Manifestation de vie ! Rue Libre / 25 Oct 2008

lundi 18 août 2008
par  yffic

le 25 Octobre 2008, jour de passage à l’heure d’hiver, la rue déboule
avec RUE LIBRE. C’est acté par le CA de la fédé, et a été voté par son AG. Si ce genre d’initiative ne se décrète pas vraiment, il se décide. Et c’est ce que nous avons fait. Et c’est ce que nous voulons que chacun fasse.

RUE LIBRE, une manifestation de vie, d’enthousiasme, de rebellion,
d’imaginaire et de savoir faire.

A ceux, esprits chagrins, qui ne se voient pas faire les guignols à
l’heure des luttes, je réponds : Zola s’est-il mis à faire du mime pour
défendre Dreyfus ? Hugo lançait-il le poids pour stipendier Napoléon III
 ? Picasso a-t-il marché au pas pour dénoncer Guernica ? Ton art c’est
ton arme camarade.

A ceux qui se sont fatigués lors de la dernière édition et ne se voient pas s’y recoller cette année, je dis : n’invente pas des choses
fatigantes, lance toi dans des enthousiasmantes, simples et faciles à
monter.

A ceux qui hasardent : ouais mais cette année, ya pas de pognon ! Je ne réponds pas. Je m’interroge : en 10 ans, comment les professionnel(le)s des Arts de la Rue (artistes, programmateurs, techniciens, administrateurs avec le soutien de certains élus et avec la fédération), sans pognon (justement pour en avoir), ont tout de même fait progresser ce secteur ? Boy- scoutisme ou volonté politique ? Bonnes œuvres ou engagement citoyen ? L’acte fédérateur fait des râleurs, c’est bien connu.

On peut faire des "rue libre" tout au long de l’année comme ça a été le
cas le 29 février avec l’Ufisc, à Cuers ou dans d’autres circonstances,
mais sans que l’étiquette "Rue Libre" n’ait été vraiment nécessaire ni
particulièrement utile. L’avantage de notre Rue Libre collectif, celui
du 25 oct, c’est que nous le ferons, sinon tous ensemble, du moins tous
en même temps, le même jour, et chacun à notre façon.

Et plus ce sera différent, et plus ce sera fort.

Il y a tant à inventer, ça donne le vertige.

Des relations avec les nouveaux élus, des incursions dans de nouveaux
territoires, des rencontres avec de nouvelles populations, de nouveaux
actes, gratuits, vengeurs, philosophiques, poétiques. Tout sauf répéter ce qu’on a fait, routiner, marcher dans les clous.

Des exemples :
- Pour Paris éventuellement, je proposerais une Manif féérique avec
fées, sorciers, trolls, elfes, monstres et une banderolle "les habitants
d’Avallon n’avaleront pas tout !"
- Ou alors : découper des téléviseurs creux et se rendre en masse devant
TF1. Y camper, immobiles à regarder les passants à travers notre
simulacre sur lequel on aura écrit "T’as l’air fin"
- Ou alors : se faire un mini-festival dans un camp pour gens du voyages, après l’avoir préparé soigneusement avec eux. Ou dans une cité ;
souvenez-vous de ces belles soirées lors de l’occupation artistique de
Chalon 2003.
- Inventer une fête de la rue et d’une heure dans un bled rétif à notre
art, comme il s’est fait en Alsace.
- Organiser une grande collecte de papiers pour les sans-papiers.
- Une manif de faux-CRS criant "rendez-nous 68"
- Ou encore, en fonction de la connaissance ou méconnaissance de notre
secteur par les territoires, des initiatives très simples : débat sur les esthétiques, témoignages d’expériences, visite de locaux, rencontre avec la nouvelle équipe municipale...

La performance n’est pas obligatoire. Mais il faut se décider vite. Il y a des contacts à prendre.

Avec les élus : nous sommes un certain nombre à en avoir pris l’an
dernier qui se sont pérennisés après pour d’autres actions rémunérées.

Avec les organisateurs : c’est aussi de leur responsabilité que de
pouvoir aider, logistiquement comme financièrement.

Avec nos équipes pour faire naitre l’imaginaire et le désir.

N’oubliez pas que les budgets culture se décident en octobre.
N’oubliez pas que l’état se désengage de l’irrigation culturelle des
territoires et que maintes assos très engagées dans ce domaine en souffrent.
N’oubliez pas que l’innovation est délaissée au profit du gavage des
éléphants.
N’oubliez pas que nos métiers sont encore peu connus, mésestimés, voire méprisés.

Nous avons moins de moyens. Depuis quand ça nous a fait reculer ???
Nous sommes riches cependant.

Nous avons des visuels qu’on peut réutiliser, HLM qui peut nous aider en
mettant quelqu’un sur le coup, le Fourneau et sa magnifique et
indispensable initiative de radio rue libre, la Fédé elle même, et les
Fédés régionales surtout qui peuvent faire les demandes d’autorisation
de manif et qui devraient pouvoir mettre un stagiaire ou deux sur le coup.

Et surtout il y a nous, notre sens de la démerde, et notre volonté
politique.

Pierre Prévost, secrétaire
Pour le bureau de la fédé Nationale


Sites favoris


1 site référencé dans ce secteur