Réunion avec HLM (10/02/00) - La Fédération Nationale des Arts de la Rue

Réunion avec HLM (10/02/00)

jeudi 10 février 2000
par  lafede

Une réunion détendue mais cependant violente où des vérités essentielles se sont échangées. Qu’en restera-t-il demain ?

Présents : Jean-Luc Baillet (JLB), Stéphane Simonin et Emmanuel Wallon (EW) pour HLM - Philippe Chaudoir, Catherine Coppéré-Jannelle, Maud Le Floc’h, Pierre Sauvageot et Anne Guiot pour La Fédération.

Malaise général

En début de réunion, EW constate "quelques ratés" durant l’année écoulée et bien qu’il ne "comprenne pas le film passé", souhaite "écrire ensemble le scénario suivant".

La Fédération souhaite en revanche faire part du malaise général ressenti au sein de la profession à l’égard d’HLM : les projet d’activités 1999 et 2000 d’HLM traduisent une volonté d’hypercroissance alors même que ses missions propres ne sont pas réalisées en adéquation avec l’attente de la profession. Le ministère évoque quant à lui "l’activisme" d’HLM les enjoignant à ne plus "faire la politique de l’Etat à la place de l’Etat..." HLM est perçu comme une structure autonome pas plus relai du politique que haut parleur des gens de métier. La Fédération souligne le dysfonctionnement d’une structure qui, bien que n’étant pas libre de ses mouvements, n’en reste pas moins un électron libre.

Un seuil dangereux semble être actuellement franchi : jusqu’alors, HLM provoquaient cris et indignations ; maintenant, ce sont la lassitude et le désintérêt qui prévalent. Les desseins d’HLM sont désormais menacés par deux dangers : l’illégitimité (si les Arts de la Rue peuvent exister sans HLM, l’inverse est faux), le soupçon (ce qui ne se masque pas mais peut éventuellement se compenser par un surcroît de communication).

La réponse d’HLM tient essentiellement en deux points :

- Le bilan positif du travail effectué avec le cirque : "Il n’y a pas de raison qu’on y arrive pas avec vous... C’est une question de méthode".
Bien que JLB affirme que l’adjonction du cirque à HLM (par défaillance de l’Andac) soit un "recul pour le secteur et une erreur de fond pour HLM" ; bien qu’il y ait eu, au début, dilemme entre le cirque traditionnel et le nouveau cirque, l’émergence de ce secteur semble désormais enclenchée et HLM s’en fait la cheville ouvrière notamment par la proposition d’Année du Cirque mais également par la campagne d’information suite aux conséquences de la tempête sur les chapiteaux. JLB soutient qu’HLM n’a "pas de légitimité mais de l’efficacité ; celle-ci se traduit par la capacité d’analyse et l’instruction des différents points de vue"...?
- L’identité du public qui fréquente le centre de ressources : étudiants et nouvelles compagnies.
De fait, le fond d’activités d’HLM n’est pas sollicité par les professionnels mais par les étudiants (ou autres chercheurs) et les nouvelles compagnies. Ne serait-ce donc pas les "pros" qui seraient déconnectés de la réalité ?... JLB souligne à ce titre la difficulté d’obtenir des informations de la part des quadras, certains ne souhaitant plus paraître sur le Goliath. La Fédération rappelle que lors du 1er rendez-vous officiel de La Fédération avec HLM (1998), JLB avait ainsi transcrit la mission que le ministère avait donné à HLM : en retenir une cinquantaine et leur faire tapis rouge... HLM s’interrogeant alors sur l’opportunité de faire paraître ces quelques compagnies sur l’annuaire du théâtre...

Tentative d’identification des territoires respectifs

Un embryon de débat fondamental et structurant s’est engagé. Il conviendra de le poursuivre. La Fédération a officiellement annoncé à HLM qu’elle avait mis en place un chantier de réflexion sur les missions et objectifs d’un centre de ressources pour les Arts de la Rue.

Communication et/ou développement

La Fédération souhaiterait qu’HLM se concentre sur sa mission première : la promotion des Arts de la Rue. Le terme de promotion ayant effectivement vieilli, elle entend bien qu’il est opportun de le faire évoluer et propose le terme de "communication" (il s’agit là de modification de registre de langage non de champ d’application). HLM, en revanche, propose "développement".

Pour La Fédération, promotion/communication n’est pas développement : la promotion/communication s’appuie sur des initiatives existantes pour les faire connaître ; le développement donne priorité à la mise en place de nouvelles initiatives a priori complémentaires ou en résonance avec l’existant. Si l’un n’exclut (communication) pas l’autre (développement), il s’agit encore une fois de priorité et de lisibilité. La Fédé pense que dans ce glissement sémantique, s’engouffre toute la propension d’HLM à baliser son territoire : faire la politique de l’Etat à la place de l’Etat ; définir la stratégie de développement des Arts de la Rue à la place du réseau des artistes et professionnels...

A titre d’exemple, La Fédération a fait part de son regret que n’ait pas été menée une campagne de communication, avec notamment relations presse, sur la présence nationale, voire internationale, des Arts de la Rue sur le devant de la scène lors du passage à l’an 2000, le 31/21/99. Il s’agit bien là de communication institutionnelle qui s’attache à valoriser l’image d’un domaine artistique et non fasse la promotion de tel ou tel festival par exemple.

La Fédération : groupe de réflexion interne - HLM : lieu de débat externe

HLM ne se reconnaît pas dans l’image d’un haut parleur de la profession mais définit son territoire comme celui du débat externe. Preuve que la discussion sur la communication doit se poursuivre...

La Fédération, quant à elle, se définit comme un groupe de réflexion et débat interne. Elle tient à cette identité de groupe qui en fait un partenaire relativement imprévisible, un collectif d’avis et non la voix de la pensée unique. La Fédération revendique la lenteur comme une garantie d’authenticité : le temps de consulter les différentes opinions de ses membres et de parvenir à une analyse partagée qui, seule, peut légitimer la définition d’une stratégie de développement.

Il est clair que nous sommes à une période charnière de restructuration du secteur : depuis que La Fédération a investi ce territoire du débat interne, HLM ne sait plus bien comment réagir ni se positionner.

L’identification des territoires respectifs de La Fédération (débat interne), HLM (débat externe) est la base de définition de missions et objectifs complémentaires. Elle ouvre des perspectives prometteuses parce qu’ouvrières d’un véritable et lisible partage des rôles, qui en cascade, devrait avoir un effet structurant sur l’ensemble du secteur.

Le ministère de la Culture

La Fédération fait part à HLM de son interrogation sur l’opportunité ou non de ne plus se satisfaire à l’égard du ministère de courriers et réunions, sans suite pour le moment, et de hausser le ton voire passer à l’action dans la rue. EW pense que ce serait pour le moment contreproductif.

JLB pense que le moment n’est pas encore venu mais qu’il peut y avoir un déclic, notamment dans la nomination ou non des successeurs à Yves Deschamps et Gilles Detilleux. Dans le contexte actuel du ministère, la "qualité" du recrutement de ces interlocuteurs sera significative.
Par ailleurs, JLB nous fait part de sa tentative depuis plus d’un an et demi de rassembler tous les conseillers théâtre pour un travail de qualification au sujet des Arts de la Rue et de la Piste sans y parvenir.

Les projets et interrogations

HLM nous fait part de dossiers, plus ou moins importants, sur lesquels, ils souhaiteraient avancer avec nous :
- le réaménagement interne d’HLM et notamment l’usage de "la salle du bas" dans laquelle HLM prévoirait d’installer douches et coin repas.
- l’organisation avec la DDAT d’un débat sur l’action culturelle (travail auprès des populations, les relais locaux et associatifs...)
- l’aide au montage de productions
- l’accord cadre en faveur des emplois jeunes : l’analyse du questionnaire envoyé par HLM confirme que de nombreuses compagnies sont demandeuses d’emplois jeunes chargés de diffusion. Le ministère du travail est prêt à soutenir la mise en place de l’accord cadre favorisant l’embauche sur 5 ans d’emplois jeunes avec espoir de pérennisation. EW les évalue à une vingtaine pour une 1ère expérience. La 2ème partie de la proposition tient dans un projet d’accompagnement individuel avec définition d’un programme de formation sollicitant à la fois les universités mais aussi les partenaires professionnels ou les lieux de fabrique. La mise en place d’un tel dispositif ne peut se mettre en place sans la participation de La Fédération et du Syndicat des nouvelles formes du cirque.

La Fédération interroge HLM sur :
- l’évolution de son projet d’écritures avec La Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon : La Fédération constate que, malgré tout l’intérêt du projet, celui-ci aurait bien plus dû être porté par Lieux Publics... La Fédération souhaiterait qu’un tel projet ne bénéficie pas seulement à ceux qui y participeront mais que, dès son début, la question du témoignage de la démarche soit posée (vidéo ? journal ?...)
- l’opportunité ou non que le directeur ou le président d’HLM se présente comme candidat au CA de La Fédération. HLM et La Fédération étudieront réciproquement cette éventualité. HLM en tout cas fait part de son incompréhension quand La Fédération programme des réunions par exemple sur les lieux de fabrique sans les inviter. La Fédération s’engage à faire part à HLM de ses courriers essentiels et lui rappelle que toute son activivté est transparente sur notre site du Fourneau. Ce compte-rendu leur sera notamment transmis.

HLM propose d’adresser un courrier à La Fédération qui reprenne l’essentiel des propositions émises lors de cette réunion.


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