Compte-rendu du CA du 22 septembre 2005, HorsLesMurs (Paris)

mardi 4 octobre 2005
par  lafede

Etaient présents : Alain Beauchet, Thierry Benoist, Serge Calvier, Pascale Canivet, Patrick Dordoigne, Jean-Raymond Jacob, Olivier Lataste, Maud Le Floc’h, Caroline Loire, Thierry Lorent, Vincent Martin, Luc Perrot, Pierre Prévost, Ariane Theis, Thérèse Toustou.

Excusés : Michèle Bosseur, Gérard Boucard, Ema Drouin, Jean-Baptiste Duperray, Françoise Léger, Frédéric Michelet, Palmira Picon-Archier, Alexandre Ribeyrolles, Pierre Sauvageot, Alain Taillard

Absent : Bernard Colin

Ordre du jour :
- bilan de la présence de la fédération sur les festivals
- point sur l’évolution de la régionalisation
- examen des points d’étape de chaque groupe de travail du comité de pilotage du Temps des arts de la rue et positionnement de la Fédération
- divers : point sur la SACD et sur les travaux de l’UFISC
- date du dernier CA et de la prochaine AG

1. Bilan de la présence de la Fédération sur les festivals

Il apparaît clair, à l’issue de cette période festivalière, que les festivals ne sont pas des lieux d’adhésion ou de renouvellement de cotisation mais d’information.
En dehors des professionnels stricto sensu, de nombreuses demandes d’informations sur les permanences ont été faites par :
- des personnels des collectivités territoriales,
- des organismes de formation souhaitant inclure des modules arts de la rue dans leur programme,
- des personnes préoccupées par la problématique de la diffusion.

Il est à noter qu’un questionnement récurrent se développe autour des pratiques de diffusion dont le sentiment général est que ceux qui font les arts de la rue sont les producteurs et les diffuseurs et non plus les équipes de création.

Débat sur la structuration en cours et réflexion à mener dans le cadre du temps des arts de la rue :
- attention au formatage de la création et à l‘effet « les payeurs sont les décideurs » .
- constat que la parole des compagnies n’est pas assez présente au sein des groupes de travail du Temps des arts de la rue (groupe 3 « structuration des compagnies » : point d’étape creux ; groupe 1 « lieux de production » : piloté par la DMDTS, ce groupe est limité aux neuf personnes directement concernées).
- conclusion : la Fédération doit jouer le rôle de contrepoids et assurer un rééquilibrage quant à la représentation des équipes artistiques.

2. La régionalisation

Rappel (1) : Lors de l’AG de mai dernier, la Fédération s’est engagée à produire un document sur la construction de la régionalisation avec l’objectif de le soumettre à l’AG de fin d’année.
Rappel (2) : Les deux délégués sur ce chantier de la régionalisation sont Alain Taillard et Pierre Sauvageot.

Faisant suite au diagnostic selon lequel très peu d’échanges autour de ces expériences de régionalisation ont lieu, il est apparu nécessaire de fixer une réunion incluant tous les collectifs arts de la rue (fédé et hors fédé). L’objectif central de cette réunion sera la rédaction du texte à présenter à l’AG de novembre, incluant notamment la formalisation du lien entre Fédération nationale et Fédération en région. Mais ce sera aussi l’occasion d’un échange et d’une confrontation d’expériences entre les différents regroupements.

Les dates fixées pour cette réunion sont les 3 et 4 novembre 2005. Lieu : Marseille.

Tour d’horizon des différents regroupements en région :

En Midi-Pyrénées, trois rencontres ont eu lieu pour le moment :
- le 10 juin, à l’initiative du Centre National de Production (les Pronomade(s)), une trentaine de personnes s’est réunie autour de la question de la création d’un groupe arts de la rue en Midi-Pyrénées lié à la Fédération. Se sont clairement formés deux mouvements : les pro-Fédé / les contre.
- une autre rencontre a eu lieu dans le cadre du festival d’Aurillac.
- à l’issue d’une troisième rencontre, le 9 septembre 2005, un objectif est posé : être ensemble (sous forme de collectif informel ou de structure associative) pour défendre le secteur, et deux outils sont envisagés : la rédaction d’une charte, et la création d’un « catalogue-répertoire » des compagnies de la région.

Conclusion : il est clair que des choses vont se faire, comment et sous quelle forme, on ne sait pas encore.

Prochaine réunion : le 13 octobre à Graulhet.

En Rhône-Alpes, il existait à la base un collectif informel ayant la volonté de s’ouvrir. Au fil des réunions, le groupe étoffé (composé d’une vingtaine de personnes à ce jour) décide de se structurer. L’objectif est de créer une association, qui soit la plus couplée possible avec la Fédération Nationale. En outre, la table ronde ouverte aux élus et acteurs culturels de la région, qui s’est tenue vendredi 16 septembre à Félines, a développé le sentiment que les élus locaux sont prêts pour l’organisation de rencontres d’information et de sensibilisation. Enfin, vendredi 23 septembre, une délégation de la Fédération Rhône-Alpes est reçue par la vice-présidente de la région (qui laisse transparaître une forte volonté de soutenir les arts de la rue à partir de 2006).
Conclusion : il est impératif de créer une structure juridique rapidement, l’idéal étant même d’obtenir une subvention pour la création d’un poste de coordinatrice en Rhône-Alpes.

En PACA, la configuration est particulière : la présence de grosses structures et de gros projets inhibe les initiatives et accapare la politique culturelle de la région, qui concentre son action auprès de ces seules « structures-vitrines ». L’émergence d’une Fédération PACA s’inscrit dans un paysage des arts de la rue déjà fortement constitué et dans lequel les politiques en faveur du secteur semblent fermées. En outre, il était prévu une rencontre professionnelle à l’occasion du programmation d’Ilotopie le 7 octobre à l’Isle-sur-Sorgue, mais la mairie n’apportant plus la subvention attendue, le spectacle est annulé et avec lui les rencontres. À la première difficulté s’ajoute alors une seconde, l’essoufflement : comment remotiver tout le monde ?

Aparté de Serge Calvier : l’application rigide des textes aurait entraîné en PACA un sabrage de 45% des licences d’entrepreneur. La Fédération PACA n’aurait pas été solidaire de mouvements de contestation.

réponse d’Alain Beauchet : La fédé PACA n’existant pas formellement, elle n’a pu recevoir de sollicitation ni par conséquent être solidaire d’un quelconque mouvement.
Par ailleurs, la coordination de la Fédé n’a pas été contactée à ce sujet.

En région Centre, le faible niveau de forces vives laisse penser que si une Fédération doit se créer, ce serait plutôt une Fédération interrégionale (avec La Loire-Atlantique, le Poitou-Charentes... par exemple). Une intervention a quand même eu lieu auprès de la région : le dépôt d’un même faux programme, le même jour, par différentes compagnies. Une intervention qui a fait son effet : plusieurs rendez-vous, avec la DRAC, la région et le département, sur la considération des arts de la rue, sont à fixer d’ici fin octobre.
A noter : sur cette région, on identifie plusieurs compagnies en grande difficulté (Tortue Magique, Brayses).

En Picardie, on identifie un rassemblement d’une dizaine de compagnies motivées pour créer d’ici peu de temps une association, qui restera ouverte à toutes les énergies locales. Le problème sur ce territoire : peu de soutien de la DRAC qui n’est pas réceptive aux arts de la rue...

En Nord/Pas-de-Calais, on attend beaucoup de la Fédération Ile-de-France et de l’équipe du Vieux-Condé. Les rencontres en Seine-Saint-Denis et à Bobigny en novembre vont sans doute générer quelques initiatives. À suivre.

En Ile-de-France, l’association (Fédération Régionale des arts de la rue en Ile-de-France) a été créée en juin dernier, sur le principe « une cotisation, deux adhésions » (en région et au niveau national). Le financement du poste de la coordinatrice est en cours de négociation.

prochaines dates : Rencontres professionnelles le 17 novembre à Eaubonne et le 24 novembre à Bobigny.

En Normandie, le travail à effectuer en priorité est un travail d’information et de sensibilisation. Dans ce but, il est prévu de réaliser une plaquette explicative de ce que sont les arts de la rue qui sera distribuée à tous les élus de la région. Le regroupement concerne à ce jour une dizaine de compagnies, dont la moitié est mise en difficulté par les nombreuses et pointilleuses inspections du travail qui ont lieu en ce moment au Havre.

3. Les travaux de l’UFISC

- La DILTI : Délégation interministérielle à la lutte contre le travail illégal.

À noter : loin de cesser, les contrôles de la DILTI vont s’intensifier au sein du secteur du spectacle vivant qui reste une priorité. Les officines notamment vont être scrutées.

Une question importante se pose à ce jour pour la Fédération : En tant que professionnel, comment se positionner par rapport à la DILTI ? La Fédération, via l’UFISC, doit-elle faire partie de la DILTI ?

Examen de la question :

Pour faire ses inspections, la DILTI a besoin d’être formée aux spécificités du secteur du spectacle vivant. L’idée que les inspections doivent se faire en corrélation avec la profession va contraindre la Fédération à se positionner clairement et vite.

- Faire partie de la DILTI peut placer la Fédération dans une position ambiguë par rapport au reste de la profession.
- Néanmoins, il est important de ne pas laisser la chaise vide, à la disposition d’une structure moins bienveillante qui pourrait développer un système de délation.
- En faisant partie de la DILTI, la Fédération pourrait jouer un rôle de modérateur, intervenir en amont, faire entendre les spécificités du secteur du spectacle vivant : que le Tiers secteur n’est pas à traiter comme le BTP, que le travail bénévole doit être valorisé...

Echéance : une charte « du bon employeur » va être rédigée. Après son examen, la Fédération pourra prendre une décision quant à son positionnement au sein de la DILTI.

- Les conventions collectives :

Il est important que La Fédération soit présente et vigilante sur la question des conventions collectives. La convention SYNDEAC (qui est une convention étendue au - et non rédigée pour le spectacle vivant) est partiellement inadaptée et inapplicable au sein de notre secteur. Or, à cette heure d’intensification des contrôles, l’hypocrisie devient dangereuse. Afin d’être active sur ce chantier, la Fédération doit :
- rédiger un courrier sur : la spécificité du secteur, l’inadéquation des conventions collectives existantes, sa volonté de participer au chantier ? La Fédération doit demander à siéger au CNPS.
- au-delà de ce rôle de représentant, ouvrir un chantier interne sur la question, auquel participeront des membres du CA de la Fédération ainsi que des personnes extérieures compétentes ? idée de solliciter un juriste (Antoine Billaud d’HorsLesMurs, par exemple) sur une étude comparative des différentes conventions collectives existantes. L’objectif étant d’avoir les ressources nécessaires et suffisantes lorsque les ministères de l’emploi et de la culture convoqueront la profession pour l’élaboration d’une nouvelle convention.

Au vu de la quantité et de la complexité du travail émergeant du « chantier UFISC » (emploi + convention collective) a été réaffirmé le besoin de recruter un coordinateur exclusivement consacré à ces problématiques.

4. Examen des points d’étape

- Groupe 2 : « Ecrire pour l’espace public »

L’emploi du conditionnel dans l’ensemble du texte est contesté : le futur semble plus approprié dans la mesure où les groupes de travail du Temps des arts de la rue réfléchissent à une réalité à venir et non à une réalité hypothétique.

- Groupe 3 : « Structuration des compagnies, lieux d’implantation et rapport au territoire »

S’agissant du seul groupe de travail consacré aux compagnies, le contenu du point d’étape apparaît léger (par rapport à l’importance de l’axe). Ne sont pas évoqués :
- les lieux de compagnies non mutualisés et non centres de production
- la notion de soutien direct aux compagnies (pour une autonomie de création artistique)
- le conventionnement
- l’aide à la mobilité...

- Groupe 4 : « Diffusion »

Il est dommage que la forme festivalière, qui a construit de manière conséquente la profession, n’apparaisse pas dans ce point d’étape. Auraient pu être notamment évoqués : le maillage très important des petits festivals, les conditions d’accueil des compagnies, le désengagement de l’état sur ces formes festivalières...

- Groupe 6 : « Formation et métiers »

La présence du terme « métiers » dans la dénomination du groupe est injustifiée : rien ne fait référence au métier dans ce point d’étape.

- Groupe 8 : « Evénement »

Les modalités de l’événement 2006 (9 objets dans 9 lieux) ne sont pas précisées : qui décide ?

La séance est levée à 18 h 30.
Les avancées de la SACD n’ont pas pu être débattues lors de la réunion.

Par ailleurs, il est décidé que la coordination proposera des dates d’AG en ligne au CA (journée qui sera précédée de la dernière réunion du CA actuel) afin que l’information soit diffusée auprès de la profession dès que possible.