C.A. du 10 janvier 2002 - La Fédération Nationale des Arts de la Rue

C.A. du 10 janvier 2002

(HorsLesMurs, ­ Paris)
jeudi 10 janvier 2002
par  lafede

Questions à l’ordre du jour :

- document préparatoire pour le " livre blanc " du ministère,
- communication interne de la Fédération,
- bilan des relations avec HLM,
- suivi de deux organisations en crise : le Festival des rencontres à Lille et son lieu de fabrique, le Festival de la Manche à Annonay,
- répartition des délégations aux administrateurs,
- texte de présentation de la Fédération en vue d’une plaquette,
- calendrier des prochains C.A.

Étaient présents : Daniel Andrieu, Thierry Benoist, Françoise Bouvard, Patrick Brient, Serge Calvier, Pascale Canivet, Jean Chamaillé, Blandine Deudon, Ema Drouin, Mark Etc, Anne Guiot, Maud Le Floc’h, Marc Menis, Frédéric Michelet, Claude Morizur, Pierre Prévost, Palmira Picon-Archier, Alexandre Ribeyrolles, Pierre Sauvageot, Bruno Schnebelin, Alain Taillard, Thérèse Toustou.
Excusés : Olivier Desjardins, René Marion, Jean-Félix Tirtiaux

Document préparatoire pour le livre blanc destiné au ministère

Le texte "martyr" qui vous a été proposé comme base de travail pour l’élaboration d’un livre blanc à livrer au ministère n’a pas été disséqué afin d’en obtenir un document abouti à remettre immédiatement au ministère. Il a plutôt donné lieu à un débat de fond sur le bien-fondé de la rédaction d’un tel texte et sur le niveau de co-gestion que la Fédération peut entreprendre légitimement avec notre ministère de tutelle.
Cette interrogation a suscité 21 réponses différentes dont les nuances sont impossibles à retranscrire sans risquer un appauvrissement. Certaines étaient nourries par des échanges téléphoniques que certains administrateurs ont eu au sujet du texte avec d’autres adhérents et membres de la profession. Aussi, a-t-il fallu terminer la séance sans aboutir à la proposition d’un texte consensuel.
Néanmoins une décision a été prise : il est essentiel que la Fédération réponde à l’interpellation du ministère. Aussi, a-t-il été demandé que chaque administrateur écrive sa propre proposition "pour le développement des arts de la rue", proposition qu’il adressera à la coordinatrice dans les plus brefs délais (une dizaine de jours). Ces propositions seront ensuite mises en forme et complétées d’une annexe technique, puis diffusées aux adhérents pour derniers ajouts et modifications avant d’être livrées au ministère.

Avant de clore ­très temporairement- ce chapitre, et dans l’attente du prochain épisode concernant nos relations avec le ministère, il me semble important de vous livrer en vrac des informations, ma perception de la dynamique de la Fédération, et mon propre questionnement en tant que coordinatrice.

D’abord une information : nombre de nos interlocuteurs, aussi bien en administration centrale au ministère, qu’en services décentralisés en DRAC, ne sont pas convaincus que les arts de la rue présentent une réelle source vive en matière de création. La décision que la ministre a prise d’attribuer 9 millions de francs supplémentaires au arts de la rue en 2002 est loin de rencontrer l’adhésion de ses services. Mes sources d’information à ce sujet sont plurielles et sures. Beaucoup d’agents du ministère pensent que cette somme sera difficile à répartir sur le territoire, que nous n’en avons pas vraiment besoin. Alors, évidemment, quand nous demandons 35 millions de francs supplémentaires, ça les fait ricaner.
Nous avons à prouver que cette somme n’est pas une vue de l’esprit mais correspond bien à des réalités. Aussi, me semble-t-il important de démontrer de façon concrète et précise que nos désirs sont justes et justifiés. De mon point de vue, il n’est pas possible de faire l’économie d’un document technique habile qui permettrait, point par point, de démontrer la justesse de nos revendications. Les personnes que nous cherchons à convaincre dépassent les capacités décisionnelles d’Elena Dapporto et Marie Moreau-Descoings. C’est en cela que j’adhère sans réserves au travail entrepris entre ces deux représentantes du ministère et les membres du bureau de la Fédération. Même si, et nous le reconnaissons tous, il est nécessaire d’être plus créatif que nous l’avons été ­englués dans une relation complexe et parfois pénible à vivre- lors de nos entretiens avec le ministère.

En un deuxième temps, il me semble que le débat et les controverses exprimées autour de l’élaboration du livre blanc sont riches d’enseignement sur le fonctionnement de la Fédération. Vous le savez tous, les membres élus de la Fédé prennent en charge les interrogations de la profession. Ce n’est pas une tâche facile. D’une part parce que nous avons fait le pari d’exprimer une parole plurielle, d’autre part parce que l’investissement de chacun est lié à ses disponibilités, à la place singulière qu’il occupe dans le paysage des arts de la rue, et à ses compétences. La dynamique de la Fédération est le reflet de tous ces paramètres. Donc en mouvement permanent. C’est d’ailleurs ce qui la maintient vivante et active.
Cependant, ce fonctionnement a ses limites. Pour illustrer cette affirmation, je me contenterai d’un seul exemple. L’un d’entre nous accuse la Fédération d’être dans une dérive politique. Alors, je pose une seule question : c’est quoi la politique de la Fédération ? Je suis persuadée que vos réponses sont elles aussi plurielles.

Et enfin, je me permets de vous faire part de mon vécu de coordinatrice. Pour moi, il est clair que l’élaboration du livre blanc, à ce jour, est un échec opérationnel. Je ne doute pas de la bonne volonté des élus qui ont contribué à vous proposer les bases du livre blanc, et je suis convaincue du bien-fondé des avis contradictoire qui ont été exprimés au sujet de la proposition du Bureau. Mon interrogation se résume à une seule question : la Fédération est-elle assez solide, pertinente et mure pour répondre aux sollicitations du ministère ?

Communication interne de la Fédération

Un débat sur la communication interne de la Fédération a été sollicité par Claude Morizur. Il a donné lieu à des réflexions qui touchent au fonctionnement de la Fédération, notamment à la place primordiale de la circulation de l’information au sein de notre regroupement. Ainsi, est-il clair que nous avons la nécessité de communiquer pour fonctionner. La communication doit être notre règle de conduite. C’est l’outil internet qui est au coeur de nos moyens de transmission d’information.

Plusieurs décisions ont été prises à ce sujet :

- l’engagement de chacun à produire les compte-rendus des réunions auxquelles il participe,
- l’amélioration de notre site internet qui passe par une restructuration du site et l’ajout de rubriques par thèmes développés,
- le site sera de type participatif, avec forums intégrés,
- la mise à disposition d’une partie du site pour chaque Fédé en région gérée par un correspondant par région,
des modalités directes d’ajouts d’informations pour chaque membre,
- l’archivage des messages qui circulent sur la liste de diffusion fédération

Un projet de site dans sa nouvelle version sera présenté par vidéoprojection aux membres du CA lors du prochain CA de mars. Enfin, un groupe de travail se réunira les 7 et 8 février au Fourneau afin d’avancer avec Yffic sur le projet.

Bilan des relations avec HLM

Nos relations avec HLM sont suivies par un groupe de travail constitué par des administrateurs délégués à cette mission depuis janvier 2001. A ce jour, il a été sollicité pour la conception des rencontres qui ont eu lieu les 23 et 24 novembre derniers, pour une réflexion sur la revue "Arts de la rue" qui doit remplacer "Rue de la Folie" ainsi que comme membre invité au C.A. d’HLM. Ce groupe n’a pas été associé à la conception du site internet d’HLM Circostrada, ce qui pourtant aurait été judicieux.

Le premier constat de ce groupe est que la Fédération n’a pas à être présente sur tous les dossiers engagés par HLM. Un second constat concerne les rencontres professionnelles qui semblent ne pas correspondre aux attentes de la profession sous leur forme actuelle. Il pourrait être plus judicieux de constituer un groupe de recherche et de réflexion dont les travaux seraient soumis à la profession en séance plénière lors d’un rendez-vous professionnel. Par ailleurs, il a été rappelé que des rencontres destinées à un public d’organisateurs seraient appropriées.

En ce qui concerne la revue, des propositions différentes ont été discutées par un groupe de travail constitué par HLM. Les deux membres du CA qui en faisaient partie en tant que personnalités ­et non en tant que représentants de la Fédération- se déclarent insatisfaits de la proposition finale élaborée par HLM. En effet, il apparaît que le public visé doit inclure, au-delà de la profession, les partenaires des arts de la rue, décideurs et élus.

Jean-Luc Baillet a été invité à présenter le projet. Celui-ci comporte trois publications annuelles, deux numéros de revue semestrielle pour diffusion professionnelle, et une publication estivale destinée à être vendue et diffusée sur les festivals. Les revues semestrielles de recherche et d’étude aborderaient des questions ayant trait aux écritures relatives à l’espace public et à la profession. La revue estivale serait destinée au grand public et aux professionnels. Elle serait élaborée conjointement avec certains festivals, lieux de fabrique. A l’issue de cette présentation, la Fédération a réaffirmé sa position sur le public à viser (les partenaires des arts de la rue) et sur le mode de diffusion qui doit toucher les collectivités locales et territoriales.

Nous avons quinze jours pour établir les bases d’une contre-proposition qui sera soumise au ministère de la culture avant décision finale.

Deux organisation en crise

Deux organisations nous concernant sont en difficulté.

La première, relayée par Marc Menis qui vient de quitter la MAJT de Lille (cf information à l’AG du 22 novembre dernier), a trait au Festival Les Rencontres de Lille (20ème édition cette année) et au lieu de fabrique afférent "La fabrique". Depuis le départ de Marc Ménis, le lieu de fabrique est inutilisé, et le devenir du festival est incertain. Il apparaît que le directeur actuel de la MAJT ne mesure pas l’intérêt d’un investissement politique de sa structure sur l’axe arts de la rue. Son projet à ce sujet semble suffisamment confus pour que la DRAC ait décidé de mettre en route un audit culturel de la structure. La Fédération a décidé d’alerter les partenaires du festival et du lieu de fabrique sur cette situation préoccupante en adressant des courriers à la ville de Lille, la DRAC, la DMDTS, le conseil général et aux associations de quartier. La presse locale sera également informée de notre démarche et notre soutien au festival et au lieu.

La seconde situation préoccupante est celle du Festival de la Manche d’Annonay, festival issu de la MJC et pris en charge par Palmira Picon-Archier. Le festival est remis en cause sous sa forme actuelle par la mairie qui réclame un "festival propre" (sic !). Celui-ci attire, en effet, une centaine de marginaux. La mairie a demandé une autre proposition pour les arts de la rue à la MJC incluant de nouvelles formes d’animations estivales limitées à une seule place publique, et/ou un rattachement à la Fête de la musique. L’organisation du festival qui depuis 6 ans mettait en place un campement spécifique "zonards" encadré par le réseau errance vient de présenter une contre-proposition axée sur un nouveau mode de prise en compte des publics. Elle est en attente de la réponse. La Fédération a décidé d’adresser des courriers de soutien au Président de la MJC, aux tutelles du festival ainsi qu’à la presse locale.

Délégations réparties entre les administrateurs

Afin d’améliorer le fonctionnement de la Fédération, il a été décidé que les administrateurs se répartissent des délégations sur nos champs d’activité. Ces "délégués" seront nos interlocuteurs privilégiés ainsi que les représentants de la Fédération auprès de nos partenaires. Ils ont pour mission, par ailleurs, de nous tenir informés des évolutions concernant les domaines qu’ils représentent.

La répartition s’est faite comme suit :

- Fédé Ile de France : Thierry Benoist et Alexandre Ribeyrolles,
- Fédé Languedoc-Roussillon : Frédéric Michelet,
- Fédé Aquitaine : Blandine Deudon,
- Fédé Nord-Pas-de-Calais : Marc Ménis,
- Fédé Midi-Pyrénées : Thérèse Toustou,
- Fédé Rhône-Alpes : Palmira Picon-Archier
- Fédé Grand-Ouest (réunion constitutive le 25 avril 2002 à Rennes) : Claude Morizur et Alain Taillard.
- Commission internationale : René Marion, Jean-Félix Tirtiaux,
- Commission lieux de fabrique : Patrick Brient, Serge Calvier
- Commission formation : Ema Drouin, Frédéric Michelet,
- Commission fiscalité : Serge Calvier, Alain Taillard,
- Commission centres de ressources (en création) : Anne Guiot,
- Communication interne : Marc Menis, Claude Morizur,
- Relations avec les élus : Maud Le Floc’h,
- Relations avec les organisations professionnelles et syndicales : Frédéric Michelet.,
- Relations avec HLM : liées à la commission centres de ressources qui a besoin d’un représentant en région parisienne.

Plaquette de la Fédération

Le texte proposé par Maud le Floc’h en novembre dernier n’a pas fait l’objet d’un débat faute de temps. Son examen est remis au prochain CA. Cependant, vos avis seront collectés entre temps.

Calendrier des prochains C.A.

- Le prochain CA aura lieu en région parisienne les 25 et 26 mars.
- Le troisième se tiendra en juin (soit le 8, soit le 16). Le lieu n’a pas été fixé.
- Le quatrième est prévu à Tournefeuille le 13 septembre, juste avant le festival de Ramonville.

En conclusion, le CA a été l’occasion de poser des questions de fond sur le rôle, la fonction et le fonctionnement de la Fédération. Il a également mis en évidence la nécessité de rappeler la raison d’être de la Fédération, et la difficulté de représenter une parole collective. Ses membres se sont attachés à trouver des solutions pour améliorer la circulation de cette parole et son expression. Il est important de rappeler que les administrateurs sont volontaires, militants et totalement bénévoles.

De nombreux adhérents, dont certains membres fondateurs, émettent des critiques parfois violentes au sujet de la démarche de la Fédération. Il est à souhaiter que la crise provoquée par le projet de livre blanc vous donnera l’envie et le désir d’être davantage présents au sein de notre organisation collective. Car, comme il est souvent répété, la Fédération est ce que ses adhérents en font.