Une année des arts de la rue ? (Jean-Marie Songy)

mardi 12 octobre 2004

On peut se poser tout d’abord la question du pourquoi « une année des arts de la rue » dans une période aussi tendue socialement.
N’allons-nous pas faire le jeu d’une politique culturelle généralisée sur notre territoire qui aurait tendance à prôner une culture de masse au détriment d’un rapport artistique de proximité et d’innovation que nous défendons tous dans le spectacle vivant ?

Il s’agit donc, si nous décidons de nous engager dans cette idée, de bien affirmer notre secteur comme un espace de création, de recherche et de démocratisation d’accès aux cultures et à l’art dans toute sa candeur.

Je crois avoir entendu que le projet qui est dans les têtes à ce jour est plus large que simplement une année consacrée aux spectacles de rue, le souhait de faire une sorte d’année dédiée aux « arts dans la ville » ou aux « arts urbains » ou aux « arts et la ville ».
Ce qui fait penser que nous « le spectacle de rue » serions une partie de ce coup de projecteur, ce qui ne nous empêche pas d’être à l’origine de cette manifestation et de la mettre en œuvre.
On peut donc dire que c’est une bonne idée car elle ouvre à un ensemble de manières et de passions pour l’art dans les espaces publics ?

Pour ma part cela pourrait m’aller, cependant dans le domaine « des arts vivants d’espaces urbains » nous, « le théâtre de rue », sommes le secteur le moins soutenu au regard des résultats publics obtenus depuis vingt ans. C’est un argument dangereux mais c’est une réalité, le théâtre de rue est présent dans un nombre incalculable de cités, et cette façon de poser l’acte artistique près de tous est unique et très responsable. C’est pourquoi les moyens doivent être orientés sur notre secteur spécialisé du « théâtre de rue ».
Il y a débat sur le titre de cette opération entre, « spectacles », « théâtre » et « arts ». Personnellement, je milite pour le « théâtre » avec toutes ses formes dérivées et métissées que nous connaissons aujourd’hui.

Mise en garde

Il faut donc affirmer cette « année des arts de la rue » comme un moyen de développement de notre secteur, et non comme un effet uniquement médiatique.

Nous devons exiger la pérennisation de tous les moyens affectés à cette opération pour les années à venir. Exiger une vraie politique d’accompagnement de la part du ministère et de toutes les collectivités locales à tous les niveaux : formation, recherche, création et diffusion.

En effet, pour ceux qui ont suivi « l’année des arts du cirque », le constat est amer car toutes les mesures de dynamisations réelles dans le domaine des formations et de la mise en place d’outils d’accueil en résidence (pôles cirques) n’ont jamais été suivies de vraies mesures d’accompagnements financiers pour l’aide à la création et sa diffusion.
On constate ainsi que tous les jeunes formés ces cinq dernières années ne trouvent que très peu de débouchés. Ceux-ci peinent à s’insérer dans les professions du spectacle de création.

La mise en œuvre

La fédération doit déterminer le cadre de cette année, ou saison des arts de la rue, et créer une organisation spécifique pour sa mise en œuvre. C’est un travail qui va demander qu’un comité représentatif de notre secteur soit créé au sein des membres de la fédération mais pas que. Ce comité aurait pour principale mission de faire un « pré cadrage » de cette manifestation, une sorte de cahier des charges qui serait adopté par le CA et présenté aux futurs partenaires.
Se posera lors de cette présentation la question fondamentale de l’organisation, de la structure de décision, et de la représentation en son sein.
Il doit être exigé un budget croisé entre différents ministères et toutes les collectivités locales possible, celles-ci étant concernées au premier chef par cet art. Cette organisation doit maîtriser le budget.

Le contenu

C’est sûrement le plus complexe des sujets à traiter car il recouvre tous nos désirs de voir enfin notre secteur atteindre un vrai niveau de reconnaissance institutionnelle, et en même temps garder une capacité de spontanéité d’intervention.
Si nous acceptons le fait que cette manifestation se veut large dans les sujets qui concernent l’art dans les espaces publics, il nous faudra aborder de grands thèmes qui demanderont de nous entourer de personnalités extérieures au simple théâtre de rue.

On peut donc se poser les questions de dynamisation de cette manifestation sur les sujets suivants :
- La formation.
- La création.
- Les résidences.
- Les lieux de fabrique.
- Les centres nationaux.
- Le rayonnement et la diffusion des œuvres.
- Les festivals.
- Les saisons arts de la rue.
- La commande publique.
- Les débats théoriques.
- L’inter-ministériel.
- Les cultures urbaines.
- Les territoires.
- La multiplicité des secteurs concernés.
- L’architecture.
- L’urbanisme.
- La sociologie.
- L’anthropologie.
- Les arts plastiques et la sculpture urbaine.
- Les traditions.
- Les dates de cette manifestation.
- Un programme, les éditions et les publications.
- La communication.
- La presse.
- ...

Et ce n’est pas fini. Ce n’est que le commencement d’une grande aventure. Je tiens à vous dire que je suis disponible pour avancer avec ceux que cela va concerner dans cette idée d’une année ou saison des arts de la rue.

Amitiés
Jean-Marie Songy
Mardi 14 avril 2004


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