CA du 13/09/02 (L’Usine de Tournefeuille)

mercredi 22 janvier 2003
par  lafede

Présents : Bruno Schnebelin, Jean Chamaillé, Ema Drouin, Serge Calvier, René Marion, Anne Guiot, Palmira Picon-Archier, Claude Morizur, Thérèse Toustoux, Alain Taillard, Blandine Deudon, Thierry Benoist, Pierre Prévost, Patrick Brient, Pascale Canivet

Excusés : Jean-Félix Tirtiaux, Mark Etc, Françoise Bouvard, Maud Le Floc’h, Daniel Andrieu, Olivier Desjardins, Alexandre Ribeyrolles, Pierre Sauvageot, Frédéric Michelet, Marc Ménis.

Il a été décidé par le CA que cette réunion se concentrerait sur un seul thème à l’ordre du jour : la préparation de la rencontre avec le Ministère de la culture, prochaine étape de nos relations avec notre ministère de tutelle.

En un premier temps, nous dialoguerons avec un premier représentant du ministère, Laurent Brunner, conseiller technique pour le spectacle vivant (théâtre, danse, cirque et arts de la rue). Le rendez-vous est fixé le 25 octobre. Bruno Schnebelin, président, et Pascale Canivet, permanente, y représenteront la Fédé.

Il est rappelé en préambule de la séance que les fonctions de la Fédé sont plus vastes que son seul rôle d’interlocuteur professionnel vis-à-vis du ministère. Cependant, la réunion a pour but d’adopter des angles d’attaque qui sous-tendront les relations avec le ministère pendant au moins un an.

Il est également souligné que la Fédération constitue une émanation de la profession et que c’est à ce titre qu’elle se positionne par rapport au ministère.

Le débat se développe à partir de 5 axes :
- les artistes,
- les publics,
- le rapport entre territoire et élus,
- le rapport d’équité avec les autres disciplines artistiques,
- les principes de la diffusion.

Des questions traversent ces axes :

- les arts de la rue sont-ils un fait acquis ?
- la profession a-t-elle à se justifier de ses pratiques ?
- les arts de la rue sont-ils des arts pertinents ?
- comment l’État est-il en mesure d’accompagner nos pratiques et de permettre ainsi la rencontre entre l’œuvre et les publics ?

Plusieurs constats sont à faire :

A propos des démarches et des pratiques artistiques :
- les équipes fonctionnent comme des systèmes culturels qui restent légers, le personnel artistique restant plus important en nombre que les autres types de personnel,
- l’interdisciplinarité est au cœur des démarches et propositions artistiques,
- les arts de la rue s’inscrivent dans une écologie sociale et urbaine.
- De nombreux spectacles de rue circulent à l’étranger et participent ainsi à la présence des œuvres françaises dans le monde entier.
- il existe une interaction entre le milieu des arts de la rue et les autres milieux. En cela, la démarche artistique est mêlée à la démarche sociale et participe au lien culturel et social.

A propos des publics :
- Les arts de la rue ont émergé en phase avec l’évolution de la société actuelle. Ils accompagnent cette société avec ses forces et ses problèmes.
- Les arts de la rue contribuent à démystifier l’artiste et l’accès à l’art.
- Les arts de la rue créent du lien culturel.
- Ce lien culturel s’inscrit dans un milieu et remplit un des besoins de la démocratie.
- La prétention des artistes est de parler à la ville entière et de trouver des outils qui permettent de formuler l’actualité et notre situation d’êtres urbains ou urbanisés.
- Des traditions de spectacles dans l’espace public sont déjà ancrées. Elles ne suffisent plus à la société contemporaine. Notre désir est de réaliser un partage artistique public.
- Il existe deux manières d’appréhender les publics, l’une d’entre elles est quantitative, l’autre est qualitative. C’est dans le cadre de cette dernière que nous faisons référence au lien social et culturel.

A propos du territoire et des élus :
- le développement des arts de la rue nécessite un accompagnement réel des élus.
- Les arts de la rue s’inscrivent au niveau des communautés de collectivités.
- Aujourd’hui, ce sont essentiellement les collectivités territoriales qui jouent le rôle de médiateurs entre nos œuvres et nos publics.
- Les arts de la rue touchent aussi bien les relations entre les hommes, la relation au territoire que la relation au temps.
- Les arts de la rue participent au développement des territoires dans lesquels ses pratiques s’implantent. C’est la réponse politique qui permet de faire ce constat.
- Les arts de la rue dépassent les frontières des territoires sur lesquels ils sont implantés, aussi est-il nécessaire d’imaginer des schémas territoriaux alliant toutes les collectivités en présence afin de mettre en œuvre une politique globale.
- Des pôles structurels territoriaux existent. Ils constituent un réseau national informel.

A propos du rapport aux autres disciplines artistiques :
- Les arts de la rue fonctionnent dans le cadre d’une sous-économie qui est subie.
- Les outils institutionnels mis en place au niveau national sont inopérants pour les arts de la rue.
- L’accompagnement de la création est pris en charge par un réseau national complexe de structures qui permettent de trouver des coproducteurs dont les possibilités sont très limitées.
- Un développement équitable passe par une réelle volonté politique d’accompagnement de nos démarches et pratiques.
- Les logiques des spectacles de salle et celles des spectacles de rue sont deux logiques différentes. Par conséquent, elles nécessitent des moyens d’accompagnement différents.
- La structuration des arts de la rue passe par la consolidation des outils existants, leur développement et la création de nouveaux outils.

A propos de la diffusion :
- Il existe deux types de festivals centrés sur les arts de la rue : les festivals de population et les festivals de tourisme.
- De nombreux festivals constatent un phénomène de saturation des publics et n’ont pas les moyens d’être en phase avec l’accroissement de ces publics.
- Les formes réduites se multiplient en raison de la stagnation des moyens financiers.
- La diffusion doit être réfléchie sur toute l’année. Elle doit sortir les spectacles de rue d’une pratique saisonnière.

Ces diverses réflexions permettent d’établir un déroulement d’entretien avec le ministère et ses divers représentants, déroulement que nous nous attacherons à argumenter et répéter aussi souvent que nécessaire.

Proposition de déroulement de l’entretien :

Préambule : les arts de la rue participent à la décrispation de l’espace public, l’art étant un véhicule de décrispation. Ils contribuent à la création du lien culturel et social.

Premier point : Histoire des arts de la rue et de son développement en lien avec les mesures financières prises par le ministère :
- Evolution du nombre de compagnies et de festivals. Evolution des moyens attribués par le ministère.
- Point sur la structuration actuelle du secteur : outils existants tels que le centre de ressources HLM, le centre national de création Lieux Publics et les lieux de fabrique, structuration de la formation…

Deuxième point : rappel de notre perception des relations avec le ministère :
Depuis la rencontre entre Jacques Toubon et Louis Joinet (avec en 1993, la déclaration de Chalon sur Saône signifiant une aide à 20 structures) jusqu’aux promesses de Catherine Tasca (« C’est de 80MF dont vous avez besoin ».).

Troisième point : demande du positionnement et de propositions du ministère actuel sur les cinq axes développés précédemment. Comment se situe t-il en tant que médiateur entre l’oeuvre et le public ? Comment compte t-il répondre à la diversité des attentes et des désirs des citoyens ?

Quatrième point : demande d’un acte symbolique dont les objectifs sont d’accroître notre visibilité, d’augmenter nos moyens et de nous assurer de la reconnaissance des collectivités publiques.

Cinquième point : demande que le ministre soit notre porte-parole auprès du gouvernement et des ministères concernés par l’espace public et le lien social.

Certains éléments seront développés :

- Le développement de notre secteur lié à l’irrigation des territoires (cf décentralisation) Réflexion sur des systèmes d’accompagnement et d’incitation des collectivités publiques qui se prononcent pour une politique culturelle intégrant les arts de la rue.
- La nécessité d’une aide intermédiaire entre l’aide à la production et le conventionnement.
- La nécessité de participer à la structuration du secteur au niveau européen.
- La question d’une année des Arts de la rue a été posée. Certains sont résolument contre. D’autres sont modérément pour. Le débat reste ouvert.

Autres questions abordées à la fin du CA :

- Date et lieu de l’A.G. : Ville de Paris, si possible (valeur symbolique d’une entrée dans la ville). Contact à prendre avec la mairie de Paris. La date du 5 décembre est votée.
- Soutien à l’organisation du Festival de la manche à Annonay. Palmira rappelle la situation et résume les actions entreprises par le Comité Spontané, collectif d’annonéens qui ont décodé de s’opposer à la décision du Maire d’arrêter le festival.
- Position de la Fédération : la Fédé accompagne les actions du comité de soutien sans se substituer à lui, et fait savoir, de son côté, qu’il y a rassemblement pour une manifestation artistique le 26 octobre. Ce qui implique une diffusion de l’information auprès de la profession, un communiqué de presse auprès de la presse nationale (fichier Fédé), des courriers d’interpellation auprès des partenaires du festival : ministère de la culture et DRAC, Conseil général, conseil régional, préfecture et sous-préfecture et municipalité d’Annonay.