Pour une année 2012 inventive et rebelle ! - La Fédération Nationale des Arts de la Rue

Pour une année 2012 inventive et rebelle !

mercredi 4 janvier 2012
par  Thomas

Il est somme toute assez aisé de susciter adhésion et intérêt autour de la demande d’une "politique culturelle réinventée", tant celle qui est suivie depuis des années, voire des décennies, s’avère en certains domaines mal fichue, frustrante, injuste et/ou inefficace, quoique tout n’y soit pas à jeter, loin de là. Et ce n’est pas qu’une question de finance. Et il serait injuste d’en reporter la seule faute sur le gouvernement actuel ou celui qui l’a précédé.

Certains défauts sont directement liés à des choix fondamentaux qui ont mal tourné ou qui tournent à vide. Des mécaniques automatiques, des (mauvaises) habitudes qui se sont installées, des experts qui ne le sont qu’en titre, des labellisations mal corsetées, des confiscations artistiques, des mots sans vie, des vues qui vieillissent, des coteries de cénacles... et on voit des créateurs payés pour créer dont seuls quelques happy few verront les productions, tandis que ceux qui diffusent beaucoup sont suspects. Certains s’épuisent à vouloir se singulariser sur une échelle de valeurs dont la grande masse du public est soigneusement tenue à l’écart : disparités insupportables des coûts de production, clivages installés pour une petite élite, prébendes, privilèges, gabegies, gaspillages et ces gueux d’artistes auxquels on reproche surtout d’être "trop nombreux".

Et Luc Bondy qui clame à tout-va qu’avec 250 000 €, il ne peut décemment monter qu’un monologue ! Le monde du spectacle vivant en est encore à l’ancien régime, il va falloir couper des têtes... Je plaisante mais on en est pas si loin. Entre les tenants du culte culturel et la noblesse d’art : ce marais qui survit à coup d’intermittence. Il y a des révolutions qui se perdent.

Mais de là à faire un programme...

En ce qui nous concerne nous, arts de la rue, peu subventionnés, surexploités, précarisés, peu considérés, il serait facile de monter sur la barricade et réclamer tout de go des budgets décents au regard de notre activité - considérable -, ce qui décuplerait les sommes qui nous sont alloués, qui frisent le ridicule au regard de celles qui irriguent la culture "officielle". Mais nous avons la faiblesse de penser que ce système qui nous honore si peu a des inconvénients qui en touchent d’autres et repose sur des failles qui nous concernent tous.

Oui, nous avons la faiblesse de penser politique et de ne pas nous cramponner à notre seule boutique. Ce pourquoi nous avons partagé notre appel "l’Art est Public" avec les musiques actuelles et associées, le cirque, la

marionnette, les arts plastiques, les petites compagnies indépendantes et tous ceux qui se reconnaissent dans ce besoin d’oxygène, dans cette revendication de mise à plat et de débat que nous avons exprimé. Autour

de deux principes que nous partageons tous : l’intérêt général et l’absolue nécessité de la diversité.

Il nous faut repenser le paradigme, coordonner nos vues et nos ambitions, les partager aux citoyens, nos spectateurs aléatoires, afin que cette culture que nous inventons tous, au jour le jour, trouve sa place exacte dans le jeu démocratique.

C’est l’enjeu de cette année 2012 et de celles qui suivront.

Une nouvelle année qui ne fera que bégayer les précédentes si nous n’y prenons pas garde.

Une nouvelle année où nous devrons, plus que jamais, nous montrer déterminés, inventifs, solidaires et rebelles.

Et ce n’est pas un souhait, mais une nécessité.

Bien à vous

Pierre Prévost

président

PS : N’oubliez pas le rendez-vous pour l’Université Buissonnière à Marseille, les 9 & 10 février à la cité des Arts de la Rue pour présenter des pistes, des préfigurations, mélanger nos opinions et préparer les berceaux de nos futures actions.

Vous y êtes tous invités.


Sites favoris


7 sites référencés dans ce secteur