Rencontre avec Michel Orier du cabinet de Catherine Tasca (21/11/00) - La Fédération Nationale des Arts de la Rue

Rencontre avec Michel Orier du cabinet de Catherine Tasca (21/11/00)

mardi 21 novembre 2000
par  lafede

La rencontre avec Michel Orier, membre du cabinet qui gère notamment le dossier des arts de la rue, fait suite à une demande de rendez-vous que la Fédération a faite fin septembre à Madame la Ministre de la Culture, Catherine Tasca. Cette rencontre est dans la continuité des relations entretenues avec Catherine Traumann lors de sa présence au ministère.

Étaient présents pour la Fédération : Bruno Schnebelin, Daniel Andrieu, Jean Chamaillé, Pierre Sauvageot, Pascale Canivet.

Le ton est très dégagé. Michel Orier connaît peu les Arts de la Rue, et n’a pas montré, comme directeur de la scène nationale d’Amiens, un intérêt pour notre travail. En revanche, il bannît toute langue de bois et parole institutionnelle, et reconnaît facilement les erreurs ou les manques de l’Etat.

Après une rapide présentation de la Fédération (composition de ses membres, moyens financiers et humains, objectifs), la Fédération fait un état des lieux des arts de la rue.

Un paysage des arts de la rue est brossé en quelques grandes lignes :
- 15 compagnies conventionnées sur les 20 annoncées par la Ministre,
- une dizaine de lieux de fabrique et de résidence constituent la base d’un maillage informel du territoire,
- le système de diffusion s’appuie essentiellement sur les festivals dont très peu disposent d’un soutien réel du ministère de la Culture,
- deux structures soutenues par l’État (l’unique Centre national de création des arts de la rue et HorsLesMurs, le centre de ressources pour les arts de la rue),
- des mesures nouvelles d’un montant de 9 millions de francs en 1999 et de 4 millions de francs en 2000 dont l’utilisation en crédits déconcentrés est impossible à retracer dans leur globalité (seule un peu plus de la moitié de ces crédits semble avoir été effectivement attribuée),
- une annonce pour 2001 d’un budget d’équipement des lieux de fabrique arts de la rue/arts de la piste qui semblerait être consacré aux seuls arts de la piste,
- une gestion ralentie voire inexistante des dossiers arts de la rue en centrale jusqu’à récemment due en grande partie aux mouvements de personnels de la DMDTS courant 2000 (de la direction de la DMDTS à l’inspecteur des arts de la rue en passant par le chargé de mission arts de la rue) et en partie à la surcharge de travail des personnels concernés représentée par l’opération "année du cirque",
- un traitement inégal des dossiers arts de la rue présentés en DRAC lié à des lacunes de compétences au sein de certains comités d’experts et parfois de connaissance ou de reconnaissance de ce secteur professionnel par certains conseillers.

En conclusion, ce portrait succinct fait apparaître le manque d’une politique ministérielle affirmée à l’égard des arts de la rue ainsi que des moyens insuffisants voire dérisoires et un intérêt pour les arts de la rue de la part des agents de l’État en région reposant davantage sur la bonne volonté que sur une politique clairement énoncée.

Les éléments ci-dessus sont repris et développés par Michel Orier qui reconnaît le sous-subventionnement chronique de notre secteur.

En ce qui concerne les mesures promises par la Ministre (mesures nouvelles 1999 et 2000, 20 compagnies conventionnées), elles devraient être suivies d’effet dès que possible. Michel Orier reconnaît que la difficulté de tracer l’utilisation des financements est réelle et qu’une enquête est en cours. Il semblerait que certains fonds aient été utilisés en partie pour soutenir des projets artistiques "hors les murs" sans qu’ils s’agissent forcément de projets arts de la rue, en partie pour soutenir des projets "arts de la piste". Ces informations sont à vérifier.

Michel Orier ne propose aucune autre mesure supplémentaire pour 2001. Cependant il reconnaît l’intérêt de conforter les principaux lieux de fabrique existants. Il ajoute qu’une mission d’étude sur les lieux intermédiaires est actuellement menée par la DDAT, mission qui a pour objectif d’imaginer un système d’aide adéquate pour ces lieux. A priori, la création d’un nouveau label pour ces lieux -auxquels les lieux de fabrique sont assimilés- n’est pas envisagée. En 2001, le Ministère de la Culture n’aura la possibilité d’intervenir que sur quatre à cinq de ces lieux.

Par ailleurs, Michel Orier confirme que la Commission nationale d’aide à la résidence de production des arts de la rue et à la résidence d’artistes de rue dont l’exercice se termine en 2000 est maintenue en 2001 et que les financements qu’elle attribue (dont le montant global est de 1 800 000 francs) sont préservés en 2001.

Enfin, la Fédération insiste sur l’importance du rôle de l’État en région, et notamment sur le contre-pouvoir qu’il peut représenter dans certains cas lorsque les collectivités territoriales envisagent les arts de la rue dans leurs fonctions d’animation et de communication au détriment de la dimension artistique. C’est une des raisons pour lesquelles le soutien aux festivals, entre autres, reste essentiel.

La question de la direction de Lieux publics est abordée en fin d’entretien par Michel Orier. La position de la Fédération à ce sujet est que la procédure voulue par Lieux publics et le ministère aboutisse rapidement, et qu’il est important que Lieux Publics ne soit pas fragilisé en se retrouvant sans directeur en janvier 2001.

A l’issue de la réunion, il est convenu que la Fédération sollicitera un rendez-vous auprès de Sylvie Hubac, directrice de la DMDTS pour la fin de l’année afin de faire le point sur les dossiers gérés par ses services. Par ailleurs, une rencontre avec Catherine Tasca est envisagée en février 2001.


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