2005-2006, les arts de l’urbanité (Contribution de Maud le Floc’h)

[OPERATION « R COMME AMBU-LANCES »]
vendredi 19 novembre 2004
par  lafede

« Street isn’t any more in street. It has now to disappear or equal the rest of the arts »
« La rue n’est plus dans la rue, elle doit désormais mourir ou s’égaler au reste des arts »
Mourgerat Yarcenir

PRÉ-PRÉALABLES

Aims of a high-light event
Porter à la connaissance des publics (grand, pro, prol, agité, inerte, prescripteur, somnambule...) la dimension contemporaine des arts de la rue et de la création artistique hors les murs, tant sur le plan de ses écritures scénographiques, techniques, néo-textuelles, que sur celui de ses considérations particulières aux publics.

[<<< les arts de la rue comme l’un des éléments de réponse à la crise ambiante, à la dépréciation sournoise du paysage du spectacle vivant.
(« enfermement » du spectacle vivant, économie subventio-dépendante, crise esthétique, de publics, hors jeu sociétal ...) ]

Objectif double : Infiltrer-inviter
Infiltrer (percoler) les réseaux et les circuits dits "conventionnels" et inviter les formes artistiques émergentes, émergées (voire submergées) à venir se frictionner avec des « façons tout terrain », avec des « savoirs faire du contournement », avec des « prêts à tout », multipistes...

[<<< Les arts de la rue comme décloisonneur de genres, des espaces et des espèces... combinateurs, connecteurs, « inoculteurs »...]

Espace métaphorique d’une opération plein feu sur les arts de la rue
La célébration n’étant pas exactement le registre de prise de parole des arts de la rue, il s’agit, dans le cadre d’une opération plein-feu, d’introduire une particule illicite, un pas de coté, ou un pied de nez, caractéristiques de nos signatures.

(Pour mémo, la manif de droite, création sortie du chapeau de quelques artistes de rue lors de l’occupation artistique de Chalon, a rallié la profession et a offert une perspective inattendue.
(Manif reprise actuellement quasi texto (en anglais ds le texte) par les anti Bush à New york )

>>> Forme, la Formule, Formulation contemporaine pour désigner le sens et le fondement de cette opération-phare, (convocation du mode bouffon, celle du fol institutionnel...), pour ne tendre ni vers une reconstitution historique, ni vers un panégyrique de l’amusement public...

Plutôt qu’une année des arts de la rue, je propose pour amorcer la pompe :

- Inscription des arts de la rue au « matrimoine* » de l’urbanité
- Opération land-act*
- Le Carnaval des hyper-contextuels
- Les arts échappés, les arts évadés
- Stop events !
- /...

Words SGDG created by Bruno Schnebelin, Ilotopie

QUELQUES EQUATIONS SOUS l’OPERATION

1 > Une équation de communication en direction du grand public
Image des arts de la rue, constellation d’inventivités & de créativités...
>>> opération médiatique, médiatisée (compagnonnages avec presse nationale - internationale, & journalistes) achat d’espace, partenariats média, commande de documentaires...

>>> Appuyer sur la spécificité française du secteur

2 > Une équation « éducative », didactique en direction des néo-programmateurs (élus, services des collectivités territoriales, services communication, agences événementielles...)
Détection des atouts et limites de ces nouveaux espaces de programmation :
- Atouts : clés des territoires, moyens nouveaux, « candeur partenariale »
- Limites : instrumentalisation, municipalisation, « candeur partenariale »

Ces espaces de programmation, non codifiés, vierges d’empreintes hyper-professionalisées, au service d’intérêts diversifiés (territoriaux, promotionnels ou électoralistes) peuvent-ils servir le déploiement artistique du secteur , même si maîtrisé ?

[<<< L’art de programmer, l’art de « chorégraphier » des propositions dans des contextes les plus divers comme maillon essentiel, garant du sens et des esthétiques...]

>>> Balises à poser :
- Proposer à ces néo-programmateurs de souscrire à une charte d’accueil de propositions artistiques hors les murs,
- Suggérer l’engagement de ceux-ci à concevoir des projets au delà de l’événementiel (diffusion, cartes blanches, accompagnement), ou selon certaines modalités, moyennant des aides spécifiques de l’Etat
- Travailler en collé-serré avec le groupe parlementaire et avec l’ONDA

3 > Une opération en direction du paysage artistique professionnel, les créateurs, les diffuseurs.
A - Dans ce qu’ils offrent comme visibilité, les arts de la rue apparaissent, au regard de certains milieux culturels et artistiques égratignés, bourssoufflés « échymosés », de par leurs pluralités, leurs démonstrations et idéologies parfois contradictoires, leurs postures largement schizophréniques... (ndlr : Des troubadours, saltimbanques vaguement modernes oscillant entre deux feux : le sceptre et la marotte, le politique et le poétique...)

B - Répulsion-attraction
En proposant une alternative à la notion de « lieu » de diffusion, « d’équipement », en ré-interrogeant la logique d’établissement, et par conséquent d’investissement dédié, les arts de la rue contiennent les signes d’un dérangement pour ceux là même.
A contrario, ils constituent une passerelle non négligeable vers des publics, vers des articulations avec la société permanente, avec la collectivité...

C - Les arts de la rue étant rarement des « prêts à programmer ».
Ils exigent des savoir-accueillir particuliers, rares dans les structures de programmation établies.

>>> Comment les structures de diffusion généralistes (SN, théâtres conventionnés, scènes culturelles...) peuvent-elles intégrer la question de la création en espace public ? -
- en renforçant ponctuellement leurs équipes (notamment techniques, et de communication)
- en ayant recours à la BNITAR (brigade nationale d’intervention technique des arts de la rue) (sic !)
- en prétendant à un fonds spécifique (inter directionnel, interministériel, intersectoriel, interrégional, d’innovation culturelle...),
- en élargissant leurs conventions, notamment avec les collectivités territoriales,
- en multipliant et en incitant les croisements avec des artistes associés « rue »....

[<<< Les arts de la rue comme experts de l’art vivant en horizons publics]

Coté créateurs, l’invitation qui est faite à ceux qui cherchent à sortir des formes et des formats « traditionnels » (ou qui en sont déjà sortis), se traduit par la mise à disposition pratique et concertée de compétences, d’outils de navigation, d’attitudes, de clés de contact spécifiques « rue ».

4 > Les arts de la rue, « Feng shui » des territoires...
Une opération structurante, vénérable, et non exclusivement événementielle.

>>> Asseoir une cartographie des points d’ancrage du secteur, de leurs rayonnements et « innervances ».

- Combiner les équipements, les lieux, les équipes arts de la rue à d’autres structures précisément sur leurs savoir-faire, leur savoir-être urbain, éclectiques, amènes et/ou audacieux.
- Labelliser quelques centres de productions « nationaux » et « internationaux » sur ce thème et favoriser, à une autre échelle, des alliances objectives de structures « arts de la rue » (lieux, compagnies...) avec les structures en place CDN, CCN, CCC, SN, en compagnonnage

[<<

{{5 > Une opération en direction des œuvriers en « questions »
Une opération de réflexion interne, au service de la profession

>>> Permettre aux artistes et techniciens aux qualifications souvent généralistes de se situer dans la sphère de la création artistique. (mes compétences je les mets au service de l’art ? Si non ? au service de la collectivité, de l’éducation, de la communication, du territoire, de la démocratie participative ?...)
Auto-identification / auto détermination (affirmation, confirmation ou désistement...)

- Mise en place de dispositifs de formation et/ou de reconversion
- Contribution au chantier de définition des nouveaux métiers, nouveaux emplois. Les arts de la rue ont affirmé et ou confirmé des profils nouveaux, une autre segmentation de l’activité artistique et du processus de création, des polyvalences, des logiques de travail (à développer dans le cadre du renouvellement du ROME, répertoire des métiers et emplois...). Par ex Metteur en piste urbaine, Producteur-directeur technique, Médiateur technique d’événement d’espace public, Acteur-régisseur, Auteur-déménageur (parce que c’est aussi en chargeant et déchargeant le camion que se fomentent des récits...), Montreuses d’ours, etc.

6 > Faire circuler la pensée issue des arts de la rue
- Concevoir depuis notre propre expérience un appel à projets européens sur des thématiques de création en espace public
- Agencer des séminaires mobiles sur la question des « arts et la ville », co-pilotés par des collectivités territoriales, autour de sujets particuliers à la lisière de préoccupations artistiques contextuelles et de préoccupations de contextes non exclusivement artistiques... (je développerai en + clair pour ceux que ca intéresse !)
- Théoriser de nouveaux principes de navigation dans l’espace public, issus de démarches artistiques, poétiques, hyper textuelles
- /...

>>>Thèmes :
- Le festif réinventé
- L’espace public interprété
- Le public actif , l’interacteur, l’alteracteur, l’alter-auteur
- La tension dramatique entre texte et contexte
- Le technique élément d’écriture dramaturgique (machines, constructions)
- Le vivant dans la ville
- Le conte, l’épopée, l’aventure partagée
- L’arte povera, le système D, l’inventivité, le contournement de la règle,
- L’économie accidentelle
- Le tout terrain
- /...

>>> Contenus
....au prochain courrier

Maud le Floc’h
qui parle d’où, en croisant quoi :
- Compagnie Off/polAU - Tours
- Mission Repérage(s), un élu-artiste (auteure) - réalisation avec Lieux Publics Centre National
- FAIAR (conseil de suivi pédagogique)
- Festival Rayons Frais , les arts et la ville- Tours
- LabAU (laboratoire urbain) - Paris


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