De l’air pour l’espace public

dimanche 31 mars 2002
par  lafede

La Fédération, association professionnelle des Arts de la Rue, rassemblement des artistes, acteurs et amoureux des Arts de la Rue :

affirme le droit à l’art dans l’espace public, question centrale dans la définition d’une politique culturelle en termes de création contemporaine, de reconnaissance des cultures populaires, et de démocratisation de la vie culturelle.

revendique les moyens nécessaires afin d’accompagner un accès à la culture pour tous.

souligne que l’état d’esprit des artistes de rue est d’ouvrir, ouvrir, ouvrir, ouvrir, ouvrir...

exprime sa totale solidarité envers l’ensemble du vivier artistique qui tente d’émerger hors des pratiques et diffusions « conventionnelles » de la culture : plasticiens, performers, danseurs, circassiens, cinéastes, vidéastes, photographes, musiciens, paysagistes et artistes choisissant la population comme partenaire.

note l’incapacité du réseau de structures culturelles nationales soutenues par le Ministère de la culture à s’ouvrir à la diffusion des pratiques des arts de la rue.

rappelle que les Arts de la Rue ne sont ni émergents (plus de 30 ans) ni intermédiaires (entre qui et qui ?) mais représentent un pan majeur de la création artistique contemporaine nourrie de la puissance des traditions artistiques populaires (carnaval, théâtre de tréteaux, musique mécanique, danse de rue...).

définit les Arts de la Rue comme actes politiques et éthiques d’artistes ayant choisi l’espace public, notamment urbain, comme lieu et sujet de leurs pratiques.

pointe que le savoir-faire des professionnels des arts de la rue consiste à brouiller les pistes du quotidien, susciter des transhumances et des curiosités, défricher de nouveaux territoires avec les habitants des villes et les habitants des champs, provoquer des brassages et des rencontres insolites, rompre les splendides isolements des Lieux consacrés, inventer des circulations nouvelles d’œuvres et de publics avec les artistes qui créent dans les lieux infinis des espaces publics.

ose rêver que l’accompagnement des artistes par l’État ne soit pas uniquement financier mais se lise par un certain nombre d’actes politiques, culturels et réglementaires.

demande la réunion annuelle des Etats Généraux de l’Art dans la Ville, associant artistes, accompagnateurs, élus, avec l’engagement de l’Etat à travers différents ministères (Culture, Ville, Intérieur, Jeunesse et Sports, Tourisme...) et de leurs subdivisions (DMDTS, DAPA, DDAT, DIV...).

demande l’accompagnement réel du Ministère de la Culture dans la sensibilisation et les échange avec les élus, avec le groupe d’étude parlementaire sur les arts de la rue.

ne peut imaginer plus longtemps l’absence des artistes travaillant dans l’espace public d’organismes comme le Conseil Economique et Social, le Conseil National des Villes...

remarque que les empiétements privés augmentent en permanence et exige que toutes les conventions d’occupation temporaire d’espace public (bars, restaurants, transports...) comprennent quelques jours exceptionnels par an pour rendre cet espace accessible aux œuvres artistiques.

revendique de manière générale que l’ensemble des mobiliers urbains soient facilement démontables pour pouvoir libérer les espaces de manière temporaire.

revendique le droit à la diffusion des œuvres sur tout le territoire.

ne se satisfait pas de la durée limitée de l’été sous nos climats et insiste sur l’importance capitale du développement des « saisons des arts de la rue ». L’Etat doit accompagner financièrement et initier ces nouveaux modes de rencontres entre œuvres et publics à hauteur de 5 M€. supplémentaires.

pointe le rôle potentiel de l’ONDA parmi les outils de la politique culturelle et demande que cet organisme soit doté d’au moins 1 M€ et d’un chargé de mission spécifique.

affirme la nécessité de la présence de la création artistique dans les événements festifs, et souligne l’importance des festivals des arts de la rue qui, au-delà de rassembler de très larges populations dans le partage et le plaisir, permettent de proposer des aventures artistiques singulières à un très grand public.

propose la création de conventionnements annuels « ville ouverte aux arts vivants » passés entre une ville ou collectivité locale, l’Etat et une compagnie. Ces conventionnements pourraient représenter 5 M€ au plan national.

n’arrive toujours pas à admettre que l’accès à la culture contemporaine soit limité à 7% de la population et que les lieux généralistes (scènes nationales et conventionnées) ne soient pas fortement incités dans leur cahier des charges à travailler dans et hors les murs, à la rencontre de l’ensemble des citoyens.

remarque que sans aide ni reconnaissance particulières, les compagnies jouent très fréquemment à l’étranger et particulièrement dans l’Union Européenne, et pointe la nécessité de définir une politique des Arts de la Rue au niveau européen : réseau de coproduction, de diffusion, de formation, mise en commun des ressources, étude des réglementations... Au-delà du soutien occasionnel de l’AFAA, l’encouragement aux échanges internationaux devrait passer par un chargé de mission particulier avec un budget spécifique évalué à 1M€.

veut que le Ministre de la Culture accompagne la création des œuvres.

se réjouit que le Ministère de la Culture ait entendu en partie la forte demande de la profession et ait indiqué sa volonté de porter à 12,2 M€ le montant global de l’apport financier de l’Etat dès 2004 mais souligne que cette somme ne correspond qu’à une mise à niveau minimum.

insiste sur l’impérieuse nécessité de développer le réseau des lieux spécifiques.

rappelle que ces lieux, créés à l’initiative d’artistes ou d’accompagnateurs des Arts de la Rue, ont développé des projets singuliers et constituent un réseau essentiel pour la création, la fabrication et la répétition des spectacles, et que la montée en puissance du soutien financier de l’Etat à ces lieux a toujours été accompagnée par celui des collectivités locales.

ne souhaite pas que l’État modélise ces équipes, mais qu’il les soutienne et les accompagne de dispositifs équivalents à ceux déjà existants pour les autres formes de spectacle vivant (centres nationaux de création, scènes nationales et conventionnées...).

rappelle qu’elle a souhaité dès 1998 la création des plusieurs Centres Nationaux de Création des Arts de la Rue.

estime qu’un soutien financier accru à ce réseau ne peut être inférieur à 3M€.

ne peut imaginer que les lieux de création généralistes (CDN, CCN...) n’envisagent pas un instant de sortir des espaces dédiés, des publics et des formes dédiés, et interpellent le Ministère de la Culture sur les missions de ces établissements, et sur les conditions de nominations de leurs directeurs.

rappelle que les compagnies d’Arts de la Rue ont été pionnières pour inventer des lieux de travail partagés, et sollicite un soutien de l’État à ces lieux au moins égal à leurs charges financières (loyers, frais fixes, fluides...).

fait du soutien aux compagnies un axe fondamental d’une politique de développement.

remarque que les compagnies d’Arts de la Rue conventionnées par le Ministère de la Culture sont généralement au minimum du conventionnement, alors que l’écriture spécifique pour l’espace public et la fabrication de dispositifs scénographiques importants ne sont pas prises en compte, et estime à 150000€ le plancher d’un soutien annuel à ces compagnies.

ne peut toujours pas accepter l’absence de mesure intermédiaire entre l’aide au projet et le conventionnement et demande instamment qu’une « marche » soit créée afin de permettre d’accompagner les équipes récentes.

regrette que les textes bloquent un certain nombre d’aides en équipement (véhicules, matériel d’hébergement ou d’accueil...).

souligne l’importance du dispositif existant de soutien aux résidences et demande son triplement (1 M€).

ne veut pas « assigner à résidence » les compagnies, et demande que le dispositif de soutien s’élargisse aux essais, aux laboratoires, aux projets éphémères, aux scénographies lourdes.

aimerait que l’État traduise son intérêt par des mesures de lisibilité et de transparence, que les mesures politiques annoncées au niveau national soient effectivement présentes en région (évitant l’effet -37% déjà observé), que la « traçabilité » des mesures soit réalisée, et que les compagnies et les structures ne soient pas ballottées entre les différents services de l’État
en région et en centrale.

attend de l’État qu’il identifie des interlocuteurs clairs en région et dans les comités d’experts.

attend une politique de développement par la ressource, la promotion, la formation et les statuts professionnels.

souhaite que l’accès aux ressources des Arts de la Rue se déconcentre et soit pensé en liaison avec les lieux spécifiques en région.

revendique du centre de ressources national qu’il soit porteur de supports éditoriaux professionnels et grand public reflétant la richesse et les problématiques des artistes et des acteurs de la création artistique en espace public.

demande qu’en 2002 commence à se mettre en œuvre la politique de formation que Madame Trautmann avait appelée de ses vœux, que cette formation touchant artistes, techniciens, élus et responsables culturels soit basée avant tout sur la matière vivante de la création (les compagnies et les lieux spécifiques), et qu’un budget d’1 M€ soit dégagé pour la mise en place d’une politique de dimension nationale.

ne peut omettre de mentionner l’importance du régime particulier d’assurance-chômage pour les intermittents du spectacle dans le paysage professionnel français.

remarque que la Fédération joue un rôle considérable dans le processus de structuration des Arts de la Rue, qu’elle est le lieu du débat et de la rencontre où s’élabore une parole commune, qu’elle met en place les outils du développement (réseau international, fiscalité, équipes en difficulté...) au plan national et au plan régional, et que sa solidification passe par un soutien financier accru de la part de l’Etat pour atteindre au moins 100 000€.

précise que son propre rôle n’est pas de désigner les équipes ou les projets à soutenir, mais de définir les axes d’une politique de développement de ce secteur.

termine son plaidoyer en espérant qu’au-delà des revendications financières légitimes du secteur, c’est bien de la place de l’art dans la cité, de la relation de l’art aux citoyens, à tous les citoyens, dont il est question quand on se penche sur les Arts de la Rue.

Chantier en cours...
Mars 2002


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