Commentaires sur l'AG du 1er avril 2008 - La Fédération Nationale des Arts de la Rue

Commentaires sur l’AG du 1er avril 2008

vendredi 4 avril 2008

On a entendu Fabrice Wattelet, de No Tunes, -nouvel administrateur de la fédé- glisser qu’il ne voulait plus voir des débats comme ceux sur Espace d’Auteurs, sur la liste fédé. Je suppose qu’il voulait dire par là que ça lui était insupportable. C’est pourtant le type même du débat qui nous fait tous avancer, permet de sortir du non-dit, d’éclairer nos opinions et de pouvoir dépasser nos frustrations. Exemplaire de ce que sont les listes : de la parole ouverte. La parole ouverte c’est ce qui nous a fait différents des autres regroupements d’artistes.

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Sans nos listes, la fédé ne serait pas ce qu’elle est. Il suffisait de voir l’accueil très chaleureux qu’a reçu Yannis Jean -nouvel administrateur lui aussi- pour s’en convaincre. Les AG n’ont qu’un temps alors que les listes sont ouvertes en permanence. Inappréciable. Prendre la parole, échanger, est essentiel pour avancer ensemble. Merci encore au Fourneau d’avoir eu la clairvoyance de s’en faire le porteur.

A propos de Fourneau, c’est le premier CA sans un de ses représentants depuis la fondation de la Fédé. C’est une évolution saine sans doute et ils ont beaucoup de pain sur la planche dans la région Bretagne. Mais ils vont nous manquer.

L’élection du CA a écarté 4 fringants impétrants au profit de personnes plus capées mais qu’on ne voit guère en réunion. Ca pose question, même si les dites personnes (Palmira et Thérèse pour ne pas les citer) sont des militantes incontestables de la cause des Arts de la Rue et qu’elles passent beaucoup de temps à défendre cette cause dans moult réunions (en particulier, pour Thérèse, des réunions dans des organismes de poids où nous n’étions jusqu’alors pas du tout représentés). Peut-être l’étiquette "administratrice de la fédé des arts de la rue" aide-t-elle à ces tâches. Elles créent en tout cas un lien direct avec la fédé et donne évidemment une légitimité à leurs actions. Pourquoi, autrement, solliciter un suffrage en sachant qu’on ne sera pas là les trois-quarts du temps ? Mais l’absence est frustrante et ne saurait être appréciée quand elle est à ce niveau, sans être contrebalancée par une solide communication, de la parole et des comptes-rendus le plus fréquemment possible. C’est ce que je souhaiterais pour ce type d’administrateurs un peu fantômes. A moins de créer -pourquoi pas ?- des postes d’ambassadeurs de la fédé. C’est ce qu’elles sont après tout. J’ouvre le débat et je mets un peu les pieds dans le plat mais, encore une fois, le non-dit nous dessert.

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Dans cette période difficile de nos relations avec l’état et les administrations, on se serre les coudes. Alex et Paco (administrateurs diffusant et diffusés), dans la commission diffusion, lèvent des lièvres inattendus et balisent les chemins que nous serons amenés, de gré ou de force, à prendre dans les années qui viennent. C’est une initiative remarquable et qui s’avère payante. La proposition, par Frédéric -administrateur revenant- de créer un pool d’auteurs de rue est également une bonne idée pour élargir et étayer nos pratiques spécifiques d’écriture et permettre à chacun : les écriveurs sans-mots et les littérateurs (si ! si ! il y en a quelques uns chez nous, même si personne ne veut les voir) d’avancer gaillardement vers une meilleure reconnaissance et utilisation. Des regroupements d’administrateurs sont en chantier également dans certaines régions et ça ne va pas être du luxe. On peut avancer bien, de ces cotés là.

Mais nous avons aussi un combat à mener au niveau de l’état. Un combat dans lequel nos pratiques -reconnues de plus en plus pourtant- de maillage et d’irrigation des territoires seront d’un poids mineur ; on nous renverra, on nous renvoie déjà, aux instances territoriales pour alimenter ces démarches. Par contre, et même si les régions ont déjà entamé des politiques ambitieuses à l’international, les pratiques, le savoir-faire et le renom de nos export-acteurs sont des arguments de premier choix pour défendre notre secteur auprès de la tutelle d’état. Nous sommes parmi les plus gros exportateurs d’art vivant en France et ce n’est pas rien. J’ai parlé ici et ailleurs des Grosses Formes. Même si elles ne sont les seules à s’exporter, elles deviennent ici étendard et gonfalon puissants et devraient pouvoir nous permettre de batailler ferme et non sans arguments. Mais il nous faut capitaliser sur ces multiples compagnies qui passent les trois quarts de leur temps hors de nos frontières. Il nous faut non seulement développer notre export mais en profiter pour défendre nos activités. C’est Philippe Macret -administrateur reconduit- qui pilote pour l’instant le dossier international. Je souhaite qu’un maximum de cies concernées se regroupent avec lui dans ce but : être notre bélier pour fissurer la porte.

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Dernière remarque : les élections municipales ont apporté à d’aucuns de grandes joies mais aussi de belles désillusion. J’ai écrit à ce propos quelques mots sur le site Acidu, que je vous transmets, peut-être pourront-ils servir :

« L’avantage de l’architecture sur les arts vivants est que lorsque les élus changent, ils ne se sentent pas obligés de démolir toutes les constructions de l’équipe précédente sous prétexte que ce ne sont pas eux qui les ont initiées. Avec la valse des équipes municipales qui a suivi les élections de mars, on constate que maintes constructions culturelles sensibles et fragiles (festivals, manifestations, programmations etc...) sont immédiatement remises en cause par la nouvelle équipe et ceci, de quelque bord que ce soit. Quand on sait la difficulté de créer un public et des rendez-vous crédibles et suivis, de susciter des échéances et des rendez-vous, c’est un vrai crève-coeur et un énorme gâchis. A Cognac, Bar le Duc, Morlaix, Bures sur Yvette entre autres, c’est ce qui se passe pour les Arts de la Rue, avec une remise en cause plus ou moins sèche de décennies, parfois, d’une laborieuse et opiniâtre construction culturelle.

On le constate une fois encore, même si certains peuvent le déplorer : les trois quarts du temps, une politique culturelle ambitieuse ne fait pas gagner de voix, pas plus qu’elle n’en fait perdre. Tout comme la voirie ou le ramassage des ordures, elle fait partie des incontournables de la démocratie dans la mesure où elle alimente le vivre-ensemble, enjeu fondamental qui devrait pouvoir échapper aux aléas partisans. Si personne ne peut remettre en cause cette possibilité pour une équipe municipale de créer une vraie politique culturelle à sa mesure, on ne peut que déplorer que les querelles d’images, de tronches, et un besoin mesquin de débiner les actions du prédécesseur mettent ainsi en péril le bien commun, et cette indispensable irrigation que représente la culture. À l’heure où les partis échafaudent des programmes plus ambitieux les uns que les autres pour notre plus grand bonheur, on souhaiterait vivement qu’ils se saisissent de ce problème récurrent pour tracer des axes qui permettent à ceux qui s’investissent dans ce domaine -ô combien sensible !- de ne pas voir tout leur patient travail remisé aux ordures à la moindre alternance.

A part ça, bienvenue aux nouveaux élus et souhaitons que notre vie quotidienne profite de leur apport et de leurs compétences. »

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