Carnet de bord du manifeste - La Fédération Nationale des Arts de la Rue

Carnet de bord du manifeste

lundi 19 mars 2007
par  lafede

Cet article qui est un échange d’emails au sujet du manifeste est complété régulièrement par les emails qui arrivent au fur et à mesure....N’hésitez donc pas à ouvrir ce même article au fil du temps....

De Pierre Prévost à Liste Rue le 7/02/07 à 10h54

Peut-on définir un torrent ?
Faire le tour d’une tempête ?
Résumer exhaustivement une foule ?
Je n’ai pas commenté le manifeste finalement adopté
J’ai participé à sa gestation
J’ai mis des mots dedans
Et puis j’ai considéré qu’à un certain moment je n’en avais plus la
responsabilité
Que d’autres mains devaient le prendre en charge
Cela s’est fait
dans le sens d’une épuration, d’une réduction, d’une simplification
Plutôt intelligente
Aujourd’hui je constate qu’il donne envie de contre-manifestes
Jacques Livchine prône le sien
Maud le Floch propose sa version
Nicolas Soly monte un blog pour en établir un autre :

http://blog.ifrance.com/nicolas.soloy

Parfait !
Que mille manifestes fleurissent !
Nous sommes tellement pluriels
S’il pouvait en être autant de la journée du 27 Octobre 2007
Inventive
Manifestive
Insolente
On n’aurait pas trop perdu notre temps...

Bien à vous

Pierre P.

pierre.prevost@acidu.com

De Michel Risse à Liste fédération le 14/03/07 à 8h30

Voilà plusieurs semaines que ça me trotte dans la tête.

Il y a eu urgence, on s’est réunis à quelques uns, on a sorti
quelques lignes, Pierre Prévost a retravaillé dessus, et puis pfuitt,
vite, vite, c’est ça le manifeste.

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi je le trouve vraiment
faible.
Pas stupide, pas faux, pas indéfendable, pas trop long pas trop
court, écrit en français correct.
Mais laborieux, pas inspiré, pas drôle, sans souffle, et cherchant à
pouvoir être lu par un ministre et le chauffeur du ministre. Bref,
médiocre, au sens originel de (un peu trop) "moyen".

Il y manque enfin l’élément indispensable à tout manifeste digne de
ce nom, sans quoi ce n’est plus qu’une lettre anonyme et sans valeur :
les signatures des rédactrices et des rédacteurs, ainsi que de toutes
celles et ceux qui y adhèrent et seraient fier(e)s de l’avoir écrit.
Je ne le suis pas, et je ne suis donc pas non plus prêt à le signer.

A vous,


M_i_c_h_e_l____R_i_s_s_e_____


D_e_c_o_r___S_o_n_o_r_e______

mrisse@club-internet.fr

De Pierre Prévost à liste Fédération le 14/03/07 à 18h12

Je suis né dans la rue
Oh oui dans la rue
Et si je ne m’en suis pas contenté
C’est avec son nom qu’on m’a baptisé.
Arts de la rue
Oh oui !
hard et ardu
de tailler dans les courants d’air
des croupières aux vieilles litières
aux clubs élitaires
aux petites boites délétères
installer dans l’espace public
le meilleur de l’art, le plus chic
sans que le public
ma raison de vivre et de jouer
ait à payer.
On me traite comme un baltringue
et pourtant je me revendique
D’Homère, de Shakespeare
De Picasso de Klee
De Mozart de Satie
Du jazz black
Des artistes foutraques
qui ont toujours voulu faire reculer les murs
Je gueule parfois et je murmure
Je suis fou de culture
De rencontres d’échanges et de rires
Je sème à tous vents
hors-champ
Des chants à reprendre à plusieurs
Des visions à décortiquer
Des insolences
Des itinérances
Et je me battrai autant qu’il faudra le faire
Pour continuer à le faire
De l’art vivant
en en vivant.

Hardeux LaRue

pcc Pierre Prévost

pierre.prevost@acidu.com

De Michel Risse à liste Fédération le 16/03/07 à 8h09

Le 14 mars 07 à 15:52, Jacques LIVCHINE a écrit :

livchine@theatredelunite.com

Je profite de la porte ouverte par Michel pour m’engouffrer
derrière lui.

Bien sûr ce n’est pas encore ça le manifeste, mais pragmatiquement il
fallait sortir quelque chose, si j’ai bien compris.

Je n’ai pas mieux à proposer, et pas vraiment le désir, parce qu’on
sent
tellement que tout le monde s’en contre fout.

Michel Risse :

C’est assez vrai, mais ça ne me console pas !

Jacques Livchine :

Pierre Prévost rêvait d’une énorme ébullition, et voilà,
un petit mot de Loredana, le grand débat était un grand silence.

Moi j’applique une règle élémentaire, soit je crois avoir mieux et je
propose, soit je me tais.

Je dis ça à Michel Risse.

T’es pas satisfait ? As tu mieux ?

Michel Risse :

Oh oh ! ça s’appelle un camouflet...
Mais je suis d’accord avec ta règle élémentaire ; et pourtant je
n’arrive pas à me résoudre à la publication de ce petit fanion
reprisé, alors que je rêvais d’un grand drapeau auquel se seraient
ralliés penseurs, artistes, et même la femme du sous-préfet tellement
ça aurait été génial. Bon, je suis comme ça, les bonnes idées pour le
spectacle me viennent toujours après la première.

Jacques Livchine :

Je crois qu’on s’est planté sur la méthode. Fallait discuter comme
on l’ a
fait, parler de ce qui nous était spécifique, et ensuite la
rédaction ne pouvait être que personnelle

Michel Risse :

Il n’est pas trop tard, là aussi je suis comme ça : tant que ce ne
sera pas sorti de chez l’imprimeur, il y aura toujours mieux à écrire.
Le monde ne bouge plus que par des attitudes très pragmatiques, là je
trouve que nous manquons d’idéalisme, un comble pour des artistes.

Jacques Livchine :

On a esquissé ça, mais après on a recollé des bouts. Pas excitant.

Et le 27 octobre qui nous sortira de l’ornière ?

D’où sort cette date ?

Va falloir des super locomotives pour tracter ce temps des arts de
la rue,
dis donc...

Michel Risse :

Personne ne nous a rien demandé, il faut se sortir de l’idée que
l’Etat nous commande un super événement, c’est une fausse piste
complète.


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mrisse@club-internet.fr

de Michel Risse à Liste fédé le 16/03/07 à 9h05

Le 14 mars 07 à 18:12, Pierre Prévost a écrit :

Pierre Prévost

Moi non plus, il ne me satisfait pas pleinement ce Manifeste, mais
pourtant quand je le lis ou le fais lire à quelqu’un, ya pas de
commentaire genre : "qu’est-ce que c’est que cette daube ?" ou "
qu’est-ce que ça veut dire ?". On nous y retrouve, il nous ressemble.

Michel Risse

Ben ça doit être ça qui me gêne. Nous sommes plus beaux en vrai que
sur la photo. Nous ne sommes peut-être pas manifestogéniques...

Pierre Prévost

Et
mis à part certaines frustrations dont Michel est un des porte-
paroles,
il n’a pas suscité de contestation d’importance, même sur la liste
rue,
pourtant prompte dès lors qu’il y a du sucre à casser quelque part.
Même s’il contient au moins une maladresse (l’allusion aux troupe
et aux
festivités au milieu d’une envolée qui ne le nécessitait pas) et un
oubli (que ce rajout maladroit a essayé de rattraper) il est, sinon
digne de nous, à tout le moins idoine à notre situation. A savoir :
on ne peut plus dire qu’on nous ignore éhontément tout en étant évidemment
frustré du résultat. On réclame, on se revendique, sans pour autant
jouer notre peau.
Michel a trop lu de Manifestes sans doute et il en attend trop.

Michel Risse

Il faut toujours attendre trop. Nous sommes là pour ça.

Pierre Prévost


Le Manifeste Dada a été un point de départ d’un mouvement qui
n’existait
au début que par lui. Tout comme le Manifeste du Théâtre Réaliste de
Coppeau qui a fait long feu....
Le véritable Manifeste des arts de la Rue, il s’est déjà fait dans les
actes, et depuis belle lurette, avec Ilotopie, le 2cv Théâtre,
Roman-Photo et quelques autres, excusez moi Dupneu ! Et il serait
bon que
chacun se persuade que chacune de ses productions est un manifeste en
soi. Le nôtre, l’écrit, c’est un sous-titre, tout au plus, que j’ai
rédigé en y glissant quelques mots qui me semblaient importants mais
avec la conscience d’une parole plurielle derrière, celle d’une
profession disparate et d’un public encore plus. Comme un hymne
national. Si tu veux que tout le monde le chante, tu fais dans le
général, le consensuel.
Un manifeste couillu viendra sans doute un jour, mais qui ne sera
pas de
l’ensemble de la profession et qui dira : "les vieux vous êtes gentils
avec vos animations conceptuelles aussi révolutionnaires que le
concours
de l’eurovision. La rue, vous passez à côté, c’est aute chose, c’est
ailleurs et c’est comme ça" Mais on en est pas là. On est encore trop
petits pour ça.

Michel Risse

Non non non ! Justement un manifeste n’a rien de consensuel, c’est
une parole qui affirme l’improbable, qui bouscule, et qui fait
réagir, que ce soit par le ralliement ou le rejet. C’est si peu
consensuel, que les "vieux" manifestes étonnent encore par leur
jeunesse, leur générosité, leur intransigeance. Le concours de
l’eurovision était déjà vieux et médiocre à sa naissance ! Alors que
ce qui se faisait dans la rue il y a trente ans ne me paraît pas
gentillet, ça ne m’inspire même pas de nostalgie, c’est incopiable.
Oui, c’est une profession disparate, avec son mélange d’audace
créative et de banalité consternante. Mais que faut-il promouvoir ?
l’audace ou la banalité ?
Tu as raison, ce que nous faisons a déjà valeur de manifeste. Et
peut-être que ce manifeste est une fausse bonne idée, seyant mieux
aux gens de lettres qu’aux arlequins.

Pierre Prévost

Sinon, une vraie provoc, un peu débile comme la Marseillaise de
Boubouche ! Ah Michel, ça te manque de n’avoir pas chanté la
Marseillaise
de Boubouche ! ça c’était du manifeste !

Michel Risse

J’adorerais, je fais d’ailleurs collection de Marseillaises...

Pierre Prévost

Donc et en gros, notre Manifeste est là pour accompagner des actions
multiples d’une parole collective.
Je ne suis pas contre la floraison des manifestes, ni que le nôtre
soit
réécrit, détourné, découpé, revu et corrigé jusqu’à plus soif.
Je suis même d’accord pour y participer.
Mais, le résultat, celui qui sera collectif, je le placarderai
parce que je trouve ça important, cette parole ensemble.
D’ailleurs il va falloir se trouver des moyens pour l’imprimer ce
truc,
vu que l’état botte en touche pour l’instant.
Quant au reste, la journée, tant qu’il y a l’envie, ya l’espoir, et
j’espère que ça va nous étonner.

Michel Risse

Ben moi aussi, c’est pour ça que je m’agite, j’ai envie qu’on
s’étonne, sinon qui étonnerons-nous ?

Pierre Prévost

Bisatous

Michel Risse

Pareil

Michel


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De Jean-Luc Prévost à Liste fédération le 16/03/07 à 11h03

Il est bien la, le HIC... On ne peut rien dire contre le Manifeste. Bien ecrit, juste, etc.

Mais il ne nous remue pas, ne nous entraine pas, ne nous represente pas, en tout cas, pas dans nos coleres...

Comme Michel ou Jacques, le manifeste me laisse pantois, mais je n ai rien de mieux.... Alors, doit il devenir un manifeste de colere ? de revendication, non pas personnelle, mais de choix de vie ? Est ce que ce manifeste doit etre la traduction d un appel au secours, appel a vivre, etre ecrit comme une urgence ?

Mais ou est l urgence, en ces droles de periode ? Alors que les Urgences sont si nombreuses.

Comme le suggere Pierre, les actes ont ete des manifestes... Qui saura traduire en mots ce que les artistes actent ??? Les intellos de Livchine, reunis en commission, sous commission, en forum ou en conference....

Puree, j ai pas la solution, mais si ce manifeste en prefigure un autre, ce sera deja un bien beau resultat

Jluc

gouludrus@wanadoo.fr

De Nicolos Soloy à Liste fédération le 18/03/07 à 1h29

Là où je rejoins Jean-Luc, c’est dans cette notion d’urgence.
Qu’est-ce qui motive l’écriture d’un manifeste ?
La Rue est-elle en danger ?
Qu’est-ce qui distingue les signataires de ce manifeste
des signataires d’un éventuel manifeste du spectacle vivant ?
Même si à mon goût c’est fait de manière édulcorée,
à la façon dont le Big Bazar de Fugain parlait politique,
le Manifeste actuel évoque cependant cette notion de libre appropriation
de l’espace public qui me semble essentielle.
J’ai par contre du mal à déceler ce qu’on revendique à travers ce texte.
La fête ?
Le nombre ?
Notre côté iconoclaste ?
Le droit au rêve ?
La défense de l’intermittence et des subventions ?
Il manque un axe central à ce texte :
il y a une réelle urgence à l’écrire, j’en suis convaincu,
mais laquelle ?

Bien à vous,
Nicolas Soloy

nicolas.soloy@ifrance.com

De Jean-Luc Prévost à la liste fédération le 19/03/07 à 17h21

Juste avant la volee de bois verts qui ne manquera pas de fleurir les listes, je veux preciser que le Jacques nous renvoie par son mail, a l humain, dans ses limites et dans son materialisme.... Finalement est ce que ce n est pas de transcendance, de grandeur, d hauteur d ame, dont le Manifeste aurait besoin ? Sommes nous si petits ?

Jluc

gouludrus@wanadoo.fr

De Pascal Eysette à la liste rue le 19/03/07 à 18h01

Petite remarque vis-à-vis du manifeste :

si on fait abstraction de la forte impression de multiple réécritures de
multiple auteurs qui plane sur le manifeste, je ressens une sorte de
ghettoïsation des artistes de rue dans ce texte, un repli sur soi, un
enfermement qui va à l’encontre de ce qu’est la rue. L’ouverture, la
liberté, l’innovation n’existent visiblement plus.
Ce manifeste sent la misère, ça sent le « oh pauvre de nous, laissez-nous
vivre ! ». Un texte pour faire pleurer dans les chaumières au coin du feu...
Je suis assez d’accord avec JL Prévost.

Par ailleurs, le repli de soi du manifeste est à l’image de la profession,
certainement à l’image de ceux qui l’ont écrit. Un truc du genre, j’écris ce
manifeste, je participe aux réunions du Temps des arts de la rue, le
Ministère m’aime bien, tiens je suis conventionné pour ma compagnie, et
aussi pour mon lieu, oh je deviens un CNAR, mon festival est soutenu, et j’y
programme mon dernier spectacle et mes amis aussi (qui sont mes amis car ils
me programment aussi)...

C’est un peu hors sujet, mais voilà, j’ai pensé à ça.

pascaleyssette@hotmail.fr

De Nicolas Soloy à la liste rue le 21/03/07 à 23h37

Comme le faisait remarquer un peu vertement Jean-Luc P. à jf récemment,
j’ai du mal à comprendre ce "vous" et ce "nous" au sein de la liste Rue.
Quel intérêt y a-t-il à se distinguer de ?
Il me semble que la Rue, c’est nous, ce nous tous qui la faisons,
ce nous qui pour certains lisons ou écrivons sur cette liste.

Quand je m’excite sur le Manifeste des Arts de la Rue,
par exemple, c’est parce que je ne m’y reconnais pas,
mais à aucun moment ne me viendrait l’idée de dire que mon "nous"
condamne un "vous" : je souhaite juste un nous plus large, plus inclusif.

Si Jacques L.souhaite nous faire partager en léger différé des débats
privés,
si Jean-Luc P. souhaite nous parler de l’Australie,
si quiconque a envie de partager un truc qui lui tient à cœur, le
questionne,
l’enthousiasme, l’exaspère, il enrichit ce "nous".

Mais ça rime à quoi de s’exclure d’office,
en se plaçant ou au-dessus,
ou à côté, ou ailleurs, ou au-delà de ce nous ?
Comme dirait l’autre :
"Entrez dans la rue, on est déjà dehors".
Ça me dépasse de mettre autant d’énergie, juste à détruire,
sans rien proposer derrière.

Bon bah,
Bien à vous... enfin à nous.
Nicolas Soloy

nicolas.soloy@ifrance.com


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