ETAT OU EN ETES-VOUS ? - La Fédération Nationale des Arts de la Rue

ETAT OU EN ETES-VOUS ?

jeudi 17 avril 2008
par  lafede

Fin 2007. Quinze novembre. Toulouse. Clôture du Temps des Arts de la Rue. Jean de Saint-Guilhem, directeur de la D.M.D,T.S., rassure la profession en déclarant que le budget augmenté grâce au travail développé au cours des trois années du temps des arts de la rue sera préservé malgré les annonces de gel de 6 % pour 2008.

Janvier-février 2008. Arrivée des premières décisions prises sur les budgets 2008 via les DRACs. Catastrophe annoncée. Pour tous, partout, et surtout pour les structures qui développent un travail artistique et culturel de proximité. Les paroles de Jean de Saint-Guilhem comme celles de Richard Lagrange, conseiller pour la création au sein du cabinet de Christine Albanel qui avait également affirmé le maintien des crédits pour les arts de la rue, sont effacées par les mesures annoncées. Pourtant ces propos sont à nouveau prononcés par Christine Albanel, Ministre de la Culture, recueillis et publiés dans « La Lettre du spectacle » en janvier. L’Etat a t-il encore une parole ?

Sous couvert de RGPP (Révision générale des politiques publiques), l’Etat se désengage progressivement des actions culturelles et renvoie la situation aux collectivités territoriales qui financent déjà le secteur culturel et artistique à hauteur de 80 %.

En tout cas, c’est avéré, il y a une réelle baisse du budget attribué aux arts de la rue en 2008. 10 000 euros par ci, 5 000 euros par là, et encore 30 000 euros en moins pour Lieux Publics.... Pour la Fédé, à ce jour , nous irions vers un retour à la subvention de 2004, ce qui semble ne pas prendre en compte le travail effectué pendant le Temps des Arts de la Rue . Il n’est pas encore possible de faire connaître la somme totale des baisses, certaines DRACs refusant de transmettre les éléments tant que la centrale n’a pas officialisé les derniers montants

Nous observons également la mise en place de pratiques qui laissent peu d’espoir quant à l’amélioration d’une situation qui se veut conjoncturelle. En effet, par exemple, en Ile de France, la DRAC renouvelle ses conventions pluriannuelles en inscrivant les baisses dans le budget convenu. De 46 000 euros, moyenne des conventions pour une compagnie, on passe à 46 000 euros moins 4 % pour un accord de 3 années. C’est ainsi que le gel devient pérenne.

Aussi, même si pour l’instant certains d’entre nous se sentent peu concernés par ces nouvelles car ils ne reçoivent pas d’aides directes de l’Etat-, il est essentiel que tous se mobilisent contre le désengagement de l’Etat et l’application automatique de la RGPP dans le domaine culturel et artistique.

Notre secteur d’activités est encore en développement et ne peut pas absorber une telle baisse sans des dommages sérieux. Les baisses dans les institutions et les festivals ont forcément des répercussions immédiates sur le nombre de spectacles créés et programmés. Qui elles-mêmes ont des répercussions immédiates sur les contrats des intermittents et leur nombre de cachets. Tous ensemble nous pouvons œuvrer afin d’entraver les effets de ces réactions en chaîne.

Ne nous laissons pas enfermer et réduire à une vision consumériste des œuvres de l’esprit. C’est une incohérence que nous devons combattre en tant qu’acteur de la vie culturelle et artistique comme en tant que citoyen. Pour nous-mêmes comme pour nos collègues des autres secteurs, et plus largement pour nos concitoyens.

Thierry LORENT
Président de la Fédération des Arts de la Rue


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