Compte-rendu du rendez-vous Fédé/DMDTS du 06/07/04 - La Fédération Nationale des Arts de la Rue

Compte-rendu du rendez-vous Fédé/DMDTS du 06/07/04

mercredi 7 juillet 2004
par  lafede

Étaient présents pour la DMDTS : Jérôme Bouët, directeur ; Catherine Fagard, sous-directrice de la création et des activités artistiques ; Marie Moreau-Descoings, inspectrice et conseillère pour les arts de la rue et les arts du cirque auprès de Jérôme Bouët.

Étaient présents pour la Fédé : Alain Taillard, Thierry Lorent, Jean-Marie Songy, Jean-Raymond Jacob, Pierre Sauvageot, Ema Drouin, et Pascale Canivet.

C’est la première fois depuis des années que nous avons un rendez-vous avec le ministère au cours duquel nous avons vraiment dialogué. Nécessité pour le ministère de renouer avec les professionnels, certes, mais aussi réelle écoute de la part de Jérôme Bouët qui a l’avantage de nous connaître de par ses fonctions précédentes (Drac en PACA, donc antécédents avec Lieux Publics, la Cité des arts de la rue, les compagnies en PACA, et l’opération des 13 lunes qu’il a vu se dérouler). Aussi, l’entretien qui a duré deux heures nous a-t-il permis enfin ! de développer la façon dont nous concevons une année des arts de la rue.

D’entrée de jeu, Jean-Raymond, que nous avons désigné comme porte-parole en tant que président (ses dires étaient développés par les autres représentants de la fédé en fonction d’une répartition fixée lors de la préparation du RDV) a affirmé que nous avons demandé qu’une année des arts de la rue ait lieu non pas comme « un feu de paille, une opération de communication ou une pendaison de crémaillère » mais comme une étape de développement pour notre secteur.

Dès le départ, poser le problème de l’année des arts de la rue était poser celui du fonctionnement de notre secteur. Ce qui signifie doubler notre budget (actuellement de 6,5 M€ à la DMDTS), disposer des mêmes outils de création, de production, et de diffusion que les autres secteurs, et obtenir des moyens qui nous permettent d’échapper à une logique de marché.

A la question posée à Jérôme Bouët sur la façon dont la DMDTS envisage cette année, celui-ci a répondu que le cabinet y était favorable et que le ministre adhérait à cette idée « de façon instinctive ». Et que rien n’était encore fixé.

Nous avons ensuite démontré que les 2 M€ dont il était question pour lancer cette année étaient très insuffisants et ne permettaient pas d’entraîner ni la profession, ni nos responsables locaux et territoriaux dans cette aventure. Qu’ils servaient tout juste à remplir les besoins sur des projets en cours tels que la FAIAR, la Cité des arts de la rue, le Parapluie, et autres grosses productions.

Aussi, notre demande est bien de 6 M€. Qui doivent servir à financer à la fois le développement pérenne et l’événementiel de l’année des arts de la rue. 6 M€ reconductibles. Et durables.

Notre interlocuteur a entendu nos arguments à ce sujet, et nous a expliqué qu’il était dans l’attente d’une confirmation d’une augmentation de budget de 30 M€ pour le ministère en 2005. Il a également exprimé son accord sur l’insuffisance de la somme qu’il dit ne pas être définitivement fixée.

Les deux parties ont convenu qu’une annonce sur les arts de la rue ne devait pas être précipitée tant qu’il n’y avait pas d’assurance sur des moyens adéquats. (Il y avait semble-t-il un projet de la faire lors de Châlon dans la rue).

Nous sommes ensuite entré dans ce que nous entendons par année des arts de la rue, dans sa dimension événementielle, en expliquant que nous devons être vigilants et veiller à ce qu’elle ne soit pas une opération fourre-tout sur les arts urbains et les arts dans la ville, que nous tenons à ce que le spectacle vivant soit au cœur du projet et que l’accent soit mis sur la création. Année du spectacle de rue, année du public, année de l’écriture pour l’espace public... mais pas année des arts populistes, année de l’art public... La dénomination reste à trouver.

Nous avons ensuite insisté sur le fait que nous devons monter cette année en relation étroite avec les collectivités locales et territoriales et que, pour ce faire, des représentants de celles-ci doivent être associés dès sa conception, d’autant plus avec la tension politique actuelle. La Fédé s’est proposée de s’engager plus particulièrement sur ce terrain, les professionnels étant les mieux placés pour s’adresser à leurs élus locaux et territoriaux. Jérôme Bouët nous a exprimé l’importance d’inclure les régions dans ce processus - maillon faible parmi nos interlocuteurs lui avons-nous dit. Nous avons rappelé que pour compter sur les collectivités, il était nécessaire que les moyens financiers émanant de l’État soient à la mesure de l’enjeu.

En outre, nous avons insisté sur le fait qu’au-delà des annonces publiques sur cette année des arts de la rue, il était nécessaire qu’une écriture artistique soit la trame de ce temps fort pour les arts de la rue afin que la résonance artistique ait une dimension nationale.

En ce qui concerne les dispositifs à enclencher pour notre développement durable, nous avons souhaité que s’enclenche un travail sur le législatif, notamment sur la question d’une licence spécifique à la création dans l’espace public.

Et avons répété nos besoins en terme d’outils pérennes de création, de production, de diffusion que je ne rappelle pas ici puisqu’ils ont fait l’objet de la majorité de nos demandes auprès du ministère depuis plus de cinq ans.

Tous les questionnements dont nous avons débattus ont permis de poser les bases de réflexion d’un groupe de travail qui devrait se constituer rapidement comprenant des professionnels et les services du ministère. J. Bouët nous a demandé de faire une liste de 15 personnes que nous souhaitons y voir, liste qui lui sera transmise d’ici à la fin de semaine. Ce groupe de travail précédera un éventuel comité de pilotage.

Pour Jérôme Bouët, le rôle de ministère sera de servir de cadre et d’apporter des moyens. L’objectif est que les collectivités aient suffisamment d’espace pour s’associer au projet et en faire un projet d’ambition nationale.

En ce qui concerne l’organisation de l’année des arts de la rue, tout est à construire. Ce qui suppose des dispositifs de coopération qui laissent la place aux professionnels.

Pour nous, il est essentiel que ce projet soit à deux volets : des objectifs de l’ordre du pérenne et des objectifs de l’ordre de l’événementiel.

En conclusion de l’entretien, nous sommes revenus à l’annonce sur l’année des arts de la rue qui serait faite dès que les objectifs et les moyens de l’année des arts de la rue seront fixés (un premier groupe de travail devrait se réunir avant la fin de l’été). Cependant, le ministère sera présent à Aurillac afin de renouer le dialogue avec la profession.


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