Hardi !

lundi 12 avril 2010

Chers tous

Je me doutais bien que succéder à Thierry Lorent,- qui, dans la courte histoire de la Fédération, fut un président exceptionnel à maints égards, et sans équivalent-, serait délicat. ça le fut. ça le sera encore. Lorsque la barre est haut, il faut soigner son saut.

Ce que nous pouvons retenir des élections qui présidèrent à cette transition, c’est la façon bien sûr différente, mais je l’espère complémentaire, que nous avons tous de penser la Fédé. Le second enseignement, rassurant, est que la Fédé et sa direction continuent à représenter un enjeu important.

Un président de la fédération a une double fonction.

Celle de la représentation, l’image et parole officielle de la fédé auprès des officiels, des puissants, du public.
Une fonction pour laquelle d’aucuns ont sans doute trouvé que je n’avais pas une bonne tête de proue ; comme je les comprends !

Heureusement, j’aurai avec moi, pour me relayer ou me remplacer le cas échéant et selon nos disponibilités, le très honorable et élégant Michel Risse, en tant que premier vice-président et, en d’autres cas, des vice-présidents, secrétaire, trésorière qui feront tout à fait l’affaire. L’image, on se la portera à plusieurs.
Et puis je promets aux inquiets de bien me tenir à table et de ne pas roter.

La seconde fonction est celle de l’animation d’une équipe et là, je suis dans mon élément, d’autant que nous nous retrouvons cette année avec un CA singulièrement renouvelé.
Comme vous aurez pu le constater, il s’est beaucoup féminisé avec une belle brochette d’administratrices déterminées et il compte dans ses rangs, autour de quelques piliers aguerris, une majorité d’administrateurs qui ont grandi dans les fédés Régionales et milité en leur sein.
C’est excitant.
Les points de vue, forcément, vont s’en trouver changés, l’énergie, les attentes et la façon de fonctionner.
Il va y avoir beaucoup de travail et certains ont déjà commencé.
Une équipe dont j’attends beaucoup et dont vous pouvez raisonnablement attendre beaucoup également.

Sans présumer de ce que nous allons mener ensemble comme chantiers, nous avons une page à tourner, d’urgence, et ce ne sera pas facile.
Ce n’est pas celle des années Thierry Lorent, dans la filiation duquel je me situe directement.

La page à tourner c’est celle des 10 ans de coordination menés par Pascale.
10 ans au cours desquels elle a tenu les clefs de la maison et maintenu son fonctionnement quelques fussent les CA et les présidents.
10 ans où ses compétences, ses centres d’intérêt et sa forte personnalité ont sensiblement influé nos chantiers et la façon dont ils ont évolué.
10 ans au cours desquels nombre d’administrateurs ont pu s’appuyer sur elle.

Ce ne sera plus le cas.
Il va nous falloir apprendre à faire sans, ce qui signifie une montée en puissance du bureau et des administrateurs et, par ailleurs, comme le paysage de la fédé à changé, repenser le rôle et la fonction de la coordination avant de relancer une quelconque embauche.
Nos finances étant sensiblement fragilisées du fait de ce départ, ça sera délicat.

Outre cette page à tourner, il y a pour nous un nouveau chapitre à écrire et quelques questions à nous poser :

  • Où en sommes-nous des ambitions qui ont présidé à la fondation de cette fédération ?
  • Quelles furent nos stratégies ?
  • Quels sont nos résultats et leurs chances de survie ?
  • Qui sommes-nous maintenant ?
  • Que voulons-nous maintenant ?
  • Comment y arriver ?

Tirons un bilan sans nous voiler la face de la place qu’occupent les Arts de la Rue aujourd’hui, financièrement, territorialement, culturellement, médiatiquement.

Comment améliorer les choses et faire grandir l’image et le message des Arts de la Rue, et sur quelle stratégie ?

Le paysage sur lequel nous campons est friable et il suffirait d’un peu pour que nous perdions prou.
Notre union, avec nos différences, et notre inventivité sont les meilleures armes pour faire face et résister.
Si nous pouvions avancer un chouïa dans ce questionnement là, je crois intimement que nous y gagnerions tous.

Depuis sa fondation, la Fédération -ce n’est pas dans les statuts mais ça fait partie de nos règles tacites- élit un artiste à sa tête, entouré et accompagné d’administrateurs et de passeurs qui l’appuient de leur compétence et de leur engagement.

Je suis un artiste et je ne suis que ça, un artiste militant pour les arts de la rue parce que c’est non seulement mon terrain de jeu favori, mais parce que cette pratique implique une vision de la culture, de l’art et de la société qui correspond tout à fait à mes convictions.

Parce que, même sans le savoir, par nos pratiques en prise avec le quotidien, par notre ouverture à la population, par notre gouaille et nos ambitions, nous œuvrons à la transformation intime du monde.
Rien que ça !

Nous sommes une alternative indispensable à la culture de masse, au mainstream, un art qui ne se met pas en boîte.
Etre président de notre Fédération aujourd’hui pour moi, c’est batailler pour ça, contribuer à la pérennisation de ça, au développement de ça, un point c’est tout.
Et ça ne se fera pas sans vous.

Amitiés à tous

Votre, donc, président pour un an,
Pierre Prévost


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