Compte rendu de l’Assemblée Générale du 7 décembre 2007

mardi 22 janvier 2008
par  lafede

Les sujets à l’ordre du jour de l’AG sont :

- le bilan du Temps des arts de la rue d’après les derniers éléments chiffrés transmis par la DMDTS,
- le bilan de la journée Rue libre ! à partir des témoignages des professionnels,
- les orientations de la Fédération à l’issue du TAR pour les années à venir,
- la poursuite ou non de Rue libre !

Le contexte politique et notamment les restrictions budgétaires pour le spectacle vivant annoncées par l’Etat en 2008, de même que la situation de crise liée à l’évolution de l’intermittence font débat dans la première partie de la réunion.

Le bilan du temps des arts de la rue

Thierry Lorent rappelle les avancées que le TAR a permises pour la profession ces trois dernières années : augmentation des budgets de production notamment via les CNARs, création de nouveaux dispositifs notamment les bourses à l’écriture, accroissement des aides aux compagnies, lancement d’études, édition...
La lecture du tableau des mesures nouvelles attribuées ces dernières années permet de comprendre la répartition des masses financières. Pour que leur analyse soit complète, il s’avère important de connaître précisément les bénéficiaires de ces aides. Ces éléments seront transmis ultérieurement par la DMDTS.
Par ailleurs, même s’il y a lieu pour la profession d’être satisfaite de l’accroissement des moyens attribués par le ministère de la Culture pour les arts de la rue, il est pointé que le budget arts de la rue à la DMDTS représente un faible pourcentage (1, 64 %) des mesures annoncées pour le spectacle vivant en 2008 (soit 10, 5 millions sur les 640 millions consacrés au spectacle vivant).
Le bilan mitigé sur les moyens nouveaux dégagés par la DMDTS est à moduler car ceux-ci ont aussi rendu possible une réelle augmentation des moyens issus des collectivités locales et territoriales.

Le bilan de Rue libre !

Chacun des projets mis en place lors de Rue libre ! s’est monté de façon singulière et a participé à donner de la visibilité aux arts de la rue, notamment à mettre en valeur une cartographie des arts de la rue sensiblement différente de celle qui existait auparavant. Cela a également donné l’occasion à des projets d’émerger comme à la profession de s’organiser localement.
Globalement, Rue libre ! est un succès pour la profession qui s’est mobilisée bien au-delà des adhérents de la Fédération (environ 2000 personnes). L’impact dans la presse est réel même s’il est plus élevé dans la presse locale que la presse nationale.
De nombreuses initiatives ont permis de tisser des liens nouveaux avec les collectivités locales et territoriales.
Ce sont les projets qui ont pris la forme de troupes éphémères qui ont été les plus lourds à mettre en place.
L’initiative de la webradio s’est révélée très fructueuse notamment en terme de lisibilité pour le secteur.
L’espace d’expression créé par Rue libre représente un espace de relation/médiation avec le public et les collectivités. Cet espace est perçu comme un levier précieux pour et par l’ensemble de la profession.

Les orientations de la Fédération à partir de 2008

1) poursuite des relations avec l’Etat : comité de suivi

Dans le contexte des restrictions budgétaires de l’Etat sur l’ensemble du spectacle vivant et de fait de celui du désengagement de ce partenaire sur le champ culturel et artistique, un débat est engagé sur le rôle politique de la Fédé.
Il en ressort que les adhérents attendent de la Fédé qu’elle participe à la mobilisation de l’ensemble du spectacle vivant à la fois par le biais de la rédaction de courriers adressés à la ministre de la culture (vote : la majorité pour, une voix contre et une abstention) mais aussi par d’autres formes à inventer qui s’appuient sur notre savoir-faire en matière d’occupation de l’espace public. Ces actions se doivent d’avoir une dimension unitaire comme spécifique.
Par ailleurs, il est décidé que la Fédération demanderait la création d’un comité de suivi du temps des arts de la rue dont un des rôles sera de maintenir un espace de discussion pour l’Etat, les collectivités et la profession dans la prolongation du comité de pilotage pour le temps des arts de la rue. Cette demande sera faite le 22 janvier lors de la dernière réunion du comité de pilotage pour le temps des arts de la rue.

2) développement des relations avec les collectivités locales et territoriales

Les relations avec les collectivités sont abordées sous deux angles : celui des prochaines élections municipales et celui des relations à développer avec nos partenaires territoriaux qui restent nos partenaires principaux.
En ce qui concerne les élections, il est décidé que la Fédération propose un courrier à adresser aux candidats mettant en exergue le rôle des arts de la rue dans une politique culturelle locale. Ce courrier sera adressé à la profession mi-janvier afin que les professionnels puissent le faire circuler et l’utiliser pour interpeller les candidats locaux.
Par ailleurs, il est décidé que la Fédération s’engage dans une réflexion sur le développement des arts de la rue au niveau territorial en consultant les différentes instances associatives et fédératives telles que la Fédération nationale des collectivités pour la culture ou encore l’association des régions de France. L’action territoriale sera menée con jointement avec les Fédérations régionales.
Ce nouveau temps fort s’appuie sur les relations qui se sont développées avec les collectivités locales et territoriales au cours des trois années du temps des arts de la rue, en particulier par l’intermédiaire des représentants des collectivités -élus et techniciens- qui ont participé au comité de pilotage du temps des arts de la rue. Mais également sur les contacts pris à l’occasion de Rue libre !
L’objectif est de faire en sorte que les arts de la rue puissent exister pleinement sur l’ensemble du territoire français par le biais de mesures concrètes telles que l’accroissement des budgets de création et de fonctionnement mais aussi l’émergence et le soutien de réseaux de diffusion à l’échelle locale, la création de postes de chargés de mission « arts de la rue » dans l’organigramme des collectivités, la prise en compte des lieux de fabrique...
Les fédérations régionales ont un rôle majeur à jouer dans ces nouvelles perspectives. Comme nous l’observons depuis la création de la première d’entre elles en 2004, celles-ci en adoptant une mode de relation régulier avec leurs partenaires locaux parviennent à des résultats encourageants dont un premier qui reste essentiel : celui de faire reconnaître les arts de la rue comme partie prenante et active du paysage culturel et artistique local.

3) structuration de la fédération en région (statuts et adhésions)

Il est proposé que la Fédération modifie la composition du Conseil d’Administration afin d’intégrer davantage le développement des Fédérations en région. Le nombre d’élus nationaux serait diminué. Un élu par région, désigné par chaque fédération, ferait partie du Conseil d’Administration. Une modification des statuts sur ce nouveau dispositif sera présentée et mise au vote lors de l’Assemblée générale qui se tiendra au printemps 2008.

Il est rappelé que l’augmentation du nombre d’adhérents à la Fédération est importante afin que celle-ci soit davantage représentative de la profession. Le trésorier insiste sur le fait que les compagnies et structures de programmation ont également leur rôle à jouer dans l’accroissement du nombre d’adhérents. Les montants des adhésions en 2008 sont inchangés.

4) ouverture de groupes de travail : diffusion, lieux de fabrique/lieux partagés

La Fédération a participé à l’ensemble des groupes de réflexion menés dans le cadre du temps des arts de la rue. A l’issue de ce temps fort, des chantiers n’ayant pas abouti fin 2007 nécessitent d’être repris au sein de la Fédération.

C’est ainsi que deux groupes de travail vont être mis en place début 2008 : celui de la diffusion comme celui des lieux de fabrique et des lieux de mutualisation (lieux partagés).

Le groupe de travail sur la diffusion poursuit les travaux menés ces dernières années au sein du comité de pilotage pour le temps des arts de la rue à partir de trois axes de travail.
Le premier axe concerne le développement des réseaux de diffusion au niveau territorial, le deuxième axe est celui de la diffusion des arts de la rue dans les réseaux pluridisciplinaires (en relation notamment avec l’ONDA), le troisième s’intéresse à la dimension internationale (avec, par exemple, une reprise des relations entamées avec CulturesFrance).

Le groupe de travail sur les lieux élargit la problématique des lieux de fabrique aux lieux des compagnies qui pratiquent l’accueil en résidence et à ceux qui ne sont pas entrés dans le cadre des CNARs.

5) développement européen

A l’occasion de la Présidence française de l’Union européenne qui commencera en juillet 2008, la Fédération a l’intention de remettre des propositions pour les arts de la rue. Un groupe de travail qui réunira des représentants de la profession sera mis en place début 2008. Il réunira également les « pilotes » des regroupements existants à l’étranger notamment en Grande-Bretagne, en Belgique et en Allemagne.

Par ailleurs, la Fédération continue à avancer sur la construction d’une Eurofédé et adhérera à la Fondation européenne pour les arts et le patrimoine, réseau transversal de lobbying auprès des instances européennes.

6) Questions sociales

Le chantier sur les questions sociales se poursuit en relation avec les travaux entrepris au sein de l’UFISC. La question des contrats liés à l’action culturelle pour les artistes et de leur régulation actuelle est soulevée. C’est un sujet commun à l’ensemble des secteurs artistiques qui préoccupe la profession.

Les groupes de travail mis en place à partir des orientations développées à partir de 2008 sont pilotés par des membres du CA actuel de la Fédé ainsi que par la coordination nationale en relation avec les Fédés en région. Ils sont ouverts à tous les adhérents disposés à s’engager dans les réflexions à mener.

Référent pour le comité de suivi : Thierry Lorent.
Référents pour la structuration en région : Bruno de Beaufort et Thierry Lorent.
Référent pour la modification des statuts : Bruno de Beaufort.
Référents pour le groupe diffusion : Paco Bialek et Alexandre Ribeyrolles.
Référents pour le groupe sur les lieux : Serge Calvier et Philippe Pellier.
Référents pour les questions sociales : Serge Calvier et Thérèse Toustou.
Référent pour les questions politiques : Luc Perrot.

Poursuite de Rue libre !

Le bilan de Rue Libre ! est globalement positif et donne lieu à une discussion qui met en exergue des points de vue hétérogènes en relation avec la structuration locale pré-existante de la profession, le type de projet développé et le mode de financement.

De nombreux participants redoutent l’effet « Fête de la musique ». Certains s’inquiètent de l’absence de moyens et d’un aspect festival off qui pourrait s’accentuer. D’autres encore apprécient l’espace de liberté et d’invention que permettent des modalités basées sur le volontariat. Certains souhaiteraient être davantage accompagnés par l’Etat ou les collectivités locales et territoriales. D’autres regrettent que la médiatisation n’ait pas été plus importante.

Les avis divergent pour converger à un moment sur le rôle que Rue Libre ! a joué parfois et pourrait jouer encore davantage en tant que levier pour la profession dans son ensemble. Levier mais aussi espace d’expression original du secteur dont celui-ci pourrait continuer à s’emparer en s’appuyant sur sa spécificité et ses diversités.

En fin de séance, une consultation sur la poursuite de Rue Libre ! est faite à main levée. La majorité est pour (7 non, 20 abstentions). A l’issue du débat, il est décidé de consulter la profession ainsi que les regroupements créés en région à l’occasion du 27 octobre sur la poursuite du Rue libre ! Un appel à contribution sur les projets que la profession aurait l’intention de développer à l’occasion d’un Rue libre 2008 sera également lancé, pour un retour à la mi-janvier. Ces deux démarches seront faites via les listes de diffusion de la profession comme de la Fédé.

Nombre de participants à l’AG : 114 dont 42 non-adhérents

Nombre de votants (procurations comprises) : 106

Nombre d’adhérents à la Fédé au 7 décembre 2007 : 202