Séance du 30 septembre 2004 - HLM(Paris)

mardi 12 octobre 2004
par  lafede

Etaient présents : Jean Digne (HLM), Stéphane Simonin (HLM), Daniel Andrieu (Atelier 231), Pascale Petit (groupe d’études parlementaire pour les arts de la rue), Isabelle Loursel (Ville de Sotteville-lès-Rouen), Anne Guiot (APCAR), Philippe Saunier-Borrell (Pronomades), Elena Dapporto (DMDTS), Marie Moreau-Descoings (DMDTS), Rémy Bovis (Ville de Paris), Karine Delorme (Ville de Chalon-sur-Saône), Jean-Marie Songy (Eclats /Furies), Claude Morizur (Le Fourneau), Pierre Sauvageot (Lieux Publics), Jean-Raymond Jacob (La Fédé), Pierre Duforeau (KompleX KapharnaüM), Antoine Cassan (Région Ile de France), Maud Le Floc’h (Cie Off), Pascale Canivet (La Fédé).

Invités : Katell Pouëssel (DRAC PACA), Antoine-Laurent Figuière (DRAC Bourgogne), Marie-Claire Riou (DRAC Midi-Pyrénées), Bernard Bellot (le SAMU), Thierry Lorent (Annibal et ses éléphants).

Excusés : René Marion (Coup de Chauffe), Alain Taillard (Cie Jo Bithume), Bruno Schnebelin (Ilotopie), Ema Drouin (Deuxième groupe d’intervention).

La réunion portait sur « les enjeux d’un temps fort pour les arts de la rue ». Lors des réunions suivantes, deux autres thèmes seront débattus : les partenaires des arts de la rue et leurs modes de partenariat (le 21 octobre) ; l’organisation et la méthode de travail adoptées pour la préfiguration en 2005 (le 25 novembre). Il est convenu que la mise au point du livre blanc nécessitera éventuellement de fixer une dernière séance de travail.

Le livre blanc sera nourri des débats du groupe de travail comme des contributions écrites de ses membres.

Les contributions que leurs auteurs ont accepté de rendre publiques sont accessibles sur le site de la Fédération des arts de la rue

Postulats ou fondamentaux

Postulat : nom, proposition qui ne peut être démontrée, mais qui est nécessaire pour établir une démonstration.
Fondamental : adjectif, 1) qui sert de fondement ; qui a un caractère essentiel et déterminant. 2) qui se manifeste avant toute chose et à fond.
Le Robert illustré d’aujourd’hui en couleur(1996).

La question des enjeux commence par la clarification préalable d’un certain nombre de postulats ou fondamentaux. La première partie de la réunion est consacrée à la formulation des éléments constitutifs du temps fort pour les arts de la rue.

- A quoi cela sert-il ? A consolider et développer la structuration du secteur en premier lieu. Puis à célébrer. Ensuite à communiquer, non pas sous forme d’opérations médiatiques d’envergure, mais pour palier la méconnaissance du public comme des partenaires.

- De quoi s’agit-il ? De mettre l’accent sur les arts de la rue, dans l’acception professionnelle des termes, à savoir en concentrant cette notion sur trois dimensions : le spectacle vivant, le rapport et le jeu avec le public, l’espace public en tant qu’espace de jeu. Ainsi, le coeur du sujet est bien le spectacle vivant pour l’espace public, quelles que soient les disciplines artistiques concernées. Les domaines artistiques étendus à l’art dans la ville, l’art des villes , ou autre terminologie mettant en relation art et territoires, architecture, urbanisme... peuvent être concernés en périphérie.

- Quelle est sa durée ? La notion d’année étant davantage liée aux contraintes des exercices budgétaires qu’à une durée signifiante pour le secteur, c’est l’inscription du temps en tant que moment repéré qui est essentielle. Il est suggéré que l’opération envisagée soit désormais appelée “ le temps des arts de la rue ”, suggestion qui rencontre l’adhésion de l’assemblée. Ce temps commence par une période de préfiguration, en 2005, qui s’appuie sur la déclaration du ministre de la culture attribuant 2 M ¤ pour lancer une initiative forte pour le secteur. Il se poursuit, dans toute son ampleur, en 2006. Ces deux années sont à considérer comme une période d’impulsion donnant lieu à des développements ultérieurs.

- Qui est concerné ? Les artistes. Le public. Les collectivités locales et territoriales. Les artistes sont ceux qui jouent avec la population. Le public est au centre des arts de la rue, non en tant que sujet du lien social, mais en interactivité avec les productions artistiques. Les collectivités locales sont garantes de l’espace public en tant qu’espace commun.

Les enjeux

Enjeu, nom : 1) argent que l’on met en jeu au début d’une partie et qui doit revenir au gagnant. 2) Ce que l’on peut gagner ou perdre, dans une compétition, une entreprise.
Le Robert illustré d’aujourd’hui en couleur (1996).

Le résumé des enjeux du temps des arts de la rue se concentre sur trois points, en fonction du point de vue considéré : celui de l’État, celui des collectivités, celui de la profession.

- Enjeux pour l’État :
Pour le Ministère de la culture et de la communication, il s’agit de donner davantage de moyens à un secteur en développement. Ces moyens peuvent être amplifiés par l’apport éventuel de directions du ministère de la culture autres que la DMDTS, mais surtout par celui d’autres ministères, ainsi que des collectivités locales et territoriales. Les deux millions d’euros attribués en 2005 amorcent le mouvement.
Par ailleurs, ces mesures interviennent au moment où l’État passe d’un mode de comptabilité publique à un autre dans le cadre du changement de la loi de finances et où le rôle des préfets de région et des services de l’État en région est réaffirmé dans la gestion des crédits déconcentrés (plus de fléchage, par exemple). Lancer une telle opération représente également un enjeu en termes de structuration territoriale pour lutter contre les déséquilibres actuels. De plus, si les collectivités territoriales s’emparent de l’occasion, cet aspect du projet peut correspondre à deux des trois programmes élaborés pour le Ministère de la culture. Non seulement celui correspondant au soutien de la création, mais aussi à celui concernant la transmission des savoirs et l’action territoriale.
Enfin, un des enjeux est de questionner les axes qui ont été développés jusqu’à récemment par le ministère et qui ont donné lieu à la création des réseaux institutionnels. Ces réseaux doivent aussi être sollicités dans le cadre du temps des arts de la rue.

- Enjeux pour les collectivités locales et territoriales :
Pour les collectivités locales et territoriales, les enjeux sont multiples et liés au développement singulier des territoires. La structuration des arts de la rue se pose en terme d’aménagement du territoire. Elle est en lien notamment avec la construction des régions. Le temps des arts de la rue doit avoir un sens qui dépasse le seul apport financier, sens dont la déclinaison sera modelée en fonction de la diversité des territoires.
Ce qui intéresse serait peut-être davantage de l’ordre des pratiques artistiques et de leur incidence sur le lien social. Les arts de la rue ont une relation très sensible aux politiques locales et peuvent poser la question de l’indépendance des projets artistiques.
L’artiste dont l’espace de création et de jeu est public peut aussi permettre d’ouvrir des portes et de trouver des réponses aux tentatives de « privatisation », voire même de sanctuarisation de l’espace public.
S’engager sur le temps des arts de la rue questionne le mode de collaboration État/collectivités.

- Enjeux pour la profession :
Pour la profession, les enjeux sont à la fois d’ordre artistique, économique et social. Il s’agit de les concentrer sur les éléments structurants pour notre secteur à moyen terme comme à long terme.
Il est utile de rappeler que le premier d’entre eux est de trouver des solutions acceptables pour remédier à la crise aiguë de l’emploi artistique et culturel.
Ce préalable assuré, l’art doit rester au premier plan.
Le temps des arts de la rue doit permettre des ouvertures pour la profession, en termes de moyens de création, d’outils comme d’aides à la production et à la création.
De nouveaux modes de diffusion doivent se développer et contribuer à étendre nos pratiques culturelles et artistiques sur l’ensemble du territoire, et notamment en s’appuyant sur les réseaux de diffusion institutionnels.
Le temps des arts de la rue doit être aussi un moment de relations avec les professionnels étrangers, des relations sous forme de réciprocité.
La difficulté pendant la période de préfiguration est de lever des fonds auprès des collectivités publiques. Cette levée de fonds suppose une approche “ au cas par cas ”. Ses résultats seront variables, notamment en fonction du degré de sensibilisation aux arts de la rue des interlocuteurs interpellés par les professionnels.
La Fédération a un rôle à jouer pour accompagner les démarches locales.

Remarques diverses

- Le temps des arts de la rue doit être considéré comme un dû et non comme l’occasion de prouver que les arts de la rue sont inventifs.
- Il est essentiel de réfléchir à l’image et au message que nous voulons faire passer sur ce moment, même s’il ne s’agit pas de faire de ce temps un moment médiatique.
- La question du moment où une parole forte du ministre annonçant le lancement du temps des arts de la rue est posée.
- La crainte la plus fréquemment entendue est celle d’une concentration de ce temps sur un noyau “ historique ” des arts de la rue et son incapacité à s’ouvrir.


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