« Une étape a été franchie … »
Par Céline Jacques
Quel est votre bilan personnel du TAR ?
Le TAR a favorisé des consolidations et des développements qui étaient attendus par la profession ainsi que par tous les partenaires régionaux, départementaux, communaux déjà engagés dans des processus de soutien aux arts de la rue notamment par le biais de co-financements. Il a également encouragé ceux qui s’apprêtaient à participer à nos aventures artistiques et culturelles.
Les mesures nouvelles ont permis un franchissement d’étape immédiatement perceptible avec, par exemple, l’augmentation des budgets de production pour les CNARs, le soutien accru des compagnies, les aides à l’écriture pour l’espace public, le développement de nouveaux modes de diffusion notamment saisonniers, ou encore le lancement d’études dont celle sur les esthétiques.
C’est à partir d’un travail bilatéral entre l’Etat et la Fédération des arts de la rue que le TAR a été possible. Celui-ci a été rapidement enrichi par les autres acteurs qui s’interrogent sur le rôle de l’art dans l’espace public : sociologues, urbanistes, universitaires, techniciens, élus…
Cependant, il reste important de rappeler que l’enjeu central du TAR était d’affiner et de développer la structuration de notre secteur artistique qui, tout en étant issu de formes de pratiques artistiques très anciennes, a trouvé un mode d’expression contemporain il y a une vingtaine d’années et une première phase de reconnaissance par le ministère de la culture en 1994.
Quels seraient les axes à développer ?
Il existe encore une grande disparité de soutien aux arts de la rue entre les régions. Notre souci aujourd’hui est de nous développer dans une logique d’aménagement du territoire.
Nous avons constaté que les avancées sont constructives dans les territoires où des formes de regroupements ou des collectifs étaient déjà présentes. Il reste à irriguer les territoires encore peu investis par les arts de la rue pour de multiples raisons –méconaissance de notre secteur artistique, absence de forces vives suffisantes, politiques de diffusion peu développées…
Nos artistes agissent au cœur des villes comme dans les espaces ruraux. Nos ^pratiques nous permettent d’intervenir dans des communes de 300 habitants comme dans les grandes agglomérations car nous travaillons sur toutes les échelles de l’infiniment petit à l’infiniment grand.
Il y a encore trop peu de compagnies conventionnées et de lieux de fabrique partagés correctement soutenus pour que nous puissions offrir l’accès à nos formes artistiques à tous.
Nous souhaitons aussi accentuer la porosité entre notre secteur et les autres secteurs artistiques qui composent le paysage artistique français. Ce qui signifie entres autres désirs celui que nos œuvres circulent au même titre que le théâtre ou la danse dans le réseau de diffusion pluridisciplinaire, mais aussi celui de l’art contemporain.
S’il est juste que chacun renforce ces spécificités, nous souhaitons que l’ensemble des propositions artistiques, quelque soit leur singularité s’adressent à l’ensemble des citoyens et encouragent des passages du dedans au dehors et réciproquement. C’est un moyen incontournable qui permet l’ouverture des espaces artistiques au plus grand nombre.


