou moins dominantes en fonction de la taille, de l’ancienneté, du dispositif de direction artistique... : festivals professionnels, événements festifs liés à des villes, événements pluridisciplinaires, voire exploratoires, manifestations ponctuelles et éphémères. Cette diffusion festivalière n’est pas issue d’une volonté des artistes mais plutôt des villes qui souhaitent valoriser des événements festifs et qui accepte la présence de l’art dans la ville pour une durée repérée et limitée. Mais, si ce type de diffusion n’est pas le seul souhaité, il répond à une très forte demande des publics sur la présence de l’art dans la fête.

On assiste à une multiplication des lieux/moments de diffusion en France depuis ces trois dernières années. Cette évolution plutôt dynamique ne s’accompagne pas nécessairement des moyens nécessaires à la rétribution correcte des cachets et de l’artistique.

Parallèlement, à quelques exceptions près, le réseau culturel n’a pas intégré les arts de la rue dans sa programmation, si ce n’est parfois en ouverture de saison. On est loin d’une politique de diffusion résolue qui permettrait -à l’instar de ce que font certains lieux de fabrique et une poignée de scènes nationales- une confrontation régulière et qualitative des regards des publics et des professionnels.

Militer pour l’amélioration de la qualité des programmations et des conditions artistiques de la diffusion.

1 ) Diffusion des arts de la rue dans le réseau culturel

La Fédération souhaite concourir à la promotion des arts de la rue dans ce réseau public de diffusion, en dépit de l’argument fallacieux de l’absence de billetterie qui empêcherait de tenir un compte du public touché... L’intérêt de cette collaboration est réciproque : les Arts de la Rue y trouveront les relais d’autres types de rapports aux publics, d’autres contextes de création, et les lieux de diffusion culturelle pourront aborder les problématiques de l’art et de la ville, de l’art dans la ville.

L’ouverture récente de l’ONDA aux Arts de la Rue est évidemment à saluer, même si la faiblesse des moyens permettront un soutien limité à quelques rares projets. La Fédération demande que l’intervention de l’ONDA puisse permettre à l’ensemble du réseau public de diffusion de mener une programmation annuelle des arts de la rue.

Afin de faire tomber les blocages entre les réseaux, La Fédération demande que des réunions de concertations inter-régionales soient organisées annuellement par les DRAC avec les lieux de diffusion, les compagnies et le réseau structurant des Arts de la Rue.

La Fédération ne rejette en aucune manière la nécessité de l’évaluation des actions. En revanche, elle demande fortement que des experts ayant démontré leur connaissance et leur intérêt à ce type de création artistique soient les interlocuteurs des artistes. De même, elle revendique les aspects transdisciplinaires des formes de création, et demande que les experts soient choisis dans différentes disciplines artistiques.

2 ) Diversité des commanditaires et des publics

Les Arts de la Rue tirent une force importante de la diversité de ses "clients" : entreprises privées, événements exceptionnels, créations éphémères, collectivités locales rurales ou urbaines, réseau culturel, fêtes populaires, festivals...
Cette diversité, au-delà de sa nécessité économique, est une richesse pour des artistes qui souhaitent rester au contact de la société et ne pas s’enfermer dans un ghetto, fût-il culturel. Elle permet une relative autonomie économique des artistes par rapport à chacun de ses interlocuteurs.
Elle demande de rechercher la qualité des interventions et des commandes, d’assumer les arts de la rue comme faisant partie des arts populaires, et de défendre l’action des artistes dans la cité.

3 ) Diffusion internationale

La France est en pointe dans le domaine des Arts de la Rue. Pour beaucoup d’artistes, l’Europe est déjà le lieu de la diffusion. Il est nécessaire d’évaluer le potentiel et les réalités, de préciser les obstacles concrets, et d’organiser l’échange des savoir-faire et des compétences au sein même du réseau des arts de la rue et en dehors. La Fédération demande qu’une étude précise soit mise en chantier, éventuellement par l’AFAA. Pour sa part, La Fédération va commencer un travail de mise en réseau des artistes et des lieux de diffusion en Europe et à l’étranger.
La Fédération veut aboutir auprès de l’AFAA à un soutien plus clair quant à la circulation des artistes de rue à l’étranger, dans le cadre de tournées, mais également dans des projets de coopération avec des artistes étrangers. Elle pose également la question de la diffusion au sein de l’Union Européenne qui aurait besoin de soutiens à la fois plus légers et plus simples.

4 ) Espace public

Les Arts de la Rue posent en permanence la question de la possession de l’espace public qui est de plus en plus parcellisé et "sécurisé". Cette question d’apparence technique joue un rôle important dans la festivalisation des Arts de la Rue et dans le peu d’empressement de certains programmateurs à s’affronter à la question de la place de l’art dans la cité.

La Fédération, sachant que les compagnies ont été assignées à la licence d’entrepreneur de spectacle, considère que cette licence devrait par voie de conséquence leur favoriser la pratique de l’art dans l’espace public et demande une concertation sur ce thème avec les ministères concernés (Culture, Intérieur), les villes et les parlementaires.

IV - LA FORMATION ET LA TRANSMISSION

A côté de la formation théâtrale initiale de certains artistes qui ont rejoint les arts de la rue, la formation par une pratique "sur le tas" constitue la voie principale d’apprentissage aux arts de la rue. Les membres des équipes artistiques sont le plus souvent "polyvalents". A l’art du jeu, s’ajoute celui de l’invention, de la prouesse physique, de la fabrication...

Jusqu’à présent, il y a peu ou pas de dispositif de formation et de transmission des spécificités artistiques et techniques propres aux arts de la rue. Si ce n’est un module de scénographie urbaine (3ème cycle) à l’école d’architecture de Clermont-Ferrand et une 1ère cession (1998) de formation de régisseurs d’espace public au C.F.P.T.S. même si cette dernière formation doit affirmer plus nettement sa vocation "urbaine".

Par ailleurs, il convient de prendre note que :

- depuis trois ans, Michel Crespin, directeur de Lieux Publics, interpelle le ministère de la Culture pour mettre en place un début de réflexion sur la formation/transmission essentiellement dirigée vers les concepteurs et créateurs qu’ils soient metteurs en scène, chorégraphes, compositeurs, scénographes ou directeurs techniques.
- en avril 99, la DMDTS a confié "une mission d’étude sur les questions de formation, qualification, transmission dans le domaine des arts de la rue" à Madame Francine Spielmann "dans le cadre de ses fonctions au C.F.P.T.S". Celle-ci doit remettre son rapport à l’automne.

La Fédération propose que soit mise en œuvre une véritable politique de formation qui prenne appui sur l’originalité de cette scène urbaine qu’est " la rue " et qui utilise au maximum les ressources et talents de son réseau, tout en ménageant des passerelles et des rencontres avec les dispositifs existants notamment en ce qui concerne la formation des accompagnateurs artistiques (administrateurs, régisseurs de production, professionnels de la culture et programmateurs, chargés de communication...). En revanche, les agents territoriaux des services techniques des collectivités territoriales lui paraissent des interlocuteurs suffisamment importants pour justifier la réflexion de modules de formation bien particuliers.

Voici donc quelques pistes à affiner au cours de l’été :

a) Formation et transmission artistique

En matière de formation initiale, une "école ou université" au projet pédagogique ambitieux, intégrant l’intervention des artistes, permettrait de former aux différentes facettes et techniques des artistes de rue et d’espaces publics : mise en scène, scénographie, relations de jeu/publics, gestion des jauges et du public en mouvement....

En formation permanente, tout à fait prioritaire, deux types de destinataires :

- Les artistes de rue, comédiens, danseurs, metteurs en scène, musiciens.... qui ont besoin d’étayer ou de diversifier une technique de travail ou d’approfondir telle ou telle discipline artistique. Ils pourraient trouver une réponse adaptée non seulement à travers des stages types Afdas, mais également dans des "chantiers création", liés à la préparation d’un événement ou articulé à une création.
- Les autres artistes (comédiens, musiciens, compositeurs, danseurs, etc.) qui n’ont pas de connaissance ou de compréhension des données spécifiques des interventions et représentations dans l’espace public.

Les modalités de mise en œuvre de ces deux volets, l’initial et le permanent, sont à affiner. Elles doivent tenir compte des réalités concrètes de calendrier et de travail des équipes de rue. Elles doivent miser sur l’échange inter-artistique et la transmission, ce qui veut dire aussi, faciliter la circulation des personnes et la confrontation des savoirs.

Ces deux volets du dispositif devraient être articulés (y compris ce qui concerne le jeu et l’écriture) :

- aux dynamiques incluses dans les projets de création et à leur calendrier
- au réseau de création et des lieux de fabrication des arts de la rue. Ceux-ci peuvent être à même d’organiser, en fonction de leur originalité, des modules en rapport avec les besoins du terrain et de mobiliser les compétences nécessaires

Le lieu de formation initiale pourrait être l’espace d’appui du dispositif de formation permanente réparti, lui, sur tout le territoire.

b) Formation des responsables techniques d’événements d’espace public

Certaines formations intègrent déjà une sensibilisation aux techniques utilisées dans l’espace urbain, celles du C.F.P.T.S. et de l’I.S.T.S en particulier. Après une évaluation plus précise de l’existant, il faudrait conforter et accentuer la sensibilisation des techniciens aux savoirs faire nécessaires pour accompagner les spectacles joués en dehors des scènes conventionnelles. Ceci s’inscrit dans une revendication plus globale : la pluridisciplinarité bien maîtrisée techniquement est un plus pour tous les techniciens.
Cette approche inclurait aussi le respect des conventions collectives par les techniciens intervenant dans la programmation de rue.

Parallèlement, les techniciens des collectivités territoriales devraient avoir accès à ces stages et formations. La Fédération est favorable à ce que certains lieux de fabrication et de résidences portés par des collectivités locales deviennent des pôles de références, d’échanges de savoirs et de formation dans ce domaine.

D’une manière générale, La Fédération défend l’idée que la formation initiale et continue des techniciens du spectacle et des collectivités concernées devraient privilégier la rencontre et la confrontation avec les artistes.

c) Formation des médiateurs ou accompagnateurs artistiques

Si l’ouverture aux arts de la rue est d’ores et déjà présente dans certains DESS ou autres formations universitaires aux métiers de la culture, (elle se développe en partie au moyen de stages longs auprès de compagnies, de festivals, ou de lieux de création et de fabrication), on est encore loin de modules cohérents et pointus, permettant aux futurs programmateurs, administrateurs et gestionnaires de productions d’acquérir une vraie connaissance du secteur. La question se pose tant en formation initiale que continue.

V- RAPPORTS AUX INSTITUTIONS

Questions et hypothèses (Débat ouvert pour les semaines à venir)

1 ) Identité :

Situons-nous l’action de La Fédération dans le seul giron du Ministère de la culture, ou bien assumons-nous l’originalité des formes artistiques et modalités d’intervention des arts de la rue ? Ceux-ci ont prouvé qu’ils pouvaient concerner une diversité d’interlocuteurs dans les domaines suivants :

- Arts plastiques / musique / cinéma / danse
- Environnement / Paysage
- Ville / urbanisme
- Sécurité / espace public / citoyenneté

2 ) Publics :

Comment tirer profit de la diversité des "clients" des arts de la rue, publics ou privés, sans brouiller leur image artistique ? : entreprises, collectivités locales, établissements culturels, réseau des arts de la rue...

3 ) Médiatisation

La prise en considération des arts de la rue par les médias laisse à désirer. Les critiques méconnaissent, voire rejettent ces modes d’intervention artistique jugés gratuits et/ou trop populaires.
Comment La Fédération peut-elle agir sur ce secteur sans empiéter sur le terrain des compagnies ou festivals, et surtout sans faire le travail à la place d’organismes missionnés pour cela comme HorsLesMurs par exemple ?

4 ) Centre ressources documentaires sur les arts de la rue ?

Quels besoins pour la profession ?
Doit-il être spécifique, jumelé au cirque, articulé aux autres disciplines du spectacle vivant ?

5 ) Agence nationale ou internationale des arts de la rue ?

A-t-elle sa raison d’être ?
Rattachée à l’état ? Avec quelle mission, quelle légitimité ? Rattachée à une association professionnelle ? Mixte ? Avec quels statuts, quels moyens ?


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