Rendez vous avec Sylvie Hubac - DMDTS (18/05/2000)

jeudi 18 mai 2000
par  lafede

L’objet de la rencontre est de faire l’état des lieux des arts de la rue que le Ministère et sa ministre en la personne de Catherine Trautmann se sont attachés à accompagner dans leur consolidation et d’interroger la nouvelle direction sur ses intentions concernant ce secteur.

Étaient présents pour la DMDTS : Sylvie Hubac, directrice de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles, Michel Rebut-Sarda, directeur-adjoint de la DMDTS, Rémy Paul, sous-direction de la formation professionnelle et des entreprises culturelles, Bureau de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle, chargé du secteur théâtre.

Représentants pour la Fédération : Daniel Andrieu, vice-président, Maud Le Floc’h, vice-présidente, Pierre Sauvageot, vice-président, Pierre Berthelot, Anne Guiot et Pascale Canivet.

Après un bref historique de la Fédération et le descriptif de la composition des membres et des commissions de réflexion, les représentants de la Fédération développent un certain nombre de points :
- 1. les relations avec le Ministère et les DRACs et le sentiment d’une inertie relative,
- 2. le manque de visibilité sur les crédits engagés au titre des mesures nouvelles en 1999 et 2000 et la part réservée aux arts de la rue sur les 50 millions de francs supplémentaires attribués à la DMDTS,
- 3. la spécificité du milieu artistique liée à son itinérance et le besoin de lieux structurants,
- 4. la formation/transmission des arts de la rue,
- 5. la question de l’intermittence.

Sylvie Hubac souligne l’attention portée par la direction aux nouvelles formes esthétiques. Celle-ci se concrétise par un soutien sous forme de mesures nouvelles engagées en 2000 dont 4 millions de francs pour les arts de la rue. Madame Hubac reprend ensuite chaque point évoqué par la Fédération et apporte des réponses et des suggestions pour faire avancer la situation.

1) La Fédération constate une absence d’actions lisibles qui auraient dû faire suite aux annonces énoncées par Catherine Trautmann. Les dossiers semblent en suspens. Les compagnies et les opérateurs culturels n’ont pas d’interlocuteurs privilégiés au sein des DRACs et continuent à être orientés d’un conseiller à l’autre sans qu’un intérêt et un soutien réels s’affirment localement.

Pour Sylvie Hubac, l’inertie constatée est partiellement due aux changements de personnel au sein du Ministère depuis le début de l’année. C’est un problème en cours de résolution. Une personne ressource, Marie Moreau-Descoings vient d’être recrutée. Une autre personne en charge du secteur des arts de la rue est en cours de recrutement (cf le remplacement de Gilles Detilleux). Ces personnes prendront appui sur l’inspection et la sous-direction de la création et des activités artistiques.

Par ailleurs, en ce qui concerne les DRACs, il peut être envisagé d’identifier des correspondants pour les arts de la rue dans chaque DRAC et de les sensibiliser à la spécificité du secteur des arts de la rue.

2) La Fédération rappelle que 9 millions de francs de mesures nouvelles ont été annoncés pour 1999 et 4 millions de francs pour 2000. Par ailleurs, 15 compagnies ont été conventionnées sur les 20 annoncées. Or, à ce jour, la répartition des 9 millions de francs n’est pas connue. Il n’est possible de repérer que 6-7 millions de francs. Qu’en est-il des 2-3 millions restants ? Par ailleurs, comment les 4 millions de francs pour 2000 ont-ils été ventilés ? Enfin, même si un investissement réel est constaté de la part de la DMDTS avec ces mesures nouvelles, le sentiment général est d’être laissé “au milieu du gué” car les arts de la rue sont en cours de déploiement et non en vitesse de croisière.

De même, quelle est la part qui reviendra aux arts de la rue sur les 50 millions de francs attribués au spectacle vivant à la suite du collectif budgétaire ?

Sylvie Hubac n’a pas de réponse immédiate sur la répartition des mesures nouvelles. Elle informe la Fédération qu’un bilan global avec les DRACs est en cours, notamment sur la manière dont les préconisations ont été appliquées. Il sera possible de faire un point d’ici à la fin juin.

Une question sur l’existence effective de projets déposés en DRACs est formulée par Michel Rebut-Sarda. En effet, les mesures nouvelles sont attribuées pour peu que des projets soient déposés par les compagnies.
Enfin, en ce qui concerne les 50 millions de francs, 65 % de cette somme sont répartis dans les DRACs. Là aussi, l’attribution est décidée en fonction des projets qui sont déposés dans chaque DRAC.

3) La Fédération souligne la spécificité des arts de la rue en tant qu’art dans l’espace public. Les pratiques de cet art impliquent le nomadisme ce qui pose le problème de l’aménagement du territoire pour ce secteur artistique.
La priorité actuelle pour la Fédération est de constituer un réseau de lieux structurants spécifiques, lieux de fabrication, de résidence et de diffusion qui n’entrent actuellement dans aucun cadre existant. Il est essentiel d’imaginer un statut singulier pour ces lieux. La création d’un tel statut est un signe fort qu’attend la profession.

Une quinzaine de lieux de fabrication existants constituent déjà un réseau informel réparti inégalement sur le territoire français. Il serait d’autant plus important de le développer qu’il pourrait également être un appui pour les jeunes compagnies qui ne bénéficient d’aucune aide du Ministère.

Sylvie Hubac reprend l’idée qu’un type de statut institutionnel à imaginer pour les lieux de fabrication est à envisager et s’interroge sur un cahier des charges qui conviendrait à ces lieux, avec une approche nationale. Il lui apparaît que compte tenu de l’itinérance liée aux arts de la rue et du problème des lieux de fabrication et de leur labellisation, un réseau national serait à faire émerger plus clairement et de façon équilibrée sur le territoire. Elle pose la question des lieux déjà existants qui ont un potentiel dans ce sens.

A ce propos, la Fédération rappelle l’impasse dans laquelle se trouve le seul Centre National de Création des Arts de la Rue et insiste sur le fait qu’une solution doit être trouvée rapidement.

Sylvie Hubac informe la Fédération qu’une solution positive éventuelle devrait être trouvée d’ici le 8 juin, date de la prochaine assemblée générale de Lieux Publics.

4) La Fédération pose le problème de la formation/transmission pour les arts de la rue. L’attente de mesures sur cette question est d’autant plus forte depuis la remise du rapport de Franceline Spielmann. La demande dans l’immédiat concerne la poursuite de l’étude entreprise par Franceline Spielmann et la mise en place d’actions pilotes dès 2000. Par ailleurs, la Fédération insiste sur la nécessité de créer parallèlement une cellule ou un collège investis d’une mission d’expertise et de prise de décision dont la première tâche serait d’examiner les projets de formation et de travailler avec les lieux de fabrique. La composition de cette cellule est à déterminer et devrait comporter des représentants de la profession, de l’État, de l’AFDAS…

Sylvie Hubac rappelle que le rapport de Franceline Spielmann correspond à un constat sur des pratiques plus qu’à un dispositif opérationnel. La phase suivante nécessite la mise en place d’un certain nombre de projets pilotes. Une fois le repérage de ces actions effectué, il reste à imaginer un système qui permettra d’opérer des sélections. L’idée de la cellule ou collège est à analyser. Le repérage et l’aide au montage des projets pilotes peuvent commencer dans l’immédiat. Sylvie Hubac donne des instructions à Rémy Paul dans ce sens (nous rencontrerons Rémy Paul à une réunion à la DMDTS qui aura lieu le 9 juin en présence de Franceline Spielmann).

5) La Fédération rappelle qu’une des conditions essentielles de l’existence des arts de la rue est le maintien du statut de l’intermittence.

Sylvie Hubac exprime son accord sur l’importance de ce dossier qui est préoccupant pour la DMDTS. Des négociations sont en cours entre les syndicats employeurs et salariés qui touchent aussi bien au régime général qu’au régime spécifique. Un accord entre les deux parties devrait aboutir fin juin. Sylvie Hubac ajoute que le statut de l’intermittence est d’autant plus important qu’il lui semble être adapté aux réalités du temps et du mode de travail de tous les milieux professionnels y compris ceux qui ne font pas partie du secteur culturel.

Sylvie Hubac conclut la réunion en affirmant que la période de flottement des relations entre la DMDTS et la Fédération est maintenant terminée et que la Fédération aura dorénavant deux interlocuteurs privilégiés en la personne des deux permanents réguliers recrutés pour les arts de la rue. Leur présence permettra un redémarrage sur une base dynamique.

Par ailleurs, elle souhaite que la direction de la DMDTS et la Fédération fassent un point d’étape régulièrement, sur la base de deux rencontres annuelles.
Elle rappelle que la formation/transmission est en voie de passer à une étape active.

A l’issue de cette première rencontre, Sylvie Hubac se déclare consciente du problème que les arts de la rue rencontrent avec la déconcentration et de la nécessité de sensibiliser les DRACs à la spécificité des arts de la rue.

Enfin, elle suggère à la Fédération de rencontrer Michel Orier, le nouveau conseiller technique du cabinet de la Ministre.

La Fédération s’engage à remettre un “document-étape” rappelant les positions de la profession avant la prochaine rencontre.


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