Première rencontre avec Dominique Wallon, DTS

mardi 5 mai 1998
par  lafede

Précisons tout d’abord que cet entretien est la première rencontre officielle entre la D.T.S. et "la Fédération". Le sentiment d’une courtoisie a plané au début de l’entretien qui s’est rapidement transformé en séance de travail écourtée par manque de temps. Donc à suivre, car il devrait y avoir des suites.

Etaient présents :
Pour le Ministère de la Culture :

- Dominique Wallon, directeur du théâtre et par intérim de la danse et de la musique
- Yves Deschamp, Inspecteur Général en charge du Théâtre du Rue et du Cirque
- Michel Roussel, Inspecteur (futur successeur d’Yves Deschamp)
- Gilles Detilleux, chargé de mission Théâtre du Rue et Cirque à la D.T.S
Pour "la Fédération" :
- Gérard Burattini
- Serge Noyelle
- Jean-Marie Songy

Prise de note et compte-rendu : Jean-Marie Songy

Dominique Wallon précise en préambule sa faible connaissance actuelle du milieu des Arts de la Rue, malgré des relations de terrain en PACA à la fin des années 80. Il demande donc quelques éclaircissements sur l’état du spectacle de rue aujourd’hui : les compagnies, les festivals et les lieux de Fabrique, ainsi que des précisions historiques sur la naissance de "la Fédération". Bilan que lui font les représentant de "la Fédération" en exposant les points évoqués durant le C.A. de l’association du 28 avril et en lui remettant ces demandes par écrit (voir ci-joints). Ils font de plus un rapide historique de Lieux Publics. Yves Deschamp quant à lui rappelle l’affaire du collectif de 91 qui déboucha sur certaines mesures de développements aujourd’hui stagnantes.

Dominique Wallon souhaite des précisions sur la diffusion des Arts de la Rue (quels supports et quelle fréquence) et exprime son doute quant à la capacité du Ministère de s’appuyer sur l’état des lieux très fragile qui vient de lui être dressé. "La Fédération" rappelle alors que les compagnies sont aujourd’hui prêtes à assumer une politique forte de développement insufflée par le Ministère, qu’elles ont de l’expérience et de multiples capacités (invention d’événements et de festivals, prise en charge des lieux de fabrication, transmission de savoir...), qu’elles sont sujettes aux lois de l’offre et de la demande et qu’il faut donc les soutenir dans leurs créations et relayer ce soutien au travers des lieux de Fabriques et des festivals innovants, que le spectacle de rue pose la question intrinsèque des publics et de leur accès à l’art, enfin que le maillage géographique du spectacle de rue fait apparaître une tendance régionale des implantations et par conséquent un déséquilibre regrettable des mesures et des partenaires en région parisienne.

Dominique Wallon pose alors la question de nos réelles demandes et de nos priorités. Il remarque dans ce que vient d’énumérer "la Fédération" :
- nos capacités d’intervention sur le terrain et notre implication dans les réseaux sociaux les plus variés, ce qui n’est pas pour déplaire à la Madame la Ministre...
- notre identification dans les courants des créations émergentes. Le Ministère réfléchit actuellement à une sorte de grand bureau de ces émergences (musiques nouvelles, jazz, marionnette, arts du cirque, danse urbaine, ... et arts de la rue). La question est : "la Fédération" envisage-elle l’intégration des arts de la rue dans l’ensemble du dispositif danse-théâtre-musique, ou pense-t-elle que les arts de la rue nécessitent un bureau spécifique ?

Les représentants de "la Fédération" répondent que les arts de la rue ont besoin d’un développement spécifique en concordance avec des mesures spécifiques menées par le Ministère, sinon il y aurait absorption de notre spécificité actuelle. Quel rapport originel entre le théâtre de rue, la musique contemporaine, le cirque et le hip-hop, par exemple ? Qu’en est-il de la transmission des savoirs (ex. L’Usine de Toulouse) ?

Dominique Wallon n’a pas de réponse, mais renouvelle la question des urgences dans le cadre du futur renforcement des moyens aux arts de la rue.

"La Fédération" questionne Dominique Wallon sur deux points : qu’est-il advenu des 3 millions de mesures promises au théâtre de rue et que pense faire le Ministère pour que les comités d’experts en région soient compétents en ce qui concerne la rue ? Dominique Wallon répond que nous serons rapidement informés des décisions des DRAC sur l’utilisation de cet argent. A vérifier, bien sûr. Quant aux comités d’experts, pas de réponse...

A la demande de rendez-vous avec Madame la Ministre, il semble que cela puisse être envisageable, en effet, les Arts de la Rue regroupent aussi les arts plastiques et Dominique Wallon n’est compétent qu’en ce qui concerne le spectacle vivant... A suivre donc.

Enfin, "la Fédération" rappelle combien le théâtre de rue peut être une force importante face à la montée du Front National. "Ne vous privez pas de nous..."

Dominique Wallon demande une dernière fois nos priorités. Les représentants de "la Fédération" répètent que la priorité, c’est la création et l’ensemble du dispositif proposé. Ils font remarquer qu’ils sont ici pour représenter une parole éclectique de leur profession, et que ce n’est pas à eux de choisir entre des compagnies, des lieux de fabrique ou des festivals forts.

Dominique Wallon conclut en disant que le Ministère prendra des mesures conséquentes en 1999 en faveur des Arts de la Rue et que c’est leur volonté. Cependant il ne peut être question aujourd’hui de montants précis. Ils envisagent des conventionnements, mais reste le problème de l’engagement des collectivités locales.


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