Compte-rendu "Lieux de Fabrique et Lieux de création" - La Fédération Nationale des Arts de la Rue

Compte-rendu "Lieux de Fabrique et Lieux de création"

Angers (8 septembre 2001)
samedi 8 septembre 2001
par  lafede

Présentation de la Radioscopie des 9 lieux de fabrique conventionnés (Jean Chamaillé)

A l’initiative de la Fédération, une enquête dont le but est le recensement des lieux ayant pour mission d’accueillir des compagnies en résidence est en cours.
Dans une première étape, ce sont les lieux aidés financièrement par l’Etat qui ont été répertoriés au nombre de neuf. Ils se répartissent de la manière suivante :
- 6 lieux de fabrique : à l’origine, liés à des structures de diffusion (Atelier 231, Les Haras, La Fabrique, le Fourneau, L’Abattoir, Lieux Publics).
- 3 lieux de création partagée : à l’origine, lieu de compagnie (Moulin Fondu, Citron Jaune, La Paperie).

Un document de synthèse "Lieux de fabrique", achevé en février 2001, est consultable sur le site de la Fédération

Présentation de la nouvelle enquête (Jérôme Plaza)

La seconde étape de cette étude, en cours, se consacre au recensement d’autres lieux tenus par des compagnies et non subventionnés par l’Etat. Des questionnaires ont été envoyés à une trentaine de structures.

Ils n’ont pas encore été dépouillés, mais il est possible d’ores et déjà de préciser les points suivants. Ces lieux sont :
- soit des lieux d’emblée partagés par plusieurs compagnies,
- soit des lieux qui accueillent d’autres compagnies,
leurs modes de fonctionnement ainsi que leurs statuts sont très différents.

Cette seconde partie devrait être achevée courant octobre.
Le but général de cette étude est, au final, de :
- comprendre les différents principes de fonctionnement,
- montrer l’importance de ce réseau pour les arts de la rue, en particulier dans le domaine de la création, face à la faiblesse des aides institutionnelles.

En résumé, il s’agit de montrer au Ministère de la Culture la richesse de ces lieux et de mettre en relief cette spécificité des arts de la rue afin d’obtenir de nouveaux financements.

Débat : quelles attentes de la part des compagnies ? Quels pièges à éviter dans la structuration de ces lieux ?

Voici quelques réflexions importantes qui ont été soulevées au cours du débat :
- Problème du nomadisme et de l’éparpillement : les résidences sont en général courtes en raison du manque de moyens financiers des lieux. Cela oblige les compagnies à faire "le tour de France" pour boucler leur budget.
- En corollaire, il semble donc important qu’il y ait des pôles forts, dotés de moyens financiers importants, afin d’accompagner les projets les plus risqués. Mais ce ne doit pas être un prétexte pour empêcher la création et le soutien d’autres lieux, de plus petites dimensions, non labellisés...
- Il ne faut pas non plus que les compagnies soient obligés de passer en résidence dans certains lieux de fabrique, passages obligés pour être programmés sur les festivals, voire simplement pour boucler leur budget de production.
- Les compagnies sont en demande d’un véritable accompagnement (financier, logistique, conseils…), en amont comme en aval de leur période de résidence.
- Problème des critères pour accueillir les compagnies : la nature des demandes dépend de la capacité des lieux.
- Constitution d’un réseau de compétences et d’outils à travers la France par ces lieux de fabrique : en outre, il serait utile à terme trouver un lien avec la commission formation.

Présentation du rapport Lextrait sur les lieux alternatifs (Alain Taillard)

Voir le rapport complet sur le site du Ministère

Cette étude a été commandée à Fabrice Lextrait par le Ministère de la Culture afin de cerner le mouvement récent des lieux dits alternatifs. En dehors d’un état des lieux le plus complet possible, permettant d’expliciter les fondements communs de ces initiatives, le but de cette enquête était d’esquisser un ensemble de réponses destinées aux institutions, afin qu’elles puissent envisager un véritable accompagnement (logistique, technique, financier...).

Il s’agissait bien d’une étude prospective et analytique, "une approche de terrain", auprès des lieux rassemblant plusieurs modes d’expression artistiques différents, qui se sont constitués de façon autonome et indépendante.

F. Lextrait a procédé en deux étapes :
- l’envoi d’un questionnaire à une trentaine de lieux (dont 2 spécifiques arts de la rue),
- une série d’entretiens, sur place, avec des représentants des "lieux" et les collectivités locales.

Voici quelques conclusions très rapides de ce rapport (il est possible de trouver un résumé plus étoffé, distribué au début de la réunion, auprès de la Fédération) :

Ce sont des lieux
- de recherche partagés
- de diffusion
- et d’initiation, de pratique, de formation...

S’il est très difficile de leur trouver des caractéristiques communes (les réalités de fonctionnement et les expériences sont très différentes), F. Lextrait a constaté toutefois que :
- certains sont dans une précarité financière et matérielle, parfois proche de l’illégalité (occupation des locaux, sécurité limitée…),
- ce sont des lieux originaux où règne un grand espace de liberté ayant "pour but de faciliter l’accès à des formes artistiques et culturelles négligées dans les équipements traditionnels"
- ces lieux tentent de trouver de nouveau modes de relations aux populations locales.

Fabrice Lextrait ne fait pas d’analyse qualitative sur les réalisations…

Actuellement, sur la plupart de ces expériences, le Ministère n’agit pas en direction de ces lieux de manière spécifique. Aucune labellisation n’est envisagée.
En fait, ce rapport n’apporte pas de solutions directes, si ce n’est qu’il préconise la mise en place d’une mission interministérielle, notamment pour lutter contre sa précarité. Des rencontres thématiques, devraient être mises en place, par secteur géographique, à l’automne 2001. Une équipe opérationnelle devrait être créée ? Les collectivités locales devraient être sollicitées. Comment ?
(Pour de plus amples renseignements, il vous est possible de consulter la "Lettre d’Information du Ministère", n°85.)

Débat : Qu’est-ce qui singularise les lieux de fabrique aux arts de la rue, des autres lieux repérés dans cette étude ?

La question reste posée. Il est important d’affirmer qu’il existe de nouveaux espaces de création en dehors du réseau institutionnel, qu’il serait bon de les repérer et de mettre en place un dispositif d’aides qui pour le moment reste très flou.

Il faut donc proposer de nouvelles formes pour ne pas rentrer dans les schémas existants, mettre en avant cette demande : "ne plus être cambrioleur pour inventer. Cela ne rend pas meilleur créateur" (B. Schnebelin).

La coordination de la Fédération


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