Année(s) des arts de la rue : 1ère réunion du groupe de travail ...

vendredi 3 septembre 2004

"Un groupe de travail pour l’année(s) des arts de la rue s’est constitué et
réuni le 17 août 2004 à Aurillac.
Ce groupe a été créé à l’initiative de la fédération des arts de la rue en
collaboration avec le ministère de la culture-DMDTS. Il rassemble des
professionnels, des membres de collectivités locales et territoriales, ainsi
que membres de la DMDTS et d’HLM.

Son objectif est de rédiger un livre blanc pour la fin de l’année 2004,
livre blanc dont le but est de faire des propositions pour un temps fort
pour les arts de la rue.
A ce jour, nos sommes dans l’attente de l’annonce du ministre avant d’aller
plus loin dans nos déclarations."

Groupe de travail pour les arts de la rue : Séance du 17 août 2004 ­ Festival d’Aurillac

Etaient présents : Daniel Andrieu (Atelier 231), Rémy Bovis (cabinet de la
mairie de Paris), Pascale Canivet (Fédération des arts de la rue), Elena
Dapporto
(D.M.D.T.S.), Ema Drouin (Cie 2ème groupe d’intervention), Pierre
Duforeau
(Cie Komplex Kapharnaum), Jean-Raymond Jacob (Fédération des arts
de la rue), Louis Joinet (UFISC), Maud Le Floc’h (Cie off), Françoise Léger
(Cie Ilotopie), Isabelle Loursel (cabinet de la mairie de
Sottteville-lès-Rouen), René Marion (Théâtre l’Avant Scène de Cognac),
Sandrina Martins (Affaires culturelles de la ville de Paris), Marie
Moreau-Descoings
(D.M.D.T.S.), Claude Morizur (Le Fourneau), Philippe
Saunier-Borrell
(Les Pronomades), Pierre Sauvageot (Lieux Publics), Bruno
Schnebelin
(Cie Ilotopie), Stéphane Simonin (HLM), Jean-Marie Songy (Festival Éclat), Alain Taillard (Cie Jo Bithume).

Excusés : Jean-François Chougnet (Parc et Grande Halle de la Villette),
Karine Delorme (maire-adjointe à la culture à Chalon-sur-Saône), Jean-Digne
(HorsLesMurs), Anne Guiot (Cité des Arts de la Rue),Francis Parny (Conseil
régional d’Ile de France).

Jean-Raymond Jacob, président de la Fédération, introduit la séance en
rappelant les circonstances de la création du groupe de travail.

La demande faite au ministère par la Fédération en avril 2003, au nom de la
profession, d’une année(s) des arts de la rue, est restée en suspens jusqu’à
cette année en raison de la crise de l’intermittence. Elle a rebondi en
juillet 2004 avec la décision de mettre en place un groupe de travail pour
l’année(s) des arts de la rue, groupe réuni à l’initiative de la Fédération, en
collaboration avec le Ministère de la culture -DMDTS. Groupe, en outre, qui
pose les premiers jalons d’une réflexion et d’un débat général sur les arts
de la rue.

Chacun des participants du groupe réuni ce jour est amené à se prononcer sur
l’idée d’un temps fort pour les arts de la rue.

Lors du tour de table qui s’est déroulé pendant la première réunion, des
points de vue sont exprimés autant en ce qui concerne des constats d’ordre
général qu’une projection sur ce que pourrait être l’année(s) des arts de la
rue. Les propos résumés ci-dessous répercutent la pluralité des points de
vue.

Première partie : réflexions plurielles générales

Au sujet de la création :
- Les moyens attribués aux arts de la rue sont très en deça des besoins des
projets existants.
- Le fonctionnement des compagnies, de même que les créations récentes, ont
souffert des événements qui se sont déroulés en 2003.
- La tendance à la création de spectacles sous des " formats " que le marché
professionnel semble favoriser, au détriment de la diversité, s’amplifie.

Au sujet de la diffusion :
- Les politiques culturelles locales s’articulent souvent autour de formes
festivalières plutôt qu’elles ne développent l’implantation d’équipes de
création.
- La prise de risque en ce qui concerne la programmation reste restreinte.
- L’intérêt des partenaires politiques est plus marqué pour les dimensions
animatoires et festives des arts de la rue que pour la dimension artistique.
- Le réseau traditionnel des salles s’ajuste difficilement au traitement de
la diffusion des arts de la rue (notamment pour la gratuité).

Au sujet de la production :
- L’insuffisance chronique de moyens ne permet pas un accompagnement
satisfaisant des projets de création.
- Des apports financiers sont nécessaires pour les compagnies ­au-delà des
apports en " nature " que représentent les résidences de création.

Au sujet de la reconnaissance :
- Les arts de la rue ne sont pas considérés comme un secteur artistique à
part entière.
- Rejoindre le " droit commun " signifie partiellement être doté d’outils
plus performants et plus nombreux, nationaux comme locaux.
- L’ouverture des réseaux institutionnels aux arts de la rue semble stagner.

Au sujet du public :
- Il apparaît nécessaire de mieux connaître le public des arts de la rue,
sur d’autres données que des données quantitatives.
- Une oeuvre identifiée comme faisant partie des arts de la rue se lit aussi
bien dans son rapport au public, que dans celui à l’espace public.

Deuxième partie : un temps fort pour les arts de la rue

Au sujet des enjeux :
L’enjeu d’une initiative d’ampleur nationale est de pouvoir mobiliser
plusieurs partenaires institutionnels, en raison de la nature même des arts
de la rue qui investissent d’autres espaces que ceux consacrés
habituellement à l’art, et qui développent d’autres approches du public et
de l’oeuvre.

Le temps fort doit dépasser le seul soutien aux projets prévus par les
équipes artistiques et culturelles pour 2005, et 2006. Il doit susciter des
inventions et aller au-delà, aider à franchir des limites. Par le biais de
commandes ?

Cependant, il doit aussi permettre de consolider le secteur de façon
pérenne. En facilitant la structuration du secteur, en développant un schéma
d’aménagement du territoire pour les arts de la rue, en conservant sur la
durée les moyens amorcés par le temps fort. En renforçant les outils
existants et facilitant l’émergence d’autres outils structurants. La
profession estime que les mesures budgétaires nouvelles décidées par l’État
au titre des exercices 2005 et 2006 doivent être pérennisées.

Les objectifs sont triples : politiques (coup de projecteur également pour
régler des questions juridiques, mettre en place des règlements et inscrire
de nouveaux dispositifs) ; artistiques (en relation avec l’insuffisance des
moyens, et pour une écriture artistique du temps fort pour les arts de la
rue) ; professionnels (franchir une étape de développement pour le secteur
dans sa globalité).

Ce temps fort doit aussi approfondir la réflexion sur les arts de la rue.
Des débats et des études peuvent y être menés (notamment sur l’espace public
et le public).

Ce temps fort doit permettre de sensibiliser divers publics aux arts de la
rue : les spectateurs, le milieu du spectacle dans sa globalité, les élus et
les partenaires des arts de la rue dans les collectivités publiques, les
ministères autres que celui de la culture.

Il doit également inclure des opérations de relations publiques.

Au sujet du budget et du calendrier :
Les services de la DMDTS, direction actuellement porteuse du temps fort pour
les arts de la rue au sein du ministère de la culture, ont demandé
l’inscription de 1 300 000 euros de mesures nouvelles sur le budget 2005
pour amorcer le projet dès la fin 2005.

Cette demande, comme l’ensemble du budget de la DMDTS, doit être votée à
l’automne 2004 par le Parlement.

Si la proposition d’une année des arts de la rue et le premier budget sont
validés, il sera nécessaire de renforcer les moyens en 2006, notamment par
le biais de la participation des autres partenaires.

Au-delà de la DMDTS au ministère de la culture, il est nécessaire d’avoir le
soutien des autres directions telles que la DAPA, et la DDAI, ainsi que les
DRACs, voire celui d’autres ministères pouvant être sensibilisés aux arts de
la rue (intérieur, environnement, politique de la villeŠ).

De même, il est essentiel que les collectivités locales et territoriales
soient actrices de ce temps fort (et notamment dans la perspective de
nouvelles politiques culturelles, ou sur le plan de la formation).

Au sujet de la dénomination du temps fort pour les arts de la rue :
La durée d’une année étant trop courte pour mettre en oeuvre et développer un
temps fort porteur de sens, il apparaît que la dénomination " année des arts
de la rue " ne convient pas.

Diverses propositions sont faites : la France, capitale européenne des arts
de la rue ; quatre saisons pour les arts de la rue ; les années des arts de
la rue ... Aucune proposition n’est retenue lors de la réunion.

Au sujet du champ artistique concerné :
La question du champ artistique est abordée. Les ouvertures sont
souhaitables. Il semble cependant important de proposer des limites afin que
ce moment puisse apporter des réponses aux problématiques intrinsèques à la
profession.

L’extension du champ doit permettre une meilleure reconnaissance et le
développement du partenariat avec d’autres secteurs proches, tels que
l’architecture et l’urbanisme. La limite de cette extension sera celle des
moyens mis en oeuvre.

Au sujet des partenaires institutionnels :
Le temps fort des arts de la rue s’appuie sur un trépied : la profession,
l’État et les collectivités publiques territoriales.

En raison de l’actualité politique notamment, le niveau régional sera le
plus difficile à convaincre mais peut montrer son intérêt dans le cadre des
refontes des politiques culturelles engagées par les nouvelles mandatures.

Les villes constituent les partenaires historiques des arts de la rue. Par
ailleurs, l’échelon municipal s’élargit souvent aujourd’hui à la notion de
territoire. En effet, les pays et les communautés d’agglomération peuvent se
révéler des partenaires intéressés par les arts de la rue.

Il est nécessaire d’impliquer les élus dès maintenant, en continuité avec
les relations que chaque équipe artistique ou culturelle entretient sur le
territoire dans lequel elle est investie.

EN BREF

La première réunion du groupe de travail a été l’occasion de démarrer une
dynamique de réflexion sur un temps fort pour les arts de la rue.

Le groupe se réunira à trois autres occasions, les jeudi 30 septembre, jeudi
21 octobre, et jeudi 25 novembre
(à partir de 14 H jusque 18 H).

L’objectif final est la rédaction d’un livre blanc pour le temps des arts de
la rue destiné à pointer des enjeux de développement et faire des
propositions afin que le temps fort consacré aux arts de la rue se déroule
au plus proche des intérêts de l’ensemble des acteurs des arts de la rue, et
au plus près du sens artistique et des spécificités de ce secteur.

Le groupe de travail diffusera les informations concernant ses travaux en
continu.

Pour des raisons de confort de travail, plutôt que de confidentialité, des
auditeurs libres ne seront pas admis pendant les séances de travail.
Cependant, il reste possible à celui qui le désire de contacter la
coordination de la Fédération pour demander des informations
complémentaires, ou interroger le groupe de travail sur des questions qui le
préoccupe.


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