Eté 2006, les causeries de la diff' - La Fédération Nationale des Arts de la Rue

Eté 2006, les causeries de la diff’

mardi 3 octobre 2006
par  lafede

Faisant suite aux inquiétudes récurrentes de la profession sur l’état de la diffusion des arts de la rue, la Fédération organise quatre rendez-vous estivaux sur ce thème à l’occasion de Viva-Cité, de Chalon dans la rue, du Festival Eclat d’Aurillac et des Accroche-Cœurs.

Le premier temps est celui des constats. Ils vont des lacunes au niveau artistique, à la diminution du nombre de dates programmées pour chaque spectacle, aux négociations de plus en plus serrées sur les achats des spectacles, à la difficulté accrue de vendre des grandes formes, en passant par la diminution du nombre des spectacles achetés par les programmateurs étrangers...

De nombreuses causes semblent déterminer la stagnation de la diffusion. La première demeure celle de la crise de l’intermittence. La seconde fait référence aux temporalités différentes entre les organisateurs et les collectivités territoriales, bailleuses de fonds, les prises de décisions tardives devenant une gêne véritable pour les compagnies. La gratuité est questionnée comme étant un frein hypothétique au développement de la diffusion. Par ailleurs, les propositions de spectacles semblent accroître et se « formater », pour répondre aux besoins des différents segments du marché professionnel au détriment du sens. Enfin, la nécessité d’un temps de présence in-situ en amont du temps de la représentation pour certains spectacles les rend plus ardus à diffuser.

Il reste que l’ensemble des débats menés cet été font apparaître que :
- Alors que la législation a finalement peu évolué, elle est aujourd’hui plus strictement appliquée. Les contrôles deviennent de plus en plus fréquents et incitent à une gestion entrepreunariale et libérale des structures artistiques peu adaptée aux spécificités de notre secteur.
- La légalisation de l’emploi artistique révèle une absence de prise en compte des particularités de l’activité artistique pour laquelle la notion de travail dissimulé doit être adaptée. Et notamment lorsqu’il s’agit de la monstration des spectacles en « off » dans les festivals.
- Face à cette inflation légaliste, la suite est à inventer. Elle pourrait consister, d’une part, à former davantage les personnels chargés d’appliquer la législation du travail au sein des compagnies. Et d’autre part, à faire avancer la jurisprudence afin que la spécificité des pratiques de nos métiers soit reconnue et donne lieu à une interprétation réaliste de la législation du travail.
- Par ailleurs, il existe des lignes de financement développées par les collectivités locales qui co-financent les déplacements sur les festivals majeurs. Celles-ci gagneraient à être développées, y compris comme mesures inter-régionales.
- Enfin, en complément des rendez-vous de la Fédé, les chargés de diffusion d’un certain nombre de compagnies ont décidé d’organiser des rencontres informelles régulières afin d’échanger sur leurs pratiques et leur évolution.


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