Groupe de travail pour les arts de la rue, séance du 21 octobre 2004 - HLM (Paris) - La Fédération Nationale des Arts de la Rue

Groupe de travail pour les arts de la rue, séance du 21 octobre 2004 - HLM (Paris)

mardi 30 novembre 2004
par  lafede

Etaient présents : Rémy Bovis (Mairie de Paris), Maud Le Floc’h (Cie Off), Karine Delorme (élue à la culture de Chalon-sur-Saône), Marie Moreau-Descoings (DMDTS), Elena Dapporto (DMDTS), Jean-Raymond Jacob (La Fédération des arts de la rue/Cie Oposito), Ema Drouin (2ème groupe d’intervention), Claude Morizur (Le Fourneau), Stéphane Simonin (HorsLesMurs), Jean Digne (HorsLesMurs), Pascale Petit (Attachée parlementaire de Pierre Bourguignon), Anne Guiot (APCAR), Isabelle Loursel (Marie de Sotteville-lès-Rouen), Pierre Bourguignon (Député-maire de Sotteville-lès-Rouen, Président du groupe parlementaire pour les ars de la rue), Daniel Andrieu (Atelier 231), Pierre Sauvageot (Lieux Publics), Alain Taillard (Cie Jo Bithume).

Invités : Thierry Lorent (Annibal et ses éléphants), Stéphane Négrin (AFAA), Jean-Christophe Bonneau, Pierre Duforeau (Komplex Kapharnaum), Serge Van Der Hoeven (Maire de Vieux-Condé), Virginie Foucault (Le Boulon-Les Turbulentes, Vieux-Condé), Jean-Baptiste Duperray (Cie des Quidams), Claude Renard (Institut des Villes, Nouveaux territoires de l’Art)

Excusés : René Marion (Coup de Chauffe), Bruno Schnebelin (Cie Ilotopie), Pascale Canivet (Le Fédération des arts de la rue).

La réunion portait sur les partenaires à solliciter dans le cadre du temps des arts de la rue et sur les modalités de partenariats à envisager avec ceux-ci.

Deux types de partenariats ont été examinés :
- ceux entre la profession et les organismes institutionnels tels que l’AFAA et l’ONDA, et les réseaux institutionnels tels que les scènes nationales,
- ceux entre la profession les collectivités locales et territoriales, et l’État.

Les modes de partenariats entre le ministère de la culture et certains autres ministères, et entre la DMDTS et les autres directions du ministère de la culture n’ont pas été abordés lors de la séance.

Temps des arts de la rue et l’ONDA (Office national de diffusion artistique)

Rappel : la mission de l’ONDA consiste à accompagner la prise de risque artistique en matière de programmation essentiellement dans les lieux pluridisciplinaires (environ 300 lieux aidés). L’ONDA, de par sa connaissance cartographique du spectacle, conseille également les compagnies en recherche de co-producteurs. Association loi 1901, l’ONDA ne peut pas redistribuer des subventions. L’aide aux compagnies reste donc indirecte. Elle ne peut pas non plus répondre aux demandes faites par les collectivités.

En ce qui concerne les arts de la rue, l’ONDA a ,d’une part, dépensé un budget global de 100 000 € en 2003, somme qui devrait atteindre 150 000 € en 2004. D’autre part, il a mis en place des rencontres nationales de diffuseurs pour les sensibiliser aux arts de la rue.

Quoique l’ONDA soit limité dans l’accompagnement possible des arts de la rue (notamment car il est nécessaire que les spectacles aidés aient une billetterie), il pourrait être possible de mettre en place un projet global sur un territoire.

La structure est ouverte à la discussion.

Temps des arts de la rue et l’AFAA (Association française pour l’action artistique)

Rappel : l’AFAA est un opérateur qui travaille conjointement avec le ministère des affaires étrangères et le ministère de la culture. Elle travaille sur le domaine des cultures vivantes. L’AFFA peut être partenaire d’une opération à partir du moment où celle-ci s’est produite en amont sur le territoire français.

En ce qui concerne les arts de la rue, l’AFAA répond à des demandes de programmateurs étrangers qui souhaitent diffuser des spectacles de rue. Ceux-ci doivent avoir fait leurs demandes suffisamment tôt pour que les aides soient budgétées. Une baisse des demandes est constatée en 2004, baisse liée au fait que les programmateurs n’ont pas pu voir les spectacles en raison de la crise de l’intermittence en été 2003.

La première phase de travail que l’AFAA peut mettre en route est celle de la promotion des arts de la rue à l’étranger, par le biais d’outils de communication qui pourraient être élaborés conjointement avec la profession dont HorsLesMurs.

Ensuite, l’AFAA peut faire venir des programmateurs en France pendant la durée du temps fort des arts de la rue. Les répercussions de ce travail à l’étranger seront nécessairement différés par rapport à l’opération en France. Actuellement, un programme AFAA, Circasia, issu de l’année des arts du cirque mobilise l’AFAA. Un programme pour les arts de la rue peut être envisagé à l’issue de Circasia, à la fin de 2006.

Une réflexion sur le travail à mettre en place en amont peut être menée dès 2005.

Temps des arts de la rue et collectivités locales et territoriales

Plusieurs réflexions issues des expériences entre les collectivités locales et les arts de la rue sont énoncées.
- La question de l’organisation de la ville : les règles ont changé. Du plan d’occupation des sols, les communes passent au plan d’urbanisme local. D’une logique de projets, elles passent à l’évolution des territoires liés aux perspectives avec les habitants. La culture fait partie des moyens qui peuvent transformer le cadre de vie.
- La question du territoire : ce sont les territoires et leur population qui dictent la façon de les investir.
- La question de la relation entre élus et élus ; la difficulté dans les collectivités locales est de convaincre les élus, au-delà de celui qui est chargé de la culture.
- La question de la démarche des collectivités : investir dans les arts de la rue peut représenter une économie de moyens d’échelle pour les collectivités dans la mesure où cela évite les contraintes importantes et les coûts de fonctionnement de structures fixes. Par ailleurs, c’est une façon de travailler en relation avec les artistes sur et avec le cadre de vie des concitoyens. Cette démarche ne cadre pas avec l’instrumentalisation.
- La question de l’instrumentalisation : deux types d’instrumentalisation sont évoquées, l’une fait référence à l’utilisation des spectacles de rue à des fins animatoires, l’autre à celle de la population lorsque celle-ci est « utilisée » à des fins expérimentales par les artistes.
- La question de la diffusion : la diffusion de spectacles hors les murs est un moyen d’aller vers les publics. Elle est aussi un moyen de soutenir la création pour certaines collectivités.
- La question du festival : les festivals jouent un rôle important vis-à-vis de la population en s’installant dans la durée sur un territoire. Des festivals à taille réduite correspondent aussi aux besoins des petites communes.
- La question de la production : la production est souvent considérée comme un investissement à fonds perdu par les collectivités. Traditionnellement, l’État finance la création, les communes financent les festivals. Un contrat ayant trait au développement d’une collectivité locale en relation avec l’accompagnement des arts de la rue permettrait une interaction entre création, production et diffusion.

De nombreuses remarques ont trait à la relation entre les quatre partenaires du temps des arts de la rue : l’artiste, la collectivité territoriale, l’État et la population :
- La question de la relation entre l’artiste et la population : une équipe artistique peut arrêter le quotidien ou s’inscrire dans le quotidien. Montrer l’oeuvre en processus de création participe à la médiation entre l’artiste et la population.
- La question de la relation de l’artiste au territoire : certaines créations sont conçues pour des espaces publics à défricher artistiquement. Les interlocuteurs qui permettent aux artistes d’en disposer sont parfois difficiles à identifier et à convaincre. Ouvrir ces nouveaux espaces de création représente un travail conséquent pour chaque compagnie. Ces avancées ne sont pas capitalisées actuellement. Le temps des arts de la rue pourrait être l’occasion d’enclencher des synergies qui faciliteraient une présence artistique dans de nouveaux espaces. Par ailleurs, il s’avère de plus en plus difficile d’intervenir dans l’espace public. Le rôle de la municipalité comme facilitateur reste essentiel.
- La question de la relation entre la collectivité locale et l’artiste : pour les collectivités, les manières de travailler et de diffuser ont autant d’importance que le spectacle. Le rôle de la collectivité est de favoriser les rencontres et la construction de relations. Ces relations sont plus ou moins avancées selon le territoire. Les actions à imaginer pour le temps des arts de la rue sont à adapter en fonction de l’état des lieux.
- La question de la relation entre collectivités territoriales et collectivités territoriales : la difficulté est de convenir d’une action commune qui mobilise l’ensemble des collectivités dont les intérêts sont différents. Certains projets peuvent être reconnus et soutenus comme relevant de l’intérêt communautaire.
- La question de la relation entre l’artiste et la collectivité locale : la crainte de l’artiste face à la collectivité locale est celle d’une atteinte à sa liberté. Le risque est le même vis-à-vis de l’État.
- La question de la relation entre la collectivité locale et l’État : les élus locaux peuvent avoir l’impression de n’être interpellés qu’en tant que payeurs. Ils doivent être étroitement associés au temps des arts de la rue si leur participation est sollicitée.
- La question de la relation entre l’État et les collectivités territoriales : la situation politique actuelle et le résultat des dernières élections régionales compliquent l’interaction directe entre l’État et les collectivités territoriales.
- La question de la relation entre les arts de la rue et les valeurs républicaines : les arts de la rue investissent l’espace public, espace culturel de rencontre et de découverte de l’autre. Le temps des arts de la rue pourrait être l’occasion de valoriser une des fonctions de l’espace public comme espace de discrimination positive.

En conclusion, au-delà des demandes des artistes qui ont besoin que l’espace public, territoire des collectivités locales, soit plus praticable et réellement ouvert aux propositions artistiques, ce qui suppose une réglementation favorable, la formation des services techniques...voire une charte d’accueil, il apparaît que le succès du temps des arts de la rue sera tributaire également d’une association équilibrée entre les collectivités locales et territoriales, l’État, et la profession.

En fin de séance, des questions sont posées sur les modalités de fonctionnement -comité de pilotage, groupes de travail thématiques, élaboration du livre blanc...- à envisager pour la durée du temps des arts de la rue. Les participants aborderont ce point lors de la dernière réunion du groupe de travail programmée le 25 novembre 2004.


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