Edito de Juin 2010

vendredi 4 juin 2010

En comparaison à certaines structures culturelles, nos budgets paraissent infimes. Pourtant, qu’est-ce que nous bossons ! Si j’en juge en tous cas par la difficulté que j’éprouve à obtenir un peu de temps et de disponibilité auprès des administrateurs de la Fédé... Tout le monde est au taquet en ce printemps pourtant un chouïa sinistré. De l’importance d’avoir des permanents !

Les permanents, c’est LE chantier administratif (et ardu) de la Fédé cette année puisque, vous le savez, Pascale Canivet reste à Marseille et que David Cherpin nous a malheureusement notifié qu’il ne se sentait pas, au regard des conditions que nous lui offrions, de nous suivre sur la capitale. Nous sommes donc en quête, pour septembre, d’une paire de coordinateurs et trices toute neuve (cf la petite annonce sur le site fédé).
En attendant, il faut continuer l’administration et assurer la transition. Son contrat s’achevant fin juin, David s’est chargé du suivi des dossiers et du déménagement de façon remarquable , et deux de nos coordinateurs régionaux, Agnès et Bertrand, suivent de près les travaux, grâce leurs soit rendue !

Par ailleurs, Lucile, stagiaire Rue Libre, a commencé la tournée des popotes, sous la houlette de notre poisson pilote Nicolas Soloy, pour préparer l’édition 2010. Rue Libre 2010, un sujet qui provoque cette année une avalanche de suggestions plus inspirées les unes que les autres. Espérons que ça n’en restera pas qu’aux mots.

Puisque je suis parti sur le sujet, poursuivons la chanson des chantiers enchanteurs de cette année....

Comme vous pouvez le voir à travers ce site relooké par notre (web)maître Yffic, l’ami Chtou s’est attaqué à l’emballage de notre communication tous azimuts, par une utilisation amplifiée des images, et par une aération, une coloration, une humorisation de l’ensemble de nos communiqués, informations et compte-rendus. Un chantier que nous avions négligé ces dernières années mais sur lequel il était urgent d’avancer.

Du coté de nos partenaires professionnels et institutionnels, la rigorisation galopante, les RGPP2 et la réforme territoriale -avec sa recentralisation induite- attaquent nos tendres plages comme autant de vagues dévorantes et nous amènent à faire feu de tout bois.

Nous avons été contraints, suite à une formulation malheureuse de nos amis du \"Théâtre\" (la \"catastrophe\" du \"théâtre mis à la rue\") lors de la protestation du 6mai, de remettre les pendules à l’heure par le biais d’une adresse au Syndéac donc vous avez peut-être eu connaissance. Ce message a été entendu. Nous allons continuer notre lutte avec le Syndéac, la Cgt-Spectacles entre autres, et , surtout, nos amis de l’UFISC pour le maintien et le développement d’une politique culturelle conséquente tout en veillant à faire entendre et respecter la petite chanson de nos pertinences et spécificités.

En qui concerne les changements intervenus au ministère de la culture, nous avons pu rencontrer Stéphane Fiévet, délégué Théâtre à la DGCA et, au demeurant, ex-président du Syndéac. Une rencontre cordiale au cours de laquelle il nous a été notifié que, vue l’infime part de nos budgets au regard des sommes consacrées par l’Etat au spectacle vivant, nous n’avions pas à craindre a priori de restriction mais qu’a contrario nous n’avions aucun espoir à entretenir pour une éventuelle augmentation des dits-budgets. Ce qui ne nous a pas étonné.

Les seules avancées que nous pouvons avoir à court et moyen terme sont donc à rechercher du côté des Régions...
Une bonne transition pour aborder le chantier de nos Fédération Régionales. Sur les dix fédés régionales répertoriées, 5 sont en pleine activité, 3 en molo-molo, et 2 aux abonnés absents. La Fédé Picardie, quant à elle, peine à sortir des limbes...

Disons le tout net, ce que - à mon avis- nous pouvons attendre du politique dans les prochaines années c’est d’un côté le maintien d’un secteur artistique de prestige choyé mais restreint et de l’autre un secteur culturel au plus près de la population, évolutions dues tant aux convictions et aux nécessités qu’à l’électoralisme et ce, quelle que soit l’orientation, de droite ou de gauche -je ne donne pas un kopek de l’avenir de la danseuse karmitzienne après 2012-. Cette évolution vers la population va dans le sens de nos pratiques. Reste à le théoriser, à le faire savoir et batailler autour.
Nous avons, nous aurons besoin de Fédérations Régionales combatives et soudées pour faire avancer nos dossiers, notamment ceux de Centres régionaux des Arts de la Rue qui seront essentiels tant au niveau production, accompagnement que diffusion.

Pour autant, créer la structure avant qu’il y ait des troupes nous fait perdre du temps. Quelques acteurs décidés, un collectif, suffisent dans un premier temps largement pour entamer la quête et prendre les premiers rendez-vous. La Fédé Nationale, à travers ses élus et ses nouveaux coordinateurs, se tiendra disponible pour appuyer toute démarche dans ce sens. Il nous faut un maillage conséquent sur le territoire mais icelui peut prendre des formes différentes selon le contexte. Ne nous accrochons pas à de structurations parfois prématurées.

D’autre part les mutualisations inter-régionales qui se mettent peu à peu en place sont précieuses pour l’avenir et représentent une grande force pour nous.
Par nos rapports spécifiques au public, nous avons une carte à jouer qu’il convient de ne pas négliger.

Parler de nous, de nos pratiques, de nos esthétiques et faire parler de nous, c’est l’enjeu primordial pour cette année et celles qui vont suivre.
Continuer à mettre notre bout du nez dans toutes les réunions et si possible tous les médias.

Affuter nos productions en nous gardant soigneusement de l’élitisme, soigner notre façon de parler de nous, enrichir nos réseaux, étayer nos passerelles...

Pour nous aider à mieux oeuvrer, nous avons nos réseaux transversaux c1metier, c1autremetier qui permettent de mutualiser nos savoirs sur des problèmes précis. Le petit nouveau, caussi1metier et le groupe des auteurs qui l’anime cherche une voie propre et une identité à lui et devrait, à terme, contribuer à cette parole que nous devons prendre sur nous. Ils ont un texte en préparation, quelques actions ; nous les suivons de près, attentifs à ce qu’ils deviendront, persuadés que, dès lors qu’on parle de nos écritures, nous sommes tous concernés.

Certains chantiers : démocratie interne, esthétique, font peu parler d’eux. L’heure est à la prise de rendez-vous et aux rencontres qui émailleront nos tournées d’été.
Il y aura des BOUMs et des occasions d’échanger et de se rencontrer.

Avanti, war raok, let’s go et tagada !

Bonne tournée à tous, et à vous rencontrer...

Pierre


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