CA des 16 et 17 janvier 2003 à Lyon (Les Subsistances)

mardi 28 janvier 2003
par  lafede

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Étaient présents : Ema Drouin, Thierry Lorent, Alexandre Ribeyrolles, Bruno Schnebelin, Claude Morizur, Thérèse Toustou, Frédéric Michelet, Philippe Ruffini, Maud Le Floc’h, Thierry Benoist, Anne Guiot, Serge Calvier, Alain Beauchet, Jean-Raymond Jacob, Olivier Franquet, Pascale Canivet.

Excusés : Alain Taillard, Pier Duforeau, Palmira Picon-Archier, Pierre Prévost, Blandine Deudon, Jean-Marie Songy, Pierre Sauvageot, Savine Raynaud, Marc Menis.

Ordre des jours :
- Présentation de chacun, parcours, intérêts pour la profession, désirs par rapport à la profession et à la Fédé
- Recherche de financements complémentaires pour la Fédé,
- Point sur HLM,
- Point sur la syndicalisation ,
- Position sur l’intermittence,
- Position sur les Assedic,
- Position sur les congés spectacles,
- Rapport avec la SACD,
- Rencontres professionnelles en Ile de France,
- Calendrier des prochains CA,
- Bilan du CA.

Présentation des membres présents du CA

Bruno Schnebelin : en action depuis 1978, d’abord sur la communication autour du désordre. Le corps est rentré dans le décor avec l’arrivée de Françoise Léger. Ensuite, création d’un lieu de fabrique. La difficulté pour une compagnie est d’être présente pour les collectivités territoriales, et d’être inscrite au niveau national sans participer aux grands rendez-vous des festivals. Pour la Fédé : il est nécessaire de mettre en place des échanges entre les programmateurs et les compagnies, de développer les débats artistiques et d’être plus prospectifs (commission prospective ?).

Anne Guiot : les arts de la rue représentent une utopie de création et de regard politique. Importance de la solidarité. Dans la Cité des Arts de la Rue, expression des arts de la rue dans leur complexité. La fédération représente un lieu où on se nourrit. Continue à travailler sur le rapport entre la Fédération et HLM. 

Serge Calvier : Intérêt pour les fanfares de rue et les spectacles de rue depuis 1976. Travaille à Nil Admirari sur le principe de « création pour une fois » par des scénographies urbaines utilisant les éléments structurels des espaces publics. Ingénieur qui intervient sur les problèmes de construction d’autres créateurs, y compris pour les arts du cirque dans le cadre du lieu de fabrique Nil Obstrat. La Fédé : cadre de réflexion et outil pour apporter des améliorations aux conditions d’exercice de la création artistique en espace public.

Ema Drouin : Premiers spectacles avec la Compagnie Off sur les univers circus et médiéval. Le manque de parole est une des limites du spectacle de rue. Son objectif aujourd’hui : donner du sens avec la parole. Pour la Fédération : désir de préserver l’éthique et de la faire grandir.

Claude Morizur : le Fourneau est une aventure de citoyen, dont le carburant est la colère. Démarrage avec Grain de Folie, puis les rituels des jeudis du Port, puis un toit pour fabriquer. S’attache à inventer des territoires nouveaux d’expression, de nouvelles manières d’intervenir dans l’espace public. Passionné par l’accompagnement de l’artiste.

Maud Le Floc’h : actuellement directrice associée à la Compagnie Off et travaille sur un dispositif de recherche action avec Lieux Publics, en mettant en lien un élu et un artiste. Constante la « disnélandification » des manifestations artistiques et culturelles. Revendique les dispositifs scénographiques comme écriture.

Philippe Ruffini : Co-créateur de la Cie Opéra Pagaï qui existe depuis 1999. Les spectacles sont en extérieur afin de toucher le public le plus large possible. Ils construisent des univers poétique à partir de personnages qui existent dans les lieux communs. Réfléchit aux formes à inventer pour montrer les spectacles, en collaboration avec Via la Rue. Pour la Fédération : structuration du paysage par le biais de la Fédé Aquitaine.

Alexandre Ribeyrolles : formation d’acteur, a rejoint la Cie de Serge Noyelle et s’est occupé de la coordination du festival de rue de Châtillon. Travaille sur le choix d’un format pour s’exprimer dans l’espace public. Projet actuel pour Vigneux en montant une maison d’artistes avec l’idée que squatter un lieu, c’est le recycler. La Fédération représente un espace politique pour les arts de la rue.

Alain Beauchet : maquettiste de formation et savoir-faire sur la programmation informatique pour la musique. Est plus proche des arts plastiques que des arts vivants. La Cie Artonik a été créée en 1992. Pour la Fédération : intérêt pour les paroles sensibles. Elle traverse un passage à vide avec le retrait des membres fondateurs. Souhaite travailler à la question du sens et à la recherche d’un équilibre entre les techniciens et les artistes.

Thérèse Toustou : co-fondatrice de Thérèse’n Thérèse (actiellement à l’Usine de Tournefeuille) et expérience de programmatrice au Festival de rue de Ramonville jusqu’en 2002. Actuellement sur un projet sur la mémoire et l’oralité, avec la constitution d’une bibliothèque d’accents régionaux. Préoccupée par la question de la diffusion et de lieux mobiles de diffusion. Investie à la Fédération sur les questions techniques (cf commission fiscalité). Pour la Fédération, la décentralisation représente un enjeu.

Frédéric Michelet : Comédien, metteur en scène et auteur. Directeur de CIA. Militant du spectacle et de la culture depuis toujours. Croit aux visions hétérogènes et complémentaires et à la tolérance des différences. La fédération représente un outil pour se battre. C’est un lieu essentiellement politique.

Thierry Benoist : Parcours dans la variété et le rock, pour l’édition musicale. Membre de l’association Technopole. A fait un DESS sur le processus de légitimation des œuvres d’art à l’ARSEC. Actuellement, administrateur de la Cie Friches Théâtre urbain. Pour la Fédération, est intéressé à travailler sur la mise en place d’un processus démocratique. Pilote de la Fédé Ile de France.

Olivier Franquet : Débuts avec la troupe « Zéro de conduite ». Amoureux de la rue par les gens. Crée la Cie Inflammable en 1980. Constate que les arts ont pris le pouvoir sur la rue, à l’exclusion des gens de la rue (éducateurs, SDF…). Réflexion à faire sur ce qu’est la rue. Pour la Fédération : c’est la moment de se faire entendre, car il n’y a rien en face. La fédé doit sortir d’une forme de lobbying soft.

Pascale Canivet : est passée de l’enseignement au journalisme, puis du journalisme au spectacle vivant. Était sur le point de lâcher le spectacle quand la rencontre avec les arts de la rue s’est faite. Présente un projet pour la direction d’HLM autour de trois axes : l’information, la sensibilisation, et le patrimoine. Pour la Fédération : plus grave que l’absence de moyens, il y a la discontinuité du suivi des chantiers due au fait que les bénévoles qui s’en chargent sont souvent obligés de lâcher faute de disponibilité sur la durée.

Certains membres du CA étaient absents lors du moment de présentation. Il sauront l’occasion de s’exprimer aux prochains CA.

Recherche de financements complémentaires

La question du financement de la Fédé est récurrente. Il est temps de trouver des solutions. Deux solutions se présentent : trouver d’autres subventionneurs, et augmenter le montant des cotisations. Deux décisions ont été prises. Thérèse Toustou a été missionnée par le CA pour chercher d’autres pistes que celle de la DMDTS. Une enveloppe budgétaire sera dégagée afin de couvrir ses frais et de la rétribuer un minimum. Par ailleurs, un appel à cotisation aux plus grosses structures (dont l’ensemble des compagnies conventionnées) sera fait d’ici le prochain CA). Un courrier argumenté sera rédigé avec l’aide d’Ema et de Bruno. Pascale s’occupe de mettre un fichier au point.

Point sur HLM

Le nouveau directeur et le président d’HLM seront contactés dès la nomination du directeur afin d’obtenir un rendez-vous. Les propositions rédigées par Anne et Maud seront en débat lors de ce rendez-vous. Par ailleurs, une lettre de félicitation doit être envoyée dès que le nom du nouveau directeur sera connu.

Point sur la syndicalisation

La question de la syndicalisation des arts de la rue est en réflexion au sein de la commission fiscalité et juridique. Le futur syndicat ne doit pas remplacer la Fédération mais être un outil complémentaire. Les hypothèses étudiées sont celles d’un syndicat sectoriel des arts de la ou d’un syndicat intersectoriel (syndicat regroupant différentes disciplines artistiques) rue au sein de la confédération qu’est l’u-Fisc. Ce syndicat serait un syndicat d’employeurs. Il représenterait un outil de négociation en siégeant dans diverses instances où seuls des syndicats sont présents.

En attendant l’avancée des travaux concernant le syndicat, une méthode de travail est mise en place pour faire face à l’urgence de la situation. Nous notons également qu’il est important d’être vigilants sur la mise en place de la décentralisation en essayant, notamment, d’affirmer notre existence lors des réunions locales sur la décentralisation.

De même, diverses informations laissent supposer que les compagnies indépendantes risquent d’être fragilisées (seules les compagnies conventionnées continueraient à bénéficier de l’aide de l’État). Des compagnies indépendantes ont commencé à créer des syndicats, comme le SITCAR en Poitou Charente. Un second syndicat est en cours de constitution en Languedoc Roussillon.

Position sur l’intermittence

La Fédération se positionne sur le rapport Roigt-Klein et celui de la Fesac concernant tous deux l’intermittence. Le texte, un fois rédigé, sera adressé aux syndicats membres de la commission paritaire du MEDEF. Ce texte mettra en avant plusieurs principes dont celui de l’indivision des métiers (artistes et techniciens) et celui de la solidarité entre les mieux lotis et ceux qui le sont moins. Nous insisterons sur les intérêts communs à l’ensemble du spectacle vivant et sur le fait que nous refusons le nouveau mode de calcul. Le texte est en cours. Les membres de la commission fiscalité l’élaborent ensemble.

Position sur les Assedic

Par ailleurs, il y aura un appel au boycott de la part patronale pour les Assedic, à partir du 1er janvier, jusqu’au 30 juin. Nous réfléchissons à un moyen d’intervenir en cas de pénalité. Si les choses n’évoluent pas dans un sens qui nous convient, nous mettrons des actions spectaculaires en route. Une fiche technique de paye faisant apparaître le boycott est préparée par Alain Taillard.

Position sur les congés spectacles

Enfin, en ce qui concerne l’augmentation des cotisations à la caisse des congés spectacles, nous avons envoyé une lettre-type et faisons une demande de rendez-vous à la directrice. Si les choses n’ont pas évolué d’ici le 15 avril, nous envisageons des actions pour la fin avril.

Tout est en cours. Thérèse et Alain travaillent à la rédaction. Ils ont tous deux été désignés comme personnes ressources sur ces questions. Les documents vous seront livrés en temps et en heure. Pas forcément avec de grands délais, mais dans les délais. Les propositions seront d’abord soumises au CA qui aura trois jours pour les valider avant qu’elles soient diffusées sur la liste fédé et/ou la liste rue.

Rapport avec la SACD

La Fédé se préoccupe de la question des droits d’auteur tout simplement parce qu’il y a concordance entre des démarches personnelles de ce qui nous semble être l’intérêt collectif. La SACD comprend uniquement des auteurs répertoriés. Ce n’est pas une démarche obligatoire. Notre souci est de faire étudier des problématiques concernant les arts de la rue, avec l’éventualité de la création d’une commission technique sur les arts de la rue au sein de la SACD.

Pour l’instant, les intérêts des programmateurs et des auteurs semblent être divergents.
Un premier rendez-vous est pris le 13 février. Nos questions : combien d’ouvrages y a t’il qui sont déposés au nom des arts de la rue ? et que représente la part de cotisations des auteurs de la rue ?

Quant à nous, nous nous questionnons sur l’éthique et les pratiques vis-à-vis de la SACD.
C’est un début à suivre.

Rencontre professionnelle en Ile de France

La Fédé IDF travaille sur une rencontre professionnelle qui concerne nos partenaires en IDF. C’est une rencontre de sensibilisation à dimension spectaculaire. Elle a donné lieu à la création d’une troupe éphémère constituée de compagnies, programmateurs… implantés en IDF. Cette troupe se dissoudra à l’issue de la rencontre prévue le 6 novembre.

La manifestation est autonome par rapport à la Fédé : embauche d’une coordinatrice, montage du budget (entre 61 500 et 77 000 Euros ), construction du projet. Les membres du CA sont d’accord pour que la Fédé soit la structure juridique porteuse. Des éléments d’information seront diffusés régulièrement à l’ensemble des adhérents de la fédé.

Il serait judicieux d’imaginer, à terme, de monter une opération du même type à un niveau national. Cette rencontre permettrait à la Fédé de se positionner, ce qu’elle n’a pas eu les moyens de faire jusqu’ici.

Calendrier des réunions du CA en 2003

- 1er avril, CA au Moulin Fondu à Noisy-le-Sec,
- 3 et 4 juin : CA au Citron Jaune à Port-Saint-Louis,
- 16 juillet : CA exceptionnel au Festival d’Avignon (+ table ronde sur les arts de la rue)
- 7 ou 8 octobre : CA au Fourneau, à Brest.

Bilan du CA

L’ordre du jour a été globalement respecté. Cependant, il n’a pas été possible de débattre du projet d’activités de la Fédé en 2003. Aussi, Ema et Pascale vont-elles le retravailler puis le mettre en ligne sur la liste CA afin de le terminer rapidement (ce document est nécessaire dans l’immédiat pour les demandes de subventions).

Des dysfonctionnements récurrents se produisent en l’absence de méthodes de travail fixées. Plusieurs points sont à travailler et fixer : les outils, la transmission des travaux, le dispositif de validation des orientations.

Il est nécessaire que des fiches techniques synthétiques soient préparées en amont des CA afin que le CA puissent débattre efficacement.

Il est indispensable, pour certains groupes de travail, de clarifier les missions et de construire des prospectives, notamment en termes d’action.

La question des méthodes de travail sera centrale lors du CA du 1er avril.

En off, parce que l’ordre du jour était dense, et pour que tous se rendent compte que ces questions techniques ne constituent pas le cœur de nos préoccupations, voici quelques pistes de réflexion qui ont enrichit ces deux jours :

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- faire passer de l’idéologie au travers de l’action artistique ;
- jusqu’où savoir déranger tout en restant dans l’artistique et l’esthétique ;
- les intellectuels ont cassé les arts populaires dans les années 60/70. Il n’y a plus de spectacles populaires, et on assiste aujourd’hui au développement des parcs d’attraction ;
- donner un confort à l’artiste en création qui joue le rôle de fusible, et saute de temps en temps ;
- s’ouvrir à l’ensemble du monde contemporain ;
- les arts de la rue produisent des dispositifs scénographiques comme alternative à la diffusion ;
- arts de la rue et urbanisme : les arts de la rue profitent à qui quand on sait que les agences d’urbanisme proposent leurs services pour faire augmenter le foncier ;
- l’art pour exister a besoin de subventions ;
- organiser le cadre et mettre en place les conditions des interstices ;
- attention au pillage politique ;
- il commence à faire froid dehors aussi.