Actions été 2001

Parole de la Fédération Bilan
Sotteville Annonay Chalon Morlaix Aurillac Angers

La Fédération, association professionnelle des arts de la rue appelle à la création d'un ministère de la culture

Imaginons un ministère qui soit force de proposition dans la définition de la politique du gouvernement et porte la parole alternative des artistes comme parole politique.

Imaginons un ministère qui ne favorise pas un secteur culturel à deux vitesses : d'un côté, les institutions et leurs salariés permanents dotés d'outils de plus en plus sophistiqués ; de l'autre, les artistes indépendants, alchimistes du système D, bénévoles à plein temps, salariés par intermittence.

Imaginons un ministère qui ne délègue pas son rôle d'expertise artistique aux collectivités territoriales en leur attribuant par défaut un pouvoir de décision sur l'avenir des compagnies et l'horizon culturel en général.

Imaginons un ministère qui soit pilote de projets interministériels et garde la main en matière de décision artistique et culturelle dans les nouveaux schémas d'aménagement du territoire.

Imaginons un ministère qui soit un ministère des cultures.

Bref,
un ministère de la culture qui n'oublie pas que l'artiste est à la source de son ministère.

Que serait la politique de ce ministère en faveur des arts de la rue ?

Accompagner intelligemment la structuration d'un secteur dont il a plébiscité et permis l'émergence ;
S'engager courageusement en faveur d'une politique de recherche et d'expérimentation dédiée à la création en espace public ;
Miser sur les Arts de la Rue comme défricheurs de nouveaux contacts avec le public et créateurs de nouvelles formes d'action culturelle ;
Prendre en considération les spécificités de la chaîne de production et de diffusion du secteur des Arts de la Rue ;
Etre un partenaire fort et constant, engagé face à la versatilité des collectivités locales ;
Inviter le réseau des scènes qu'il subventionne (scènes nationales, conventionnées, CDN…) à diffuser les productions des Arts de la Rue en leur " facilitant la ville " ;
Avoir, dans le contexte de la construction européenne, une parole audible et ferme en faveur de pratiques artistiques innovantes ;

(liste ouverte et évolutive, version du 12 juin 2001)

Les arts de la rue sont un pan vivant de la création contemporaine

Nous sommes :

  • Des créateurs et des explorateurs de formes contemporaines du spectacle vivant dans l'espace public ;
  • Des inventeurs de formats originaux et déformateurs de formats traditionnels ;
  • Des équipes par essence composites, trans-disciplinaires et trans-savoir-faire, coutumières d'une économie de système D, ayant une relation à l'argent public saine et courageuse ;
  • Une profession solidaire (des compagnies, des festivals, des amateurs d'art vivant) qui construit un paysage et un réseau selon une intelligence "territoriale" ;
  • Une expression artistique politique parce que publique et territoriale, donc sensible et exposée aux pouvoirs locaux ;
  • Des producteurs d'œuvres dont l'originalité est fortement reconnue à l'étranger, signant une spécificité française.

Nous posons la question :

  • Du vivant dans le spectacle et dans la ville ;
  • Des écritures artistiques à l'échelle d'espaces hors les murs ;
  • Du renouvellement du rapport de l'art à la cité et aux citoyens ;
  • De l'art dans le festif ;
  • De la part créative dans l'événementiel ;
  • Des formes artistiques populaires et de leurs risques de récupération.
18 millions de spectateurs
  • 1 français sur 2 a déjà assisté à un spectacle de rue
  • 1 français sur 4 a vu un spectacle de rue cette année
2000 spectacles par an
  • dont 1 sur deux est diffusé à l'étranger
35 millions de francs attribués par le Ministère
  • soit 0,2% du budget du Ministère de la Culture,
  • soit 1% du budget DMDTS (Direction de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles)
  • soit la moitié du budget attribué à un seul théâtre national.

(sources du Ministère de la Culture)


"Pour la création d'un Ministère de la culture !"

Aujourd'hui, de nombreux artistes et groupes d'artistes inventent leur art aux vues et sus de tous, parmi ou avec les gens, dans les lieux infinis des espaces publics.

Ces nouveaux artistes qui n'ont pas choisi seulement les habituels consommateurs de la culture comme public, se retrouvent face à l'indifférence de leur ministère de tutelle et des institutions culturelles.

Pourtant, ne pas donner les moyens de chercher et de travailler à des cultures populaires contemporaines, c'est brader nos espaces communs à la vitrine marchande et aux dérives des fêtes commerciales ; c'est aussi faire peu de cas d'un mouvement artistique qui construit tout un paysage (des rendez-vous peu communs, des lieux de fabrique, des dispositifs d'innovation) avec exigence, souplesse et intelligence territoriale.

La Fédération - Association Professionnelle des Arts de la Rue -, collectif représentant les artistes, les programmateurs et les passionnés de l'espace public, demande la création d'un vrai Ministère de la culture, accompagnant solidairement ces artistes et les publics.

Cher public, nous comptons sur vous pour manifester votre soutien. Trouvez notre carte postale et répondez à notre appel !

Ce texte est publié par les festivals et les manifestations des Arts de la Rue de l'été 2001

Présence de la fédération sur les
festivals arts de la rue 2001



Festival Viva Cité à Sotteville-lès-Rouen : Du 22 au 24 juin 2001
Festival de la Manche à Annonay : Du 29 juin au 1er juillet 2001
Festival Chalon dans la rue à Chalon sur Saône : Du 19 au 22 juillet 2001
Festival Eclat à Aurillac : Du 22 au 25 Août 2001
Festival Les Arts dans la Rue à Morlaix : 14 et 15 août 2001
Festival Coup de Chauffe à Cognac : Du 7 au 9 septembre 2001
Festival Les Accroche-Cœurs à Angers : Du 7 au 9 septembre 2001
Festival de Ramonville : Les 14 et 15 septembre 2001
Festival Les Rencontres à Lille : Du 22 au 28 septembre 2001