Identification des objectifs prioritaires du point de vue de La Fédération pour Hors Les Murs, Centre de ressources des arts de la rue - La Fédération Nationale des Arts de la Rue

Identification des objectifs prioritaires du point de vue de La Fédération pour Hors Les Murs, Centre de ressources des arts de la rue

lundi 16 décembre 2002
par  lafede

Préambule

Intentions et contexte

Ces propositions sont la succincte mise en perspective de conclusions tirées de réunions (dont certaines avec le personnel d’HLM) et d’un questionnaire émis par un groupe de travail sur le(s) centre(s) de ressources au sein de La Fédération. Elle ne constitue pas une étude mais une photographie de l’état de réflexion et des propositions subséquentes de La Fédération à un temps donné : celui du départ du seul directeur qu’ait jamais eu Hors Les Murs, Jean-Luc Baillet nommé co-directeur du CNAC.

Ce document ne sera pas un réquisitoire de La Fédération à l’encontre d’HLM et de son directeur. Nous voulons croire à la volonté du Ministère de la Culture et de la Communication d’oeuvrer à la structuration du secteur des arts de la rue et profiter du changement attendu de directeur pour préciser les priorités que La Fédération souhaite signifier à HLM et ses axes de développement. Nous soulignons qu’HLM n’a jamais eu comme directeur que le directeur sortant et considérons qu’il importe de laisser sa chance à, au moins, un(e) second(e) directeur/directrice de donner sa juste place et sa juste envergure à HLM.

En préalable, il est cependant important de pointer que le dysfonctionnement structurel d’HLM doit beaucoup à l’absence de politique culturelle lisible, notamment financièrement, du Ministère à l’égard des arts de la rue. Ce manque offrant grande latitude à faire la politique de l’Etat à la place de l’Etat tout comme à jouer le rôle de porte-parole de la profession sans la consulter.

Succession

La Fédération salue la relance rapide du processus de succession à la direction d’HLM. En effet, le secteur n’a pas les moyens de prendre le risque de longuement laisser en jachère un seul des outils participant à sa structuration. Malgré la difficulté actuelle en vertu des règles du code du travail, La Fédération milite pour que le poste de directeur/trice d’HLM ne puisse contractuellement être reconduit au-delà d’une certaine durée.

Objets et missions d’HLM

La Fédération rappelle que l’objet initial de l’association HLM était la promotion et le développement des arts de la rue et ne s’autorise évidemment à formuler des propositions que du point de vue de ce secteur. La Fédération note d’ailleurs qu’elle a exprimé par écrit, en temps et heure, son regret de voir disparaître la promotion de l’objet d’HLM.

La Fédération souhaite qu’HLM investisse pleinement sa mission de service public, c’est-à-dire assure la continuité de la mémoire de ces pratiques non exclusivement textuelles et éphémères et les valorise comme patrimoine vivant et innovant. Une autre façon de dire que La Fédération exhorte HLM à se recentrer sur ses missions prioritaires en laissant leur légitime espace aux autres acteurs du secteur.

Rôles et relations de La Fédération et d’HLM

La Fédération est un groupe de réflexion interne et de pression externe.
HLM est un outil de traçabilité, de débat et de valorisation externes.
La Fédération est un lieu de stimulation, d’agitation, de débat et de réflexion afin de développer le point de vue de la profession et défendre son positionnement auprès des institutions pour instruire leur choix de politique culturelle.
HLM doit permettre aux artistes et professionnels de s’approprier le panorama de leurs propres ressources et les ouvrir aux sources/ressources d’autres secteurs, doit signifier la politique culturelle mise en oeuvre et valoriser la créativité de la profession.

La Fédération réclame une grande transparence dans le fonctionnement et les projets d’HLM, notamment, par exemple, par la mise en ligne des bilans et projets d’activités ainsi que de son budget prévisionnel.

Une nouvelle instance : le collège de personnes ressources

La Fédération préconise l’instauration d’un Collège de personnes ressources en lien avec le secteur (urbanistes, sociologues, artistes-artisans...) dont le président et les membres seraient obligatoirement désignés indépendamment des membres des autres instances d’HLM. L’objectif étant de disposer d’un regard extérieur, d’un lieu de réflexion et de débat largement ouvert, susceptible de jeter un regard critique sur le fonctionnement ou les activités du centre de ressources et d’en souligner au besoin les insuffisances. Les personnes ressources de ce collège pourraient se voir proposer le suivi d’actions particulières d’HLM, en fonction de leur spécialité.

Préconisations

Sans exagérément jouer sur les mots, le mot même de ressources interpelle la question des sources et de l’irrigation : peut-il y avoir ressources sans sources, mise en réseaux sans points d’appui, HLM sans arts de la rue ?...

L’urgence, l’enjeu du nouveau directeur/trice passe par sa capacité à renouer une relation de confiance avec la profession et à entretenir avec elle un lien permanent qui ne relève ni de la subordination, ni de l’instrumentalisation mais bien du développement et de l’invention. Or une des spécificités culturelles des arts de la rue s’exprime dans les lieux de fabrique (ou assimilés) et leur maillage assez équilibré du territoire.

La Fédération milite donc pour une déconcentration d’HLM sur quelques points d’appui spécialisés, soit des antennes d’HLM, soit des structures autonomes liées à HLM par une convention, elle-même légitimée par un cahier des charges établi en partenariat avec l’Etat, HLM et les collectivités territoriales.

Ces quelques points d’appui seront retenus en fonction avant tout de leur existant c’est-à-dire de leurs orientations, projets de développement, partenariats et pratiques spécifiques puisqu’il s’agit bien qu’ils irriguent le réseau depuis leur pratique artistique quotidienne. HLM, n’étant pas physiquement greffé sur un pôle de création des arts de la rue, ne peut structurellement pas être créateur de ressources. Il peut les sédimenter, les croiser, les développer et les diffuser mais pas les créer. La Fédération souhaite que la question des ressources artistiques, c’est-à-dire des ressources émanant d’artistes et susceptibles d’aider d’autres artistes à créer, soit prioritairement posée dans les lieux même de création des arts de la rue mais coordonnée, irriguée par HLM dans sa dimension plus généraliste de regard d’un secteur sur son propre panorama et d’ouverture à d’autres horizons.

Ainsi, HLM pourrait progressivement évoluer de centre de ressources à agence de promotion, c’est-à-dire notamment utiliser le réseau ainsi déconcentré non seulement comme sources d’irrigation du patrimoine sectoriel mais également comme canal d’appel à projets portés par l’un ou l’autre des points d’appui, ou par lui-même.

La Fédération se prononce donc en faveur d’une agence nationale de promotion des arts de la rue qui s’appuie sur la mission centrale de centre de ressources pour activer les leviers d’action que sont :
- la structuration du secteur
- l’animation et l’extension des réseaux partenaires
- la promotion de l’image en termes de notoriété et de spécificité

Recentré autour de ces 3 missions prioritaires, HLM deviendrait ainsi un lieu d’élargissement des possibles pour les artistes et professionnels, un portail d’informations généralistes pour les étudiants, universitaires, journalistes, programmateurs, jeunes compagnies..., une antenne de sensibilisation et conseil pour les collectivités territoriales et autres décideurs.

I - la structuration du secteur

- Fonder un système d’irrigation en lien permanent avec la profession, notamment grâce aux points d’appui régionaux sur les lieux de fabrique (ou assimilés) mais aussi par une systématisation de la consultation (groupes de travail, appels à projets, rencontres...) et du recours à des experts (journalistes, juristes, politiques, urbanistes, etc.). Construire ainsi un paysage d’irrigation des ressources en matière d’arts de la rue (cf. Rapport Spielman)
- Soutenir la qualification du secteur notamment en argumentant et valorisant les critères qui fondent la spécificité des productions artistiques dans les arts de la rue (cf. Rapport Simonot)
- Oeuvrer à la création d’alternatives en matière de réglementation favorables à l’expression artistique dans l’espace public.

II - l’animation et l’extension des réseaux partenaires

- Dynamiser une coordination régulière et offensive des grands producteurs et consommateurs de ressources du secteur : les lieux de fabrique (ou assimilés) et plus encore les structures portant ou accueillant des modules de formation.
- Assurer une collecte systématique des informations concernant les arts de la rue à l’échelle territoriale, nationale et internationale, et valoriser la redistribution par une instruction qualifiante de l’information
- Interconnecter et coordonner les circuits complémentaires pour le développement national et international de l’information autour des arts de la rue :
- le secteur même constitué par HLM, ses points d’appui régionaux et leurs relais sectoriels
- l’ensemble des centres de ressources dédiés au spectacle vivant
- les lieux de ressources d’activités connexes (arts de la piste, urbanisme, architecture, scénographie, nouvelles technologies, etc.)
- les universités ou bibliothèques spécialisées.
- Développer, notamment sur le web, tous les outils qui permettent de faciliter la recherche et la fluidité des informations : Thesaurus, harmonisation des entrées, des langages informatiques, des logiques de circulation et de collectes afin de pouvoir investir un vrai rôle de tête de réseau auprès des différents circuits connectés.
- Mettre en place des modules de formation pour initier ou perfectionner les protagonistes aux outils d’harmonisation décrits supra.
- Organiser et dynamiser un réseau de "passeurs de ressources".
- Convoquer les réseaux partenaires à des champs d’exploration partagée.

III - la promotion de l’image en termes de notoriété et de spécificité

- Mettre en place des campagnes d’intérêt général sectoriel par le biais notamment de relations presse dédiées non à des festivals ou à des spectacles précis mais à des événements ou périodes symboliques
- Favoriser la production ou l’aide à la production de films, vidéos, CD-Roms, mallettes pédagogiques, expositions, etc.
- Relayer par un soutien direct ou indirect les initiatives des éditeurs
- Développer une politique de publications et de partenariats médiatiques de périodicité régulière, en direction de deux publics différents (légitimant donc des supports différents) : les artistes et professionnels d’une part, le grand public d’autre part.
- Savoir communiquer les critères et savoir-faire spécifiques au développement des arts de la rue auprès des partenaires institutionnels et professionnels du paysage culturel
- Mettre en chantier la rédaction d’une charte d’accueil et de programmation en direction des diffuseurs (municipalités, scènes nationales, festivals...)
- Conseiller en matière de développement culturel les porteurs de projet et les partenaires institutionnels en constituant des équipes d’expertise sur mesure.
- Fonder un observatoire (et sa salle d’actualité subséquente) de la diversité des modes d’interventions artistiques dans l’espace public pour permettre à leurs acteurs de se rencontrer, d’élargir, de confronter et de fertiliser leurs imaginaires.


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