Liberté d’expression, où puis-je écrire ton nom ?

mardi 6 décembre 2011
par  lafede

S’il fallait une preuve que la liberté d’expression n’est pas un acquis dans notre beau pays, le Sénateur-Maire d’Audincourt, Martial Bourquin vient, malheureusement, de nous en asséner une nouvelle. En prenant la décision d’interdire le concert du groupe rap ZEP du mercredi 7 décembre, programmé par un collectif antifasciste au Studio des 3 Oranges, sous prétexte de crainte de "trouble à l’ordre public" et parce qu’il dit "ne pas partager ce que dit ce groupe, dans sa chanson "Nique la France", et ce bien que je soutienne totalement le combat contre le racisme » (AFP) il ajoute un signe inquiétant à un courant qui va grandissant de remise en cause d’un droit fondamental de la démocratie.

L’ordre et le désaccord personnel d’un édile ne sauraient être des arguments. La liberté d’expression ne se discute pas, elle est un droit absolu dont tout homme politique, dès lors qu’il est élu, doit être le garant vigilant et combatif. "Je ne suis pas d’accord avec vous mais je suis prêt à me battre jusqu’à la mort pour que vous puissiez le dire", disait l’autre. La chute des grands barrages commence toujours par des petites fissures et il est regrettable que M Bourquin, homme de gauche affirmé, se montre si friable sur ce principe.

Il devient par ailleurs insupportable de constater que la notion de nation s’érige en dogme et religion et que, face à un matraquage d’opinions plus ou moins officielles qui en font un lit de rancœurs, manipulations, appels à l’exclusion et manœuvres électoralistes de tous poils -et que nous subissons du soir au matin sur toutes les ondes de toutes les chaines-, on ne puisse réagir et clamer, quelque soit le moyen d’expression, que cette nation qu’on nous brandit ainsi est parfois à vomir.

La Fédération Nationale des Arts de la Rue, co-porteuse et initiatrice d’un appel intitulé "l’Art est Public", signé à ce jour par 400 élus dont trois candidats à la présidentielle, tient à rappeler à nos élus, par ce communiqué, qu’il n’y a pas de petites batailles dans ce domaine, que chaque décision, du local au national, se doit d’être une barricade contre ce qui menace la démocratie, la liberté d’être et de s’exprimer, le droit de débattre et de partager.
Il est des principes sur lesquels on ne tergiverse pas, nos hommes politiques s’honoreraient en ne l’oubliant pas.

Pour la Fédération des Arts de la Rue

Pierre Prévost, président


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