Compte-rendu de la réunion sur la structuration de la profession en région, les 3-4 novembre 2005, Marseille

lundi 9 janvier 2006
par  lafede

Une trentaine de représentants des regroupements régionaux pour les arts de la rue se sont réunis à Marseille les 3 et 4 novembre 2005 à l’initiative de la Fédération des arts de la rue.

La réunion a un double objet :
- d’une part établir un état des lieux de la structuration de la profession en région, dans une logique d’aménagement du territoire,
- d’autre part mettre au point un mode de relation entre ces regroupements, qu’ils se revendiquent ou non de la Fédération des arts de la rue.

1. Tour de table descriptif des initiatives se développant en régions

En un premier temps, les représentants des régions présentes font part de leur développement.

- La Bretagne :
L’objectif du regroupement en Bretagne - la Fédé B ou Fée des baies - est de mettre en relation les élus avec les artistes dans un mode qui évite l’intervention d’intermédiaires. Son objet est d’avoir une ascendance sur les pouvoirs publics afin de permettre le développement de politiques culturelles en faveur des arts de la rue. Le regroupement n’a pas pour ambition de se transformer en cellule de pouvoir décisionnel.
Un premier état des lieux du secteur dans la région a pour objet de mettre en valeur le degré de pérennisation des structures.
Le groupe autoproclamé est informel. Sa structuration en tant qu’association n’est pas à l’ordre du jour.

- Le Centre :
Le regroupement en région Centre s’est constitué en relation avec le lancement du temps des arts de la rue. Un premier projet relatif au développement de la diffusion en région a été construit à partir d’équipes artistiques essentiellement.
Le besoin de créer une structure régionale n’est pas ressenti, les compagnies étant déjà membres d’un certain nombre de regroupements régionaux tels que le SYNAVI et Fédercies Centre . En cas de soutien et de financement du projet collectif par les pouvoirs publics, c’est la structure Pôlau, déjà existante, qui servirait de support juridique.

- La Franche Comté :
Un premier regroupement de compagnies, la Franc-Comtoise de Rue, existe. Il n’a pas pour objet d’accompagner la réflexion des pouvoirs publics sur le développement des arts de la rue en région.
Une étude récente comprenant un état des lieux du secteur et notamment l’identification des acteurs vient de voir le jour. Elle propose un développement sur trois ans.
Actuellement, c’est le conseil régional qui se positionne comme acteur principal de l’avenir du secteur notamment avec la mise en place de groupes de travail visant à établir un schéma directeur pour l’activité culturelle et artistique de la région. A ce jour, les professionnels des arts de la rue ne sont pas considérés comme des interlocuteurs privilégiés par la région.

- L’Ile de France :
C’est l’arrivée de Bertrand Delanoë qui a permis aux professionnels de la région de franchir une étape de structuration. Consultés par la Ville de Paris pour réfléchir à la présence des arts de la rue dans la capitale, les professionnels ont pris leur avenir en charge en décidant de monter des opérations de sensibilisation à destination des élus, des membres des services concernés par les arts de la rue dans les collectivités locales et territoriales, des diffuseurs et des programmateurs.
Ces rencontres ont nécessité la constitution d’une « Troupe éphémère » maîtresse d’œuvre de chaque rencontre (une régionale en 2003, 5 départementales en 2005). La Troupe éphémère s’est développée à partir d’objectifs collectifs et politiques qui sont les fondements de la Fédération des arts de la rue en Ile de France, association dont les statuts ont été déposés en préfecture de Paris en juillet 2005, notamment pour recevoir des financements de la région et de la Drac Ile de France.
A ce jour, la Fédé Ile de France a adopté un lien de filiation direct avec la Fédé. Ses statuts sont issus de ceux de la Fédé. Le montant des adhésions est le même que celui de la Fédé. Une cotisation ouvre la double adhésion.
Une coordinatrice vient d’être embauchée sur la base d’un contrat à mi-temps.

- Le Languedoc-Roussillon :
Le regroupement s’est formalisé sous forme d’association en octobre 2004. Il se revendique de la Fédération des arts de la rue tout en n’ayant adopté que partiellement le mode de fonctionnement de la Fédé. Il est déjà l’interlocuteur privilégié des instances locales et territoriales afin de développer les arts de la rue au niveau régional.
Les premières démarches ont été :
- de faire un inventaire des ressources régionales
- d’accroître la lisibilité du secteur sur la région par le biais d’une plaquette
- la présence de la fédé LR sur différentes manifestations arts de la rue
- sa participation à l’organisation de rencontres professionnelles pour les ars de la rue.
Sur la demande du conseil régional et de la Drac, le regroupement des arts de la rue a créé en 2005 un lien avec le collectif cirque du Languedoc-Roussillon.
Actuellement, avec 41 membres et de nombreux projets de communication, des moyens seraient nécessaires pour financer un poste de coordination.

- La région Midi-Pyrénées :
Le regroupement en Midi-Pyrénées a retrouvé de la vivacité avec le lancement du temps des arts de la rue.
A ce jour, la constitution sous forme d’association n’est pas à l’ordre du jour. On observe une réticence certaine vis-à-vis d’une filiation éventuelle avec la Fédération des arts de la rue.
Un premier travail d’état des lieux est en cours. Il devrait aboutir sous forme de catalogue. Par ailleurs, un site informatif sur les arts de la rue devrait voir le jour prochainement.

- Le Nord-Pas-de-Calais :
Un premier regroupement initié en 2001 est resté sans suite, faute de pilote.
Une autre forme de regroupement pourrait voir le jour en 2006-2007 en s’appuyant sur des acteurs professionnels basés à Lille et d’autres dans le Valenciennois.
Un projet de rencontre professionnelle développée avec les professionnels de l’Ile de France est en cours de réflexion.

- l’Aquitaine :
Un premier regroupement en Aquitaine s’est constitué en 2001. Il pourrait être réactivé dans une logique inter-régionale, notamment en lien avec le développement des arts de la rue en Poitou-Charentes.

- La Provence-Alpes-Côte d’Azur :
La région bénéficie et souffre aussi de la présence de structures historiques de dimension nationale qui sont soutenues par les instances locales et territoriales.
C’est ainsi que si les arts de la rue sont effectivement pris en compte par les collectivités, c’est essentiellement en concentrant les moyens sur un nombre réduit de bénéficiaires. Au-delà de ceux-ci, des mesures pour le développement de la diffusion en région, l’accompagnement de projets d’implantation de compagnies comme le soutien à l’émergence seraient nécessaires.
La difficulté de la mise en place d’un regroupement dans cette région est soulignée.
Enfin, il existe une structure chargée du développement des arts de la rue sur la région qui est actuellement l’unique interlocuteur des pouvoirs publics. La présence d’un regroupement de professionnels actifs semble être ressentie comme un « doublon » de cette structure par les collectivités territoriales.

- La région Rhône-Alpes :
Dès l’origine, le regroupement des arts de la rue en Rhône-Alpes a été piloté par des membres de la Fédération des arts de la rue, et notamment des membres du Conseil d’Administration. C’est ainsi que la filiation à la Fédération est inhérente au fonctionnement du regroupement, et se transcrit notamment en matière de circulation de l’information et de réflexions menées par le regroupement. Celui-ci est constitué de professionnels concernés par le travail de création dans l’espace public (à l’exclusion notamment d’agences d’opérations événementielles).
Deux à trois rendez-vous réguliers ont été programmés depuis 2001. Ils ont permis aux uns et aux autres de mieux se connaître et de constituer un premier noyau de pilotes qui sont aujourd’hui ceux qui développent les relations avec les pouvoirs publics.
Le développement des arts de la rue en Rhône-Alpes bénéficient actuellement de deux atouts : la réflexion de la région sur la politique culturelle et artistique à mettre en place, et le temps des arts de la rue.
La Fédération des arts de la rue en Rhône-Alpes devrait déposer des statuts d’association loi 1901 très prochainement. Elle a reçu une première subvention en 2005 pour préparer une rencontre de sensibilisation aux arts de la rue destinée aux élus, agents territoriaux, scènes régionales... en relation avec le Conseil régional. Cette rencontre est prévue en mars 2006.

2. Réflexions sur les relations entre les regroupements régionaux et la Fédération

- La question de la formalisation de la filiation entre les regroupements et la Fédération est prématurée.

D’une part parce que les regroupements sont encore à une phase de structuration initiale et ont à trouver leur fonctionnement singulier.
D’autre part parce que la diversité de ces regroupements, et de leur composition ne permet pas de trouver un cadre unique commun.
Cependant des propositions sont à faire pour réguler la relation entre la Fédération et les Fédérations des arts de la rue en région (soit la Fédé Languedoc-Roussillon et la Fédé Ile de France).

- La question du montant des adhésions des Fédés en région et de celui de la Fédération des arts de la rue ne peut être résolue de façon uniforme, les pratiques étant différentes.

Aussi, est-il proposé que lorsqu’il y a montant de cotisations identiques, il y a de fait double adhésion -en Fédé régionale et en Fédé. Lorsque tel n’est pas le cas, la cotisation en région ne couvre pas l’adhésion à la Fédération des arts de la rue, et vice-versa.

- La question de la représentation des regroupements régionaux au sein de la Fédération donne lieu à quatre hypothèses de résolution :

- adhésion à la Fédé du regroupement en tant que structure (sur le mode opérationnel actuel ou en créant un troisième type de membre à la Fédé),
- adhésion d’un certain pourcentage des membres de la Fédé région à la Fédé (51 % par exemple),
- adhésion du Président du regroupement, de son bureau, de son conseil d’Administration. L’un d’entre eux peut se présenter au Conseil d’Administration de la Fédé et y prendre la parole au nom du regroupement concerné.
- désignation d’un représentant qui serait membre statutaire du Conseil d’Administration. Ce qui serait valable pour les Fédés régions affirmant leur filiation à la Fédé.

- Le rôle de la Fédération des arts de la rue dans la structuration de la profession en région comprend plusieurs aspects :

- Continuer à favoriser et accompagner les regroupements régionaux.
- Coordonner l’information nationale et interrégionale.
- Faciliter l’entraide entre les regroupements régionaux.
- Prendre en charge les dossiers de dimension nationale, soit ceux qui concernent l’ensemble de la profession.
- Bâtir une argumentation et un langage communs destinés à sensibiliser les divers partenaires des arts de la rue à nos formes d’expression artistique et nos besoins.
- Contribuer à établir des états des lieux sur des thématiques sensibles en collectant des données régionales (comme les emplois aidés, les retombées économiques des festivals de rue...).
- Rendre compte de la diversité des contextes territoriaux au niveau national.
- Repérer des correspondants dans les régions sur lesquelles il n’y a pas de regroupement à ce jour.

- Le rôle des regroupements régionaux dans le développement des arts de la rue :
- Devenir l’interlocuteur des divers partenaires dans une région et les mettre en relation.
- Développer des dynamiques inter-régionales.
- Sensibiliser les acteurs locaux.
- S’emparer du temps des arts de la rue.
- Contribuer à l’avancée d’un dossier de dimension nationale ou s’en emparer si les compétences requises sont présentes au sein d’un des regroupements.
- Ouvrir les regroupements à des acteurs locaux du territoire tels que les associations citoyennes.
- Accompagner le développement des régions dans lesquelles il n’y a pas de regroupements régionaux.
- Constituer des plateformes de lobbying sur des préoccupations communes telles que l’emploi artistique.

EN CONCLUSION...

La réunion s’est révélée fructueuse essentiellement en tant que plateforme d’échanges d’expériences et de témoignages sur, d’une part, l’état des arts de la rue dans les divers territoires, et d’autre part, la constitution des regroupements de professionnels en régions.

Les participants ont décidé majoritairement qu’il y a lieu à provoquer ce type de rassemblement deux fois par an. Par ailleurs, une liste participative d’information et de discussion permettra de garder un contact vivant tout au long de l’année.

Le lien de filiation entre la Fédé et les regroupements n’a pas lieu d’être formalisé outre mesure, en tout cas pas au-delà d’une règle de jeu minimale entre la Fédération et les regroupements adoptant la dénomination Fédé en région. Cette règle du jeu soit s’attarder essentiellement sur le mode de représentativité des Fédés en région au sein de la Fédé des arts de la rue, sur le mode d’adhésion (double ou pas) et la répartition des montants d’adhésion.

Il n’y a globalement pas d’urgence à revoir le fonctionnement de la Fédé en fonction du développement des regroupements régionaux.

Enfin, il est à noter que l’ensemble des regroupements tient à ce que la Fédé des arts de la rue serve de pilier au secteur, et à ce titre se doit d’être solide. Les regroupements régionaux n’entendent pas se substituer à la Fédération mais agir en complémentarité.

L’essentiel des réflexions et des actions à mener conjointement entre la Fédé et les regroupements consistera à affiner au mieux ces complémentarités.

Car, comme nous le rappelle Gildas Puget, « le tout vaut plus que la somme des parties ».


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